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“Alors, toujours célibataire ?” : Survivre au dîner de Noël

Noël est là. Comme d’hab’, tu appréhendes le retour chez papa maman, papa papa, maman maman, papa belle-maman, maman beau-papa, papa sans maman, maman sans papa ou sinon chez personne si comme moi tu es bouddhiste et que tu ne fêtes pas Noël. Comme à Barbi(e)turix on est super sympas, on a décidé de t’offrir un peu de lecture dans le train en direction de « Saumur-les-Oisillons », ce charmant village de 120 âmes dans lequel tu as passé une enfance loin du tumulte de la capitale.

Autant qu’on se l’avoue tout de suite, Noël c’est casse-pieds quand t’as pas un rond. Si tant est que tu sois l’aînée d’une famille de 8 gamins qui s’entretueraient pour une toupie électrique dont la batterie, seule, coûte ½ RSA, l’équation devient vite très compliquée. Cependant, maintenant que tu as compris que DJ n’était pas le métier le plus stable du monde, que tu t’es donc résolue à être pauvre, mais que tu as tout de même réussi à glaner une certaine notoriété, en témoigne les 325 likes sur ta page Facebook où trônent en véritable statues deux morceaux Soundcloud enregistrés un soir où une fausse nostalgie est venue toquée à ta porte.

Eh bien, maintenant, en dépit d’un compte en banque très peu garni, tu as fais tienne cette maxime : «la nécessité est mère de l’invention».  C’est comme ça que tu as finalement réussi à emporter 10 cadeaux dans ta valise. Certes, Alexandre, ton neveu de dix ans aura un peu de mal à saisir la pertinence d’une housse de couette fleurie en guise de présent alors qu’il demandait un robot bionique qui sait dire bonjour en japonais au Père Noël mais il saura sans doute en grandissant que tu as eu la housse gratos avec la machine à café troisième main offerte à sa mère.

Cela dit, au fond, les cadeaux, ce n’est pas vraiment ce que tu appréhendes le plus à Noël. Non. En fait, ce qui te fait un peu peur voir carrément flipper, c’est le fameux repas en famille. Et ce n’est pas la teneur du menu qui est en cause. Parce que bon, depuis le temps, tu sais que tu n’arriveras jamais à avoir les jambes d’une Hope Solo ou les abdominaux d’une Abby Wambach, du coup, un kilo en plus, un kilo en moins… pourquoi se priver pour si peu ?!

Ce qui est en cause, c’est plutôt la conversation qui accompagne le repas. A table, dans 7 cas sur 10 (statistiques à la louche, l’INSEE n’ayant pas fait paraître de chiffres officiels à ce sujet), il y a ce qu’il conviendra d’appeler ici, le rustre malgré lui. Il est généralement incarné par un oncle un peu tradi’ qui se redécouvre une jeunesse ou un quadra, ami de la famille, récemment divorcé et un peu dépressif. La principale réplique de ce personnage central intervient très souvent pour relancer la conversation après un petit blanc. Se tournant vers toi, il te demande avec la bienveillance la plus naïve du monde : « Et toi alors, tu as l’air silencieuse et songeuse… C’est un petit ami, c’est ça ? ». Tu ressens alors une envie pressante de prononcer ces mots : ” Si j’ai l’air silencieuse et songeuse, c’est que ça fait très exactement 33 minutes que tu te plains du montant de la pension alimentaire dont tu devras t’acquitter maintenant que ta femme s’est barrée avec les gosses. En vérité, même un rat mort écrasé par un camion sur une départementale un 10 novembre est plus intéressant que tes plaintes. Et non, je n’ai pas de petit ami. Je couche avec des nanas, parfois plusieurs en même temps, souvent les lundis à 5h35 quand je rentre de soirée. »

Mais tu te contentes d’un « C’est juste que le trajet a été fatiguant. Désolée d’avoir l’air ailleurs. ». Outre le rustre malgré lui, il y a bien sûr le personnage le plus haï par les pédés-gouines de France, de Navarre et de partout où existent des repas de Noël : l’homophobe de base. Il s’agit d’un personnage dont l’humour est au croisement d’un sketch de Bigard et d’une boutade de Boutin.

L’homophobe de base vénère les anecdotes, romance sa vie à souhait et considère que parler fort et beaucoup est synonyme de virilité. La pétanque, le PSG et les moteurs diesel forment ses principaux centres d’intérêt et donc de conversation. C’est souvent au moment du plat qu’il trouve sa meilleure phrase d’accroche : « C’est de la dinde de compet’ ça, m’dame. Ca se voit qu’elle a bien galopé pour donner une chair aussi ferme. Rien à voir avec ce que vous trouvez en supermarché. Mon pote Emile, tu te souviens de lui ? Tu sais, celui qui a une ferme pas loin de Carcassonne, il m’a dit que c’était beaucoup de boulot d’élever des dindes comme ça à l’air libre, ça a besoin d’entretien ces bêtes-là ! Heureusement, que c’pas des pédales dans le Sud. » Là, en fait, tu ne peux même pas formuler une réponse dans ta tête. C’est plutôt une image qui apparaît:

M’enfin, cette année encore, tant bien que mal, tu essaieras de ne pas laisser la connerie de certains prendre le pas sur la « magie » de Noël. Il paraît que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

Si tu veux étayer cette ébauche de personnages ou nous raconter une anecdote, feel free !

Rania

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2 Comments

  1. nytimesante says:

    je m’amuse entre tes lignes :)

  2. rengaine says:

    - En dix lettres….
    M_________
    - Marronnier ?
    - Bravo !

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