Nessim Dream Still (dans The Model Project, 2009)

Barbara Nessim : clarté et puissance

Pionnière de l’art digital dans les années 1980, New-Yorkaise pur jus, inspirée par une mère styliste et dessinatrice freelance durant ses études, exposée mondialement de façon ponctuelle ou permanente, Barbara Nessim est une des illustratrices les plus influentes des années 60 à 80, et une des rares femmes à avoir travaillé dans ce domaine à l’époque où commençait sa carrière.


Née en 1939, Nessim fait ses études au Pratt Institute à New York et devient illustratrice professionnelle en 1960 – époque Mad Men, durant laquelle très peu de femmes travaillent de façon professionnelle et à plein temps dans l’illustration, et où l’obtention de la reconnaissance n’est pas chose aisée. C’est son style original, aux lignes claires, aux couleurs pop et très tourné vers une représentation franche et puissante de figures féminines, qui lui permet de percer dans se domaine et de s’imposer comme illustratrice incontournable aux États-Unis. Elle a, depuis, travaillé pour de nombreux grands magazines comme le Time, Rolling Stone ou encore la publication féministe Ms, illustré des pochettes d’albums et des publicités pour Levi’s et Ralph Lauren, collaboré avec des metteurs en scène, fait le portrait de Joni Mitchell, David Bowie ou encore John Lennon, et produit de nombreuses séries de dessins et de portraits exposés aujourd’hui dans des institutions prestigieuses telles que le Victoria and Albert Museum, le Smithsonian Institute et le Louvre.

Nessim a toujours été intéressée d’abord et surtout par la représentation de femmes, qui forment la clef de voûte et le fil conducteur de son art à la fois clair et sensuel, direct et puissant. En plus de sa célébration de figures féminines fortes et épurées, certaines de ses œuvres sont franchement critiques de l’image obsessionnelle de la femme parfaite produite par la société de consommation, comme par exemple The Model Project et son extension Chronicles of Beauty, qui mettent en scène des corps de mannequins éclatés, réduits à leurs éléments physiques et à leur statut de marchandise. Il n’est pas étonnant qu’elle ait été appelée à illustrer des sujets tels que l’égalité des sexes aux Etats-Unis, la cancer du sein ou un article sur le célèbre rapport Kinsey.

« Le New York Times […] ne pouvait rien montrer de trop graphique, et le fait de représenter un téton les inquiétait. Ma solution a été une simple silhouette de sein, dessinée en noir, scannée, et puis colorée en arc-en-ciel afin de représenter les femmes de toutes les couleurs »

« J’ai décidé de faire un collage avec mes propres photos, en me basant sur des sculptures grecques et romaines du Metropolitan Museum of Art. Le cœur de cette illustration est la « dance » d’attraction et de répulsion qui a lieu dans la plupart des relations mère/fille […]. Chaque élément pousse le spectateur à inventer lui-même ce que raconte l’image. »

« On m’a demandé, ainsi qu’à sept autres illustratrices, de dessiner « quelque chose à propos des combats féministes » […]. Tous les textes et les articles étaient en train d’être écrits et je n’avais donc pas de manuscrits que j’aurais pu lire. J’ai choisi de dessiner simplement un visage, représentant toutes les femmes, noires et blanches. La silhouette rouge monte un escalier gigantesque menant vers le « ciel bleu » représentant la liberté et la lumière. Le noir représente l’obscurité dans laquelle elle se trouve encore. »

Source des commentaires

Site de Barbara Nessim

Voir aussi le catalogue de l’exposition de 2013 au V&A Museum, Barbara Nessim : An Artful Life

Kit

Kit

Kit est un croisement entre ta prof de lettres préférée et un monstre sous-marin tentaculaire énervé et misandre, un animal hybride qui hante les bibliothèques et les failles spatio-temporelles.

Plus d'articles

Be Sociable, Share!

Leave a Comment

*