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5 suédoises à suivre (de très près) en 2015

La Suède, on le sait, est depuis toujours un extraterrestre en matière de musique. D’Abba à The Knife, en passant par Ace Of Base, Lykke Li, Swedish House Mafia ou Little Dragon, il n’y avait visiblement qu’un pas, et ce pas, nombreux sont ceux à ne pas l’avoir vu venir. Ce pas, il semblerait qu’il soit fièrement entrepris par une génération jeune et cosmopolite, fruit inopiné et ingénieux de la mixité, de la culture et du respect de l’éducation musicale ; puis d’une analyse pertinente de tout ce qui a pu être diffusé par MTV et ses consoeurs à première vue filles faciles et impudentes.

La nouvelle génération d’artistes suédoises que nous avons choisi de vous présenter s’engage, défend, peste et proteste, le poing levé, superwomen des plus beaux rêves, et le vagin à portée de main. Ce sont des femmes, délestées de la folk printanière et de l’électro fleurie des collègues masculins. Des femmes qui en ont gros dans le pantalon. Rencontre avec Beatrice Eli, Naomi Pilgrim, Silvana Imam, Zhala et Marlene. 

1 – BEATRICE ELI – ou le féminisme du cheveu rasé

 Beatrice Eli, rappelez-vous, ce n’est autre que cette petite suédoise arty-trash qui faisait son coming-out en mars dernier avec sa chanson Girls. Après un premier EP en 2012, la suédoise sort Die Another Day en octobre dernier. Premier jet pour la jeune chanteuse au tempérament de feu, Die Another Day traite ouvertement de sexe, de drogue et de.. filles ! Niveau musique, Girls ne casse pas trois pattes à un canard mais on aime la douceur surprenante de tracks comme Trust Issues et l’énergie, la pointe de folie aux atours militants de morceaux tels que Moment of Clarity et Party in My Pants. « I touch Myself on the morning, I touch myself in the evening, I touch myself on my lunch-break, I touch myself thinking about your girlfriend » (« Je me touche le matin, le soir, à ma pause déjeuner, puis en pensant à ta copine »), okey.. tout est dit ! We Love Beatrice Eli !

 

By Märta Thisner

Son Facebook : https://www.facebook.com/BeatriceEli

2 – ZHALA – je n’suis pas folle vous savez !

Ancienne choriste de Lykke Li, Zhala, c’est aussi la petite protégée fidèle et exclusive de la reine Robyn. Zhala, de son vrai nom Zhala Rifat, a donc comme qui dirait, tout pour réussir. « Quand Zhala chante, ce sont les portes du paradis qui s’ouvrent et les étoiles qui viennent planer juste au-dessus de ma tête et dans ces moments là j’ai l’impression que tout est alors possible » explique Robyn à propos de sa pouline et toute première artiste à avoir la chance de sortir sur Konichiwa Records, label créé en 2005 par l’artiste, pour sa propre musique. Alors, tout pour réussir, oui. Et pour l’instant c’est un sans faute. D’origine kurde mais née en Suède, Zhala sort donc son premier EP, Prophet, le 19 février dernier, deux ans après son premier single, Slipping Around. Magnétique, onirique et chaude, la musique de Zhala fait appel à tout ce qu’un bon public a de tribal : accepter un retour à la nature, accepter la magie, recevoir en soi la mer, la terre et les cieux. En bref, Zhala rend un peu dingo, c’est de la bonne ! Une montée des plus célestes, une personnalité qui explose sur les murs, sans mauvaise descente à craindre, et ça, c’est révolutionnaire !

