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Barbie du mois #7: Julia Javel

Son univers est un croisement de toutes les images qui traversent son imaginaire fantasmagorique, tout se mêle sans se buter: innocence, douceur, obscénité, parfois une certaine pâleur sans contraste réel avec les photos saturées qu’elle nous offre. Son univers visuel est à la fois poétique et complètement trash, comme si tout allait ensemble, comme si ces deux là pouvaient s’allier.  Pour 2015, elle prépare un court métrage pour lequel elle a besoin de soutien financier. Mais tout d’abord, portrait de Julia Javel.

BBX : Plutôt université ou Tuto youtube? ( comment as-tu appris tout ce que tu fais ?)

Julia: Je suis photographe autodidacte depuis l’âge de mes 17 ans. Je suis une peintre contrariée alors j’ai commencé à prendre des photos avec le numérique de mes parents, un des premiers à l’époque. Je me suis tout de suite lancée dans la mise en scène, des images très travaillées avec des costumes, du maquillage, des poses. Ma sœur était mon modèle, ma muse. Ensemble nous avions des idées folles, c’était foisonnant et très inspirant. Je pratiquais également l’autoportrait comme une catharsis, pour mettre en images mes envies les plus sombres. Depuis je n’arrête pas et j’apprends constamment, que ce soit au niveau de la technique qu’au niveau humain, au fil de mes rencontres avec mes modèles. Je pratique aussi la vidéo, en autodidacte également. J’ai ressenti le besoin de sortir de l’image fixe pour aller vers le mouvement. J’en suis donc venue tout naturellement au cinéma, je prépare actuellement le tournage de mon premier court-métrage.

Chômage ou CAC 40 ? (tu vis de ton art ?)

J’ai lancé mon activité de photographe il y a deux ans et je m’en sors plutôt bien. J’ai la chance inouïe de pouvoir dire que je vis de mon art. Ce n’est pas toujours simple, c’est un peu une profession de foi. Il faut être très disciplinée et ne pas lâcher prise mais la récompense est à la hauteur des épreuves traversées.

Sport ou charcut’ ? (Ta vie, elle est plutôt healthy ou débauche?)

Les deux pour le coup. Je suis quelqu’un d’assez extrême, je peux passer du blanc au noir sans aucune nuance. Tout dépend de mon état d’esprit. Je peux être une acharnée au travail, passer mes journées sur mes photos, me coucher tôt tout comme être l’inverse, sortir à outrance, ne pas dormir. Les gens qui m’accompagnent jouent aussi sur mes envies. J’ai mes party buddies et mes collègues de travail. D’ailleurs c’est drôle, les premiers sont souvent des hommes alors que les autres sont plutôt des femmes.

Chocolat ou cocaïne ? (ta drogue en vrai, c’est quoi ?)

Ma drogue, ce sont mes muses. Mon inspiration est vitale, elle motive toute ma création et me donne des millions d’idées. J’ai la chance d’être entourée de personnes qui ont un bel univers et quand nos mondes se rencontrent, l’émulation est vraiment intéressante.

Drama ou peace&love ?

Drama, bien évidemment. Si chaque jour de ma vie ne ressemble pas à un petit film, je suis désespérée. Je suis une vraie drama queen. Je peux être carrément épuisante à rechercher sans cesse le moment unique, l’ambiance qui me plait. Je suis une épreuve au quotidien.

Discothèque ou plateau tv ? (si tu sors, où, quand, comment ?)

Je sors avec des ami-e-s, que ce soit en club, à la Concrete ou à la Wet For Me par exemple. J’adore danser. J’ai également mon bar QG dans lequel je fais la plupart de mes before. Je suis freelance du coup j’ai un emploi du temps très libre, je peux m’accorder des sorties quand je veux.  Je parcours aussi les vernissages -presses- la plupart du temps. C’est très agréable, peu de monde, le temps de profiter à fond de l’exposition. Je fais des reportages pour Rough Dreams, cela me permet de bouger et de rencontrer de nouvelles têtes.

 

C’est quoi ton féminisme?

Je suis venue au féminisme par le biais de cours donnés par Elsa Dorlin. J’ai commencé à dévorer livres sur livres avant de devenir activiste. Le féminisme est alors devenu toute ma vie et plus encore. Mais cela a commencé à me poser des soucis dans ma vie professionnelle, les clients ne voulaient plus travailler avec moi. Trop sulfureux, trop provocant. J’ai quand même tenu bon. Maintenant, mon féminisme est plus personnel, c’est une démarche quotidienne de sensibilisation, de réflexion et un parti-pris artistique. Je n’aime pas pour autant l’étiquette « d’artiste femme » qui ne me correspond pas, trop réductrice. Je pense avant tout mon contenu en termes universels même si bien entendu, il est pétri de mon féminisme. J’ai toujours ce regard particulier sur le monde qui m’entoure et sur ce que je peux vivre. Je ne suis plus engagée à proprement parler, je n’ai pas encore rencontré la structure ou les personnes qui me donneraient envie de m’investir comme j’ai pu le faire par le passé et j’ai eu mon lot de déceptions mais je continue de me documenter via le net notamment.

La vie idéale, c’est quoi pour toi?

Le cinéma ! Pouvoir mener à bien mon premier court métrage déjà et puis passer au format long. Vivre du cinéma, respirer cinéma. Voilà mon idéal.

Et enfin, parle-nous de tes projets pour les mois à venir.

Comme je le disais, je travaille actuellement sur mon premier projet de court-métrage, une histoire de pouvoir entre deux femmes radicalement opposées. C’est un prolongement logique de mon univers photographique. Ce projet me prend tout mon temps, je suis la tête dans le guidon. C’est à la fois passionnant et terrifiant, l’impression d’apprendre un langage nouveau. C’est un projet qui me tient vraiment à cœur et sur lequel je travaille depuis plusieurs années. J’ai vraiment hâte de le voir se concrétiser, c’est mon bébé.

Ton site / blog ?

Mon site : http://juliajavel.com/

Mon tumblr-carnet de bord : http://juliajavel.tumblr.com/

Et mon projet Ulule pour mon court-métrage : http://fr.ulule.com/madamelefilm/

Propos recueillis par Sarah

Illustration de couv’: Camille Collin

Photos: Julia Javel

 

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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