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Karin Park : « La confiance en soi est la clef de tout »

 L’Apocalypse de la pop ne pouvait porter autre nom que celui de notre reine des glaces préférées. Apocalypse Pop, c’est le titre du quatrième album de Karin Park. Moins d’urgence dans la musique, plus d’assurance, de maturité dans le rythme et la façon d’amener les refrains, une chose est sûre, Karin Park est en train de devenir… une géante. Attendu avec impatience après un Highwire Poetry exceptionnel, il faudra néanmoins attendre mars prochain pour entendre ce 4e album événement. Ou venir à la Wet For Me Diva Édition !

En attendant samedi, nous nous sommes entretenu avec la prêtresse de l’indietronica scandinave. Elle nous parle de son église à Djura, de son amour pour les parfums de niche, des crêpes au Nutella parisiennes, d’amour, de liberté et de … confiance en soi. « La confiance en soi est la clef de tout ». Rencontre.

La dernière fois qu’on s’est parlé début 2013, tu venais de t’installer à Djura, ton village d’enfance en Suède, après des années passées en Norvège. Tu en tires quel bilan là ?

C’est génial d’avoir un endroit calme où je peux enfin respirer, penser et faire de la musique. Même si j’aime vivre en ville, je crois que tout va trop vite pour moi. Mon petit ami et moi, nous nous sommes installés dans une vieille église à Djura. C’est immense. Le plafond est à 10 mètres au dessus de nos têtes. Ça donne à l’endroit quelque chose de grandiose. Mais je ne passe pas assez de temps là-bas à mon goût. Je voyage beaucoup, du coup je suis très heureuse quand j’arrive à y rester ne serait-ce qu’une semaine.

Et tu as l’impression que ton nouvel habitat joue sur ta musique ?

Je crois juste que dans ma vie, en général, les changements qu’elle subit, joue sur ma musique oui. Après, ce n’est pas parce que j’habite à la campagne que je me suis mise à chanter des chansons sur les escargots ou les arbres (rires). Ce que je crois c’est que ma musique, avec les années, perd un peu de son urgence. Et que les paroles que j’écris sont de plus en plus tranchantes.

Ton prochain album, Apocalypse Pop, est attendu pour mars prochain. Pour le moment seuls deux titres “Shine” et “Look What You’ve Done” ont vu le jour sur les Internets. Tu peux nous en dire un peu plus ?

 J’étais dans un état d’esprit très différent en écrivant cet album, par rapport à Highwire Poetry. Ça se sent tout de suite en écoutant l’album en entier. Quand j’écris, j’essaie de travailler à partir de mon inconscient, j’évite d’établir, d’inventer des règles à l’avance, de prévoir. Et de cette manière, j’arrive mieux à être en connexion avec mes pensées les plus profondes. Parfois, j’écris même de la musique en regardant la télévision. De cette manière, je peux concentrer ma logique et mon cynisme sur autre chose et laisser les mélodies me venir sans même y penser. Je crois que cet album m’a emmenée quelque part… parfois les paroles de certaines chansons me transportent dans des endroits dans lesquels je ne me sens pas forcément toujours à l’aise. Nous sommes esclaves de notre inconscient après tout et on ne peut rien y faire. Je pense qu’il faut vraiment s’accepter comme on est, quelque soient nos défauts.

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Et comme tu écris et produit ta musique, je me demandais, quel aspect de la création te rend le plus heureuse ?

Ça dépend d’une chanson à l’autre en fait. Pour certaines, les paroles me viennent assez facilement puis pour d’autres, j’ai besoin de beaucoup écrire pour ne serait-ce que commencer à voir où je vais. C’est la même chose quand je compose tu vois. Néanmoins, je commence toujours par la musique. Les paroles viennent en dernier. Et du coup à chaque fois, trouver le mot de la fin représente une prise de tête pas possible. Leonard Cohen disait qu’il avait pour habitude de ramper dans sa chambre d’hôtel parfois pendant des jours avant de trouver les derniers mots d’une chanson. Parfois j’ai l’impression de faire pareil.

Crédit photo : Tom Overlie

Il y a quelque chose de très esthétique dans ta musique, mais aussi dans ton look à la fois androgyne et « femme fatale ». Tu en penses quoi ?

Je n’y réfléchis pas trop, pour être complètement honnête. Je suis moi-même et j’essaie d’avoir un look qui me fait me sentir bien et à l’aise. La confiance en soi est la clef de tout. Et oui, à ce moment là, la mode rentre en jeu. Mais tu sais, si je me sentais bien en me déguisant en hot-dog, je le ferais. Mon côté androgyne vient de qui je suis à l’intérieur, plus que d’une histoire de look pensé et calculé.

Et c’est facile d’être une femme dans une industrie musicale encore très patriarcale ?