By Märta Thisner

Son Facebook : https://www.facebook.com/zhalaofficial

3 – NAOMI PILGRIM– ou du positivisme

Pilgrim pour le côté sacré (‘pilgrim’ en suédois, signifie ‘pélerin’). Naomi pour la grâce. FKA Twigs n’a visiblement qu’à se tenir. Car du côté du Nord, la pop-r’n'b semble avoir de beaux jours devant elle, avec les Seinabo Sei, Beldina et autres extraterrestres scandinaves héritières des super-productions-ultra-léchées américaines, du génie musical de composition propre à la Suède (n’oublions pas qu’à l’école, en Suède, la musique, c’est essentiel) et .. de l’écho de la chaleur sur la glace. Élevée entre les vinyles de Jimmy Cliff de sa mère et le groupe de reggae de son père originaire de la Barbade, Naomi Pilgrim se construit à travers ses propres amours, de Lauren Hill à Sade en passant par Otis Redding et tant d’autres, pour donner naissance à une voix soul, chaude et une personnalité bien affirmée. À peine 14 ans alors. Mais Naomi Pilgrim attendra la maturité pour sortir de l’ombre. Et c’est tout d’abord dans celle de la célèbre Lykke Li (elle aussi, oui oui!) que Pilgrim donne le ton comme choriste. Puis vient le premier single No Gun. Puis l’EP éponyme début 2014. Deux tubes. Le sexy Money et le mystique Rainmakers. Mais c’est avec House of Dreams et surtout It’s All Good, sorti il y a trois mois, que la consécration prend son envol à l’international. En écriture, un album, un vrai, dans son intégralité, à attendre pour courant 2015. Que demande le peuple ?

Son Facebook : https://www.facebook.com/iamNaomiPilgrim

4 – SILVANA IMAM – ou le manuel du bon rap queer de A à Z

Impossible de passer à côté de la rappeuse Silvana Imam en ce début d’année 2015. Lesbienne, féministe, engagée contre le racisme, de père communiste syrien et de mère lithuanienne née en URSS, le portrait est vite tracé ; Silvana Imam, anciennement Silvana Solo, représente tout ce que la nouvelle génération d’artistes peut apporter à l’industrie de la musique : ouverture d’esprit, éthique et engagement. Ce qui surprend, quand on écoute ses paroles -pour tous les suédophones accomplis-, c’est la conviction, la fermeté d’un petit bout de femme fan de basketball à la parole concise, assumée, et au rap ingénieux et funambule. Libérée des codes, Silvana Imam, déjoue justement les tours du rap-business, envoie valser les règles établies par les maîtres du genre et idoles, Jay-Z, Drake et compagnie, pour poser sur la table la plus belle paire de « gonades » qu’ait connu la scène du hip-hop suédois depuis quelques années. Un seul warning pour tous les puristes, Silvana Imam ne produit rien de connu, familier ou habituel ; les riddims agrippent, les mélodies s’effacent, se décomposent, pour se recomposer à l’infini, sous des tonalités mutantes et tragiques ; le flow est flottant, la langue interpelle, et étrangement, fans et détracteurs s’accordent sur une chose : Silvana Imam a un « truc», un « truc » qu’on voyait dans les débuts d’Eminem à l’époque (sans blague) et ce « truc » on va le suivre avec attention dans les mois qui arrivent.

© photo Avida Byström

Son Facebook : https://www.facebook.com/silvanaimamimamimam

5 – MARLENE – superproduction à tendance jouissive

Quand on lance un des cinq tracks de la chanteuse Marlene, difficile de ne pas de suite se trouver projeté sur les trottoirs de Venice Beach, nombril à l’air, au rythme des palmiers doux qui comme chaque jour flirtent avec le ciel, à l’ombre de l’océan qui s’abat comme chaque soir sur la plage rayonnante, dans un coucher de soleil digne des plus belles cartes postales jamais envoyées ou clips de Lana del Rey aux 3 millions de vues. Et pourtant, Marlene, du haut de ses 27 printemps, n’est autre qu’un des espoirs scandinaves de sa génération. Son premier EP, Indian Summer, sorti en mai 2014, est digne des meilleures productions de R’n'B américain, une note glacée à la Robyn en plus. Il est certain que, pour cette stockholmoise qui, il n’y a pas longtemps de ça, dansait encore devant les clips de MTV, 2015 promet d’être fameuse avec, qui sait, peut-être même un album à venir ? To be continued.

© photo Linda Skogh

Son Facebook : https://www.facebook.com/MarleneForEver

Adeline

Adeline

Caution musicale de la team et rédactrice en chef du mag Heeboo, Adeline est amatrice de sonorités brutes et de soirées sans façons. Elle aime : le bleu / ponctuer ses interventions de points / râler. Ses soirées à elle (et à tout le monde) : Sneaky Sneaky.

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2 Comments

  1. C-M.C says:

    Merci !

    … sans oublier Lilla Namo (live wfm 2014)

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