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Les gameuses de la Paris Games Week

Du 29 octobre au 2 novembre se tient la Paris Games Week, le salon annuel des jeux vidéo. Dans cet univers très sexiste, les gameuses commencent tout doucement à se faire une place. Barbi(e)turix a mené l’enquête.

La Paris Games Week

La Paris Games Week (PGW) accueille depuis 5 ans un nombre croissant de visiteurs : 120 000 en 2010, 245 000 lors de l’édition 2013. C’est le rendez-vous incontournable des passionnés de jeux vidéo : constructeurs, éditeurs, amateurs…

La PGW permet de découvrir et tester les nouveaux jeux vidéo ainsi que les évolutions technologiques, le tout dans une ambiance survoltée. Dès l’entrée du salon le ton est donné : explosion de lumières, de mascottes colorées et beaucoup (c’est un euphémisme) de bruit. Mal de crâne assuré. Ici on ne parle pas, on crie pour se faire entendre ! Succès oblige, impossible de tester un jeu vidéo sans faire une queue démesurée, entre 30 minutes et 2 heures d’attente. Heureusement l’ambiance et les multiples attractions (cosplay, films, showcase, tournois…) proposées permettent de passer un bon moment.

Depuis 2011 la PGW est aussi l’occasion de voir s’affronter les meilleurs gameurs mondiaux lors des Championnats du Monde de Jeux Vidéos ou ESWC (Electronic Sports World Cup).

La place des gameuses

Depuis une dizaine d’années, l’âge des gameurs a tendance à augmenter et le public s’est féminisé à 50% (Source : Syndicat National du Jeu Vidéo). Le choix des jeux en France ne relève pas forcément de pratiques genrées (« jeux de filles » / « jeux pour garçon ») en témoigne l’existence de tournois internationaux féminins de jeux d’action comme Counter Strike.

Dans le cadre de la PGW 2014, les gameuses Amélie Raoul, “aMe”, Laura Déjou “Nasty”, Clara Rossi “Cla”, Laura Le Bars “CERIIZZ” et Alexia MENGUS “aLx” défendront les couleurs de la France pour la Coupe du monde de Counter Strike : Global Offensive (CS:GO) lors de l’ESWC 2014. CS:GO c’est un mod, autrement dit une version modifiée du jeu original Counter Strike, jeu vidéo de tir subjectif multijoueur en ligne qui fait s’affronter une équipe de terroristes et d’anti-terroristes au cours de plusieurs manches. Pour qu’une équipe gagne une partie, les joueurs doivent accomplir des objectifs sur la carte de jeu et éliminer leurs adversaires.

“Nsty”, “aMe”, “Cla”, “CERIIZZ” et “aLx” ont remporté sous le nom de “Team MISTRAL” les championnats de France en 2013 et ont terminé troisième aux Championnats du Monde de Jeux Vidéos ESWC 2013. Suite à ces performances, elles ont intégré en septembre 2014 l’équipe 3DMAX association française d’e-sport réputée pour ses gameurs et qui permet aux plus talentueux d’accéder aux compétitions internationales (jeux vidéo, poker…) en leur offrant le confort financier nécessaire à une préparation optimale.

Les filles de la team CSGO 3DMAX qui sont déjà en demi-finale, affrontent les autres équipes qualifiées dans le cadre d’une LAN, une partie de jeu où les gameuses, qui ont chacune un ordinateur attribué, s’affrontent en réseau local. La LAN permet de rompre le côté geek asocial des passionnés de jeux vidéo et permet d’échanger directement avec ses co-équipières, pour preuve en images la participation de la Team Mistral aux ESWC 2013 :

La vie des gameuses

L’ e-sport évolue progressivement vers une professionnalisation des gameurs qui attirent de nombreuses marques. Sauf lorsqu’il s’agit de gameuses. Les tournois féminins sont rares, il y en 2 à 3 par an alors que pour les hommes il y en a 3 par mois. Les victoires n’amènent pas forcément de contrats avec des sponsors et les dotations pour les tournois féminins sont ridicules par rapport à ce que remportent les hommes (5 000 dollars contre 50 000 dollars). Ce manque de professionnalisation force les femmes, qu’elles souhaitent ou non être gameuse professionnelle, à avoir une activité à côté.

Cela engendre des problèmes d’instabilités des équipes car celles-ci n’ont pas forcément des agendas qui concordent (« aMe » est infirmière, « aLx » hôtesse de l’air), s’ajoutent à cela des problèmes inhérents aux équipes au sens large : connaître ses joueuses et leur personnalité. Une bonne préparation d’équipe prend 4 heures par jour, afin de trouver une fluidité naturelle et peaufiner sa stratégie.

Certains tournois féminins, mal organisés car pauvre en financements et dépendants du nombre d’équipes disponibles, ne permettent pas forcément aux équipes de bien s’organiser (finances, déplacements, etc.) et le matériel sur place parfois laisse à désirer : ordinateur en surchauffe