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Julia Vins, la “Barbie Musclor” russe

Julia Vins soulève des poids avec la facilité d’une lesbienne à lever sa pinte. Déterminée à rendre son corps le plus “healthy” possible, la jeune russe a développé un masse musculaire gargantuesque, tranchant avec ses traits angéliques. Jolie, féminine, mais méga musclée, Julia a rejoint les rangs d’une communauté internationale valorisant une féminité bodybuildée. Cette communauté porte même un petit nom, qui sonne comme le tag parfait des adeptes d’aérobic : les Shemuscles.

C’est comme si Julia Vins avait pris nos critères de beauté contemporains un peu trop au premier degré. Ce corps athlétique – et bien évidemment longiligne – affichant fesses rebondies et muscles saillants que prônent magazines féminins et industrie du divertissement, Julia Vins l’a poussé jusqu’à ses derniers retranchements. Si aujourd’hui, sa silhouette se rapproche plus du cliché du catcheur Ouest-Allemand que de l’allégorie de la poupée Barbie, Julia Vins l’assume. Elle le clame haut et fort : son corps, comme ses objectifs de vie, lui sont totalement propres, car, de toute façon « personne n’en prendra soin à part elle ».

Véritable petite riot grrrl de l’haltérophile, Julia Vins, trois records du monde en poche, se retrouve donc à 18 ans, alors que d’autres sont en train de se faire une french manucure devant une série MTV ou de bûcher sur un exposé de Socio, à soulever l’équivalent du poids d’un lion adulte plusieurs fois par jour. Suivant un régime alimentaire composé d’œufs, de poulet, de fromage, de riz et de légumes, Julia peaufine sa musculature entre trois et cinq heures, quatre fois par semaine. Autant dire que les divins conseils fitness que l’on nous somme de pratiquer, soit le footing Nike Running aux Tuilerie pendant une heure, bien évidemment ponctué de quintes de toux et de lèche-vitrine devant les pâtisseries, c’est un peu du pipi de chat à côté.

Mais pourquoi sacrifier son corps au bénéfice d’une musculature imposante lorsque l’on nait avec le physique d’une baby-doll ? Voici la question qui sembler tarauder de nombreux médias, tous ravis d’avoir une nouvelle « freaks » à exposer.
Véritable antithèse de la jeune Ukrainienne Valeria Lukyanova qui s’était fait un ravalement de façade afin de ressembler à un jouet aux mensurations d’une femme des années 60, Julia Vins affirme que rien ne la prédestinait à avoir un corps pareil.

Elle explique qu’avec ses grands yeux et son visage angélique, l’étiquette de « petite-mignonne » semblait lui être totalement prédestinée. Loin de coller à sa personnalité, et effrayée à l’avance de se coltiner le genre de cliché féminin qu’elle semble dédaigner, Julia Vins s’est donc rendue dans une salle de sport. De fil en aiguille, elle a décidé de mimer l’entraînement des haltérophiles qui l’entouraient, histoire de soulever à son tour de la fonte, comme un homme, un vrai.

Seulement les muscles de la jeune femme sont aussi représentatifs d’un état d’esprit plutôt entêté. Bien décidée à changer certaines choses dans sa vie, le sport à haute dose fut également une sorte de catharsis. Dotée d’un moral aussi dur que ces biceps, Julia Vins explique qu’elle veut aller toujours plus loin dans son mode de vie. Une force physique autant que mentale, donc.

Dénigrées dans les médias, les Shemuscles ont en revanche rencontré un engouement considérable dans le milieu plus confidentiel du porn. Une communauté d’adorateurs et d’adoratrices érigent ces femmes en nouvelles déesses Olympiennes, autant pour leur force physique que sexuelle. Le muscle huilé, les veines gonflées par la testostérone, les épaules robustes, font fondre plus d’un internaute. Sur les sites porn, des catégories “Shemuscles” envahissent les tubes. Comme quoi, quoi qu’on fasse, tous les goûts sont définitivement dans la nature et ça, même un Cosmo, un Elle ou un Vanity Fair n’y pourront rien.

Alors oui, on pourrait se moquer. S’amuser de cet abnégation de soi dans le sport. Ces portraits de femmes de fer sont bien souvent lancés aux spectateurs comme des chrétiens aux lions dans une arène. Seulement voilà, Julia Vins, loin d’être un produit marketing made in URSS est, à sa façon une alternative à la beauté fragile et désinvolte à laquelle les femmes sont censées aspirer. Déconstruire le genre en soulevant de la fonte, après tout pourquoi pas ?
An Si

 

 

An Si

Sbire candide de BBX, An Si s'intéresse à la culture queer, porn et mainstream. Ré-invente la langue française avec ses fautes d'orthographe.

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3 Comments

  1. C-M.C says:

    “Julia Vins soulève des poids avec la facilité d’une lesbienne à lever sa pinte.”

    juste : lol. #çasentlevécu

  2. Yann says:

    Sur le coup ça surprend, c’est plutôt inhabituel comme physique chez une jeune femme, mais après coup je la trouve plutôt très jolie et je me laisserai volontiers séduire par ce bout de femme si je n’étais pas marié (et j’aime ma femme). J’avoue même être un peu tombé sous son charme et ceci même si elle semble avoir beaucoup plus de force que moi ! D’ailleurs à force de regarder les photos de cette ravissante jeune femme, je trouve que ses muscles lui donne un certain charme et que ça lui va très bien. C’est vraiment une très belle jeune femme :)

  3. Royo59 says:

    Dans le genre, je trouve Samantha Wright (une haltérophile) bien plus belle !

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