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Crème putassière #11

La Crème Putassière, c’est quoi ? L’argent, le buzz et le cul de la crémière. Barbi(e)turix décrypte pour vous l’actualité brûlante de la semaine. Au menu aujourd’hui : Rue du Commerce nous prend pour des guiches, le mouvement anti-harcèlement prend de l’ampleur, les rasoirs coûtent trop chers et des cow-boys font hurler la Manif pour tous.

Rue du Commerce persiste et signe

Fier d’avoir lancé mardi une opération de communication aux ressorts ultra sexistes, la “page interdite aux femmes”, le site de vente en ligne persiste avec le second volet de son coup marketing : une page interdite aux hommes. On ne parle même pas du design AFFREUX de la page d’accueil (attention les yeux), car on croirait assister à une mauvaise blague du Gorafi. On y retrouve donc des conseils cadeaux pour son homme (jeux-vidéos, consoles, drones et autres baby-foot), des conseils cadeaux pour soi (guide kamasutra, vêtements, bijoux) mais également des fiches conseils (10 clés pour comprendre les hommes), où l’on apprend que :

- Les hommes sont tous de gros obsédés au cerveau séquentiel individualistes

- Les femmes sont toutes des gourdes futiles assujetties au désir de leur mec

On nous expliquera l’intérêt de prodiguer des conseils sur la vie de couple au milieu d’opé promo pour des appareils à raclette. Jouant sur les pires stéréotypes Hommes/Femmes, assénant des vérités générales à faire pleurer le moins féministes de tes potes, le site a réussi son “Bad buzz”. Il parait qu’il n’y a pas de mauvaise publicité… En fait si.

Ce n’est pas un film de cow-boys

Petite leçon de communication à l’attention de la Manif Pour tous. Quand vous voulez qu’un film disparaisse des écrans, évitez d’en parler dans tous les médias. De rien, bisou. Le dernier cheval de bataille des anti-égalité, c’est un court-métrage, Ce n’est pas un film de cow-boys, réalisé par Benjamin Parent, qui devait être diffusé à des lycéens dans le cadre du Festival du film d’éducation. On y voir quatre adolescents discuter du film qu’ils ont vu la veille : Le secret de Brokeback Mountain. L’occasion d’aborder les questions de l’identité, de la sexualité, du rejet et de la norme. Un petit bijou. Sauf que pour les antis, c’est un objet de propagande du lobby du Djendeur, un peu comme Tomboy l’année dernière. Face à la polémique, le réalisateur a décidé de mettre son film en accès libre sur Vimeo jusqu’à la fin de la semaine. A voir absolument !

Le mouvement anti-harcèlement de la rue… au métro

Shoshana B. Roberts, en partenariat avec l’association Hollaback, s’est filmée pendant 10 heures de marche silencieuse dans les rues de Manhattan vêtue d’un jean et d’un t-shirt classique. Shoshana se fait harceler plus d’une centaine de fois en 10 heures, verbalement principalement, bien que certaines scènes aient été coupées au montage (sifflements, clin d’œil…). La vidéo a rencontré un double buzz pour sa sensibilisation au harcèlement de rue mais aussi pour certaines critiques qu’elle a suscité de la part de communautés militantes féministes multiraciales puisqu’elle affiche une image biaisée des rapports raciaux. Une New Yorkaise, blanche de surcroît, se faisant harceler dans la rue majoritairement par des hommes de couleurs, comment te dire… Cliché ?

Osez le Féminisme évite ce délit de faciès avec sa campagne #TakeBackTheMetro. Cette campagne fait suite à une enquête menée par l’association en juillet 2014 dans le métro parisien qui révélait que 94% des 150 femmes interrogées avaient déjà subi des comportements sexistes lors de leurs déplacements dans les transports en commun. Harcèlement, attouchements sexuels, sifflements, insultes, remarques déplacées, qui n’a jamais été témoin ou victime de tels actes ? Grâce à un graphisme efficace, copiant volontairement les codes signalétiques du métro parisien, Osez le Féminisme fait le travail que devraient faire les pouvoirs publics : réaliser une action de sensibilisation de grande ampleur contre les violences sexistes.

La Woman Tax

En France les femmes gagnent 27% de moins que les hommes (source INSEE). Mais le marketing genré pousse ces dernières à dépenser plus pour des produits similaires : shampoing, rasoirs, brosse à dents, stylos… Le collectif Georgette Sand est à l’origine du buzz de la « Woman Tax » suite à un relevé de prix chez Monoprix. Pour le même produit, en l’occurrence des rasoirs jetables, le collectif s’est aperçu que les hommes payaient moins cher que les femmes, enfin presque. Si vous jetez un coup d’œil attentif aux photos, vous verrez que la comparaison des rasoirs est faussée car elle n’est pas faite sur les mêmes bases (5 rasoirs 2 lames VS 10 rasoirs simples). Amandine du site EnModeGonzesses explique cette intox plutôt bien. Le buzz a au moins eu le mérite d’attirer l’attention du gouvernement sur un éventuel surcoût concernant les produits et services à destination des femmes, une enquête vient d’être lancée à ce sujet.

 

Emmanuelle & Lubna

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