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Lena Willikens : « Ma première expérience clubbing ? Assez frustrante ! »

Lena Willikens, qu’on se le dise, est le diamant clair-obscur de la nouvelle scène allemande. D’une nostalgie des plus obscures mélopées psychées des années 80 à un son plus brut, à la fois moderne et poussiéreux, bruitiste et minimale, les inspirations de Lena Willikens sont des plus captivantes. Il suffit de lancer son premier EP, Phantom Delia, sorti le 12 janvier dernier, pour s’en apercevoir.

De gimmicks aux atours ritualistes à des lancées de basses tribales, en passant par de sentimentales aubades lunaires, le son Lena Willikens est reconnaissable entre mille. Peut-être aussi car on y sent la patte Cómeme, véritable vivier créatif, décalé et cosmopolite emmené par Matias Aguayo en 2009. À l’occasion de sa venue au côté de Matias le 30 janvier prochain à la Wet For Me XXL Edition, je me suis entretenue avec la « star montante » de l’underground allemand.

Tu mixes souvent sur vinyles non ?

Oui, mais j’aime me restreindre là-dessus, ce n’est juste pas possible d’avoir sur soi des milliers de vinyles…

Et comment tu as appris ?

Il y a quelques années, quand j’ai commencé à jouer plus régulièrement au Salon des Amateurs, à Düsseldorf. J’ai appris par moi-même, à force de pratiquer…

Et tu es en charge de la programmation des vendredis soir c’est ça, au Salon des Amateurs ?

Oui !

Elles ressemblent à quoi les soirées du vendredi ?

Le vendredi soir, au Salon des Amateurs, je crois… qu’il faut s’attendre à l’imprévisible. On ne sait jamais ce qu’il peut s’y passer….

Et la soirée parfaite, pour toi, c’est quoi ?

Quand je ressens une parfaite liberté, quand je me sens de jouer jusqu’au morceau le plus décalé… Et c’est exactement ça que le public veut !

Tu es de Cologne c’est ça ? En France, ça fait pas longtemps qu’on découvre progressivement, après Berlin, les autres scènes allemandes. Tu saurais me dire quelle est la particularité de la scène musicale à Cologne ?

Cologne est une ville très ouverte, avec beaucoup de gens très relax qui ont une vision assez hédoniste de la vie, et je crois que ça se ressent beaucoup dans la musique qui y est produite !

 Tu as fait de la musique avec Stefan Schneider, du groupe Rococo Rot, tu peux me parler un peu du projet ?

Oui, c’était il y a 5 ans, on faisait de la musique, puis des concerts. Pour être honnête, c’était la première fois que je me trouvais face à une Theremin, à des synthés et une magnifique chambre d’écho. Tous ces instruments ont une « personnalité » très forte et m’ont pas mal appris !

Tu fait partie du label Cómeme. Comment tout a commencé entre… vous ?

En fait tout a commencé sur Radio Cómeme, j’avais une émission mensuelle, « Sentimental Flashback ». Cómeme est un vivier créatif où chacun lance des idées plus folles les unes que les autres, et j’adore ça.

C’est quoi cette émission, « Sentimental Flashback » ?

Une bonne raison pour moi de dépoussiérer certains de mes vieux disques, et bien sûr, la chance de pouvoir partager la musique qui me touche avec mes auditeurs eux aussi « sentimentaux ».

Du coup ton approche de la musique est en majeure partie, sentimentale ?

Je dirais qu’elle est intuitive et évidemment souvent sentimentale oui, ou disons plutôt, émotionnelle ! J’aime l’image du « robot en larmes » pour décrire la musique qui me touche, si tu vois ce que je veux dire !

Tu sais, beaucoup de médias parlent de toi comme de l’étoile montante allemande. Ça te fait quoi de lire ce genre de choses ?

Tu sais, les choses vont et viennent, et je prends ce qui vient sans faire de plans sur la comète. Je n’attends rien de spécial. Ça fait un bout de temps maintenant que je mixe, que je produis de la musique, que j’organise des soirées et je continuerai comme j’ai commencé.

Et quand tu ne fais rien en rapport avec la musique, tu fais quoi… ?

 J’aime manger, j’aime en particulier découvrir de nouveaux mets culinaires.

Et au fait, c’est qui tes « maîtres » ?

Enfant, j’étais évidemment une grande fan de Michael Jackson. Plus tard j’ai découvert des artistes fabuleux comme Lee Perry, Dead Kennedys, Missy Elliott, les Cure, et beaucoup d’autres…

Et tu te souviens de ta première expérience clubbing ?

Oh oui, et c’était assez frustrant ! J’étais tellement excitée que le videur me laisse rentrer (je n’avais que 13 ans), que je n’ai pas pu me retenir de crier « YES ! »… du coup… il a changé d’avis (rires).

Tu viens de sortir ton tout premier bébé de 6 tracks, Phantom Delia. Tu te sens comment ?

Oui, c’est en quelque sorte un mini album. C’est un véritable soulagement qu’il soit enfin là, et de le laisser faire sa vie. Tu sais, il y a trois ans, quand j’ai commencé à produire ma propre musique, après avoir joué dans différents groupes, j’ai réalisé qu’à partir d’un certain moment, c’est une sorte de spectre, de fantôme, qui prend le contrôle des choses à ta place, et c’est une source de sentiment contrasté, car c’est à la fois très troublant et complètement jouissif !

Et pourquoi Phantom Delia ?

On va dire que Delia est sans hésitation un de mes fantômes, puis aussi un prénom magnifique. Aussi simple que ça !

 Pour finir, contente de jouer à la Wet For Me ?

Oui ! J’espère que les lesbiennes de Paris sauront mettre le feu ! J’ai hâte !

 

Propos recueillis par Adeline

Adeline

Caution musicale de la team et rédactrice en chef du mag Heeboo, Adeline est amatrice de sonorités brutes et de soirées sans façons. Elle aime : le bleu / ponctuer ses interventions de points / râler. Ses soirées à elle (et à tout le monde) : Sneaky Sneaky.

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One Comment

  1. C-M.C says:

    + plastic people (london), about blank (berlin), batofar (paris) et maintenant, la machine du mr !!!

    bravo Barbieturix, là, je dis : belle perf !

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