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Faubourg Simone, radio active et parisienne

Impertinente, gavroche et… sans publicités, la radio web Faubourg Simone offre une bouffée d’air frais à l’univers chagrin de la radiophonie française. En 2012, la radio est lancée dans un salon de coiffure minuscule de la rue du Poitou… Trois ans plus tard, Faubourg Simone fédère une communauté grandissante d’auditeurs. Chez Barbi(e)turix, on est fan.

Transmettre à une radio l’âme parisienne, tout un défi. Eviter le piège du snobisme sans tomber dans le mass média, c’est ce que s’efforce de faire chaque jour Stéphanie Boué, la créatrice de la radio, depuis son appartement du 3e arrondissement de Paris. Entre deux pépites électro, Bowie succède à Dutronc, Freyel se fraye un chemin entre Flume et Cocorosie, avant d’être interrompue par un jingle absurde, un bon plan culturel ou une interview de la voisine du 5e étage.

C’est cet éclectisme qui fait le charme de la radio, bercée par un terreau d’influences composites. Il faut dire qu’après des années de conservatoire (elle joue du piano) et des soirées passées à mixer dans les bars, Stéphanie s’est confectionnée un belle collection de trouvailles musicales. Libre de ton, branchée sans être hautaine, exigeante mais accessible, la “voix Simone” fait des étincelles.

Mais d’abord pourquoi Simone ? “Parce Simone de Beauvoir, Nina Simone, Simone Signoret… On voulait donner une identité forte à la radio, la personnaliser, qu’elle ait du chien !” nous confie Stéphanie. Simone, c’est aussi le prénom de la fille de Catherine Ringer, l’une de ses idoles.

Simone, en vraie parisienne, n’est pas le genre de fille à vouloir faire comme tout le monde. “On ne voulait prendre la place de personne, Radio Nova existe déjà, Fip existe déjà, le but c’était de proposer quelque chose de nouveau, une nouvelle manière de faire de la radio.” Cultiver sa différence, pour Faubourg Simone, ce sera d’abord privilégier le son. 90% de musique, 10% d’antenne, 0% publicités. Une équation qui fait le bonheur des auditeurs lassées des flashs promotionnels incessants et des tubes rabâchés 15 fois par jour.

L’autre particularité de la radio, c’est sa volonté de s’ancrer dans sa vie de quartier. Le centre de Paris est, selon Stéphanie, méconnu des parisiens. “On pense grands magasins, marais, touristes… Mais il y a des gens qui y vivent !”La radio s’efforce donc de relayer des événements des 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements de Paris : expositions, galeries, concerts… pour offrir un nouveau souffle aux faubourgs.

Lorsqu’en 2010, Stéphanie décide de quitter son job insipide dans la pub pour lancer, à ses risques et périls, le projet de ses rêves, c’est d’abord elle qui a besoin d’un nouveau souffle. L’idée de lancer sa propre radio la taraude depuis des années. Avec sa complice Nathalie, elles font le choix ambitieux d’une radio web. De bidouillages en bricolages, et après 7 sept mois de flux pirate, la radio est lancée en 2012. Quatre personnes ont depuis rejoint l’équipe et la radio s’auto-finance grâce à des activités annexes diverses : habillage sonore, prestations de mix, partenariats… C’est aussi grâce au soutien des auditeurs que la radio a pu créer son application pour smartphone (la version androïd arrive d’ailleurs en 2015) et continue d’innover.

Aujourd’hui, les bonnes ondes de Simone ont largement dépassé le centre de Paris, répandues comme une trainée de poudre sur le globe. Stéphanie se réjouit qu’on l’écoute aux Etats-Unis ou au Qatar. “Je crois que les expats nous ont emporté dans leur valise”. Un bouche à oreille qui est parti de la communauté gay et lesbienne, les fans de la première heure, pour toucher un public plus large.

En décembre 2014, la radio enregistrait pas moins de 22 000 connexions par mois. Quand on demande à Stéphanie la clé de ce succès, elle cite, espiègle, la candide France Gall : “ce tout petit supplément d’âme ?”

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Lubna

Crédit photo : Marie Ouvrard / Encore Magazine

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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One Comment

  1. roxymusic says:

    Vraiment super comme radio…une vrai bouffé d’air frais!
    Allez en avant Simone …

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