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Solange la Frange : “On est aussi proches que des frères d’armes”

Vous vous souvenez sûrement des suisses de Solange la Frange et de la pop dévastée et dévastatrice de titres tels que Wakawak ou Grind. Sans doute un des projets les plus barrés des années 2010. Le groupe revient 4 ans plus tard avec Mouvment, un album plus sombre et visiblement plus fidèle à l’essence du groupe. Leur premier album, une « erreur de jeunesse » ? Le vendredi 27 mars, ils seront sur la scène de La Machine du Moulin Rouge pour clôturer la version parisienne du festival Les Femmes s’en Mêlent. Une belle transe à prévoir. Rencontre !

BBX : C’est vrai que Solange c’est le nom de la grand-mère de Julie ?

Solange la Frange : Yes ! Elle est morte.

Pourquoi la Frange ? Par rapport à vos coupes de cheveux ?

OUI, Débilement, on était bourrés le jour où on a choisi le nom du groupe !

Il se passe quoi si vous changez de coupe de cheveux ?

Aujourd’hui on s’en fout du nom, on est bien sur scène, on est bien dans un bus, on est bien sur les chiottes avec ou sans ce nom, c’est juste qu’aujourd’hui on s’y est fait. C’est un peu comme un grain de beauté, au début tu t’en fous, après tu le trouves moche et après tu trouves qu’il te va pas si mal…

Vous vous êtes rencontrés comment ?

On est tombé amoureux les uns des autres… simplement et aujourd’hui on est aussi proches que des frères d’armes.

Vous avez commencé à mixer ensemble à l’époque, pourquoi ?

Pour l’instrument avant tout : La platine et le toucher du vinyle…

Vous vous souvenez des titres que vous aimiez passer ?

Hahaha, oui, on les aime toujours d’ailleurs : des titres d’LCD soundsystem (My House entre autres) ou The Rapture (Jealous Lovers), Blackstrobe…

On vous avait quittés en 2010 avec une musique pleine de rage mais toujours assez lumineuse et un univers très coloré. On vous retrouve quatre ans plus tard avec Mouvment, une musique toujours aussi énervée mais beaucoup plus sombre et viscérale. Vous avez fait quoi pendant ces 5 années ?

On a retrouvé nos amis et familles laissés sur le bord d’une route (sourire). Et on a fait d’autres trucs comme s’occuper de notre santé, réfléchir si tout avait un sens et se donner du temps pour retrouver la NIAAAAAAAAAAAKKKKK du début, et quand on s’est dit “On y retourne”, on était sûrs de nous et pas stressés… On a fumé un gros joint et on a bossé tranquillement … avec le coeur.

Et cette obscurité nouvelle, vous vous en rendez compte ? Elle vient d’où ?

Oui on s’en rend compte. « Black is Beauty », dit toujours Julie… on a toujours eu ça en nous mais on était partis vers autre chose dans le premier album, on avait peut-être envie de faire plaisir aux autres. Erreur de jeunesse ? Maintenant, on s’écoute plus et on va là où on se sent bien ! Mais au final on a toujours vu la scène comme une transe… quand tu laisses ton esprit partir dans cette transe tu autorises finalement le noir à danser autour de toi. Julie dit souvent : “Quand la musique commence je ne vois plus personne je reviens que quand les gens applaudissent ou que la note s’éteint”, c’est une bonne image de cela.

On retrouve Dancing in Nowhere dans Lucy, le film de Luc Besson. Vous pourriez me raconter comment c’est arrivé ?

Par hasard en fait ! Mais c’est assez excitant de savoir que Scarlett Johansson a joué cette scène de Lucy avec notre musique en background…. Elle est si bonne !

Pourquoi autant de collaborations avec Make The Girl Dance ?

Parce qu’ils sont trop vieux pour savoir chanter en rythme. Ils ont des enfants et je voulais pas les laisser crever de faim. Pour notre prochaine collaboration, j’aimerais bien Wovenhand ou Jeremy Enigk si possible (sourire).

Vous aviez déjà joué pour les Femmes s’en Mêlent en 2009. Ça vous fait quoi de revenir cette année, d’autant plus pour la soirée de clôture et sur la grande scène de la Machine du Moulin Rouge ?

C’était tellement cool la dernière fois, les gens dansaient si fort ! Ça arrive pas souvent à Paris que les gens se lâchent autant ! On espère sentir la même insolence le 27 mars !

Solange la Frange sans la scène, ça fonctionne ?

Oui étonnamment mais il y a un manque qui fait trembler la nuit…. et qui reste assez frustrant…. (sourire).

 

Adeline

Caution musicale de la team et rédactrice en chef du mag Heeboo, Adeline est amatrice de sonorités brutes et de soirées sans façons. Elle aime : le bleu / ponctuer ses interventions de points / râler. Ses soirées à elle (et à tout le monde) : Sneaky Sneaky.

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One Comment

  1. Bbx ' Veterante says:

    très belle découverte avec un groupe qui décolle vraiment en live autant qu’à l’enregistrent.

    un groupe à voir et revoir on stage !!! (Festival Les femmes s’emmêlent 2015)

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