On va dire que je trace mon propre chemin. Je fais en sorte que parfois, le fait d’être une femme, soit un avantage. Et j’essaie de pardonner ces hommes qui ne sont pas encore très à l’aise avec l’idée que les femmes aussi puissent avoir le contrôle. Tu sais, au lieu de leur foutre mon poing dans la gueule, je leur donne juste une petite pichenette. Ce n’est pas facile pour eux non plus si on y réfléchit. Toutes ces femmes géniales, belles, pleines de vie et brillantes qui sortent de tous les côtés.. Les temps sont vraiment en train de changer. Je suis tellement heureuse de pouvoir vivre tout ça, cette période de transition. Et je te le répète, la confiance en soi, c’est la clef. Si tu as confiance en toi, tu montres au monde que tu sais ce que tu fais, et que tu le fais bien.

Il y a un an et demi tu jouais à La Machine du Moulin Rouge mais dans la salle de la Chaufferie pour Les Femmes s’en Mêlent. Samedi, c’est la Wet For Me et c’est la grande scène. Tu te sens comment ?

Ça va être géant. Je montre d’un cran (rires). Non, honnêtement, j’ai vraiment hâte d’être à Paris. C’est une ville magnifique et je vais avoir besoin d’une vraie crème brûlée et de quelques crêpes au Nutella après le concert ! Le public français est toujours au rendez-vous. Étrange, merveilleux et… français !

 Crédit photo : Thomas Knights

Bon et en dehors de la musique, qu’est ce qui te rend heureuse ?

S’il y a bien un truc qui m’inspire ce sont les parfums. J’adore aller dans les boutiques de niche quand je suis en ville et sentir les parfums rares et nouveaux. J’aime tout particulièrement ce que fait Francis Kurkdjian ou encore Serge Lutens. J’aime aussi la photographie. Des photographes comme Ellen Rogers ou Chris Rain. Mais vraiment, ce qui me touche, c’est tout ce qui passe par mon odorat. Dès que je serai à Paris j’irai voir ce qu’ils ont Maison Francis Kurkdjian.

Sans transition mais j’y pensais, ça te fait quoi quand les gens te disent que la musique c’est la liberté ?

Pour moi la musique représente les bijoux de l’âme. Tu sais, c’est la musique qui m’a permis de survivre à cet enfer qu’est l’adolescence. C’était la seule chose en laquelle je croyais et qui me passionnais vraiment. Alors oui j’imagine que la musique c’est la liberté.

Et selon toi, pourquoi tout le monde recherche cette fameuse liberté ?

Tu crois vraiment qu’on recherche tous la liberté ? Ce n’est pas l’expérience que j’ai du monde. Pour moi le monde est divisé entre deux catégories de gens. Ceux qui recherchent la liberté, et ça c’est la minorité. Puis ceux qui recherchent la sécurité, et c’est le cas de la plupart d’entre nous. J’ai l’impression qu’au fond les gens aiment s’enfoncer dans des situations dont ils ne peuvent pas sortir. Pourquoi ? Pour ne pas avoir à se confronter aux choix multiples qu’offre l’existence. Ce que je pense c’est que les gens recherchent l’amour plus que la liberté. L’amour inconditionnel. N’est-ce pas ce pour quoi nous vivons réellement ? Être aimé ?

Et aujourd’hui que tu sors ton 4e album, tu te sens accomplie ? Il y a encore des choses que tu aimerais faire ?

Je me sens bien à l’heure d’aujourd’hui mais non, je ne me sens pas encore accomplie. En ce moment je finis de mixer Apocalypse Pop. Cet album, lui, il est vraiment accompli. Tu sais, le jour où j’aurais l’impression de ne plus rien avoir à donner, je prendrai ma retraite. Mon projet là, c’est de construire mon propre studio dans l’église où j’habite, à Djura. Mais avant ça, je veux mettre le feu à La Machine du Moulin Rouge !

La Wet For Me c’est samedi et c’est par ici ! (Préventes conseillées)

Adeline

Adeline

Caution musicale de la team et rédactrice en chef du mag Heeboo, Adeline est amatrice de sonorités brutes et de soirées sans façons. Elle aime : le bleu / ponctuer ses interventions de points / râler. Ses soirées à elle (et à tout le monde) : Sneaky Sneaky.

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2 Comments

  1. C-M.C says:

    “la confiance en soi comme clé de tout” : absolument !

    d’ailleurs, avec sa voix de baby doll, musicalement, elle s’en sort bien.

    c’est l’idée qu’elle soit scandinave donne de la puissance à sa com’ : son physique et son choix de genre musical donne un ensemble totalement rafraichissant dans l’univers electro. bref, elle prouve que la pop suédoise ça fonctionne en electro pop universelle.

    quelle classe de la part de Barbieturix de l’avoir invitée à la wfm ! franchement … merci !

    Rag, tu fais de Paris la nuit un vrai challenge ! 1000 Bravos pour toi au moment du live ce 29 ! <3

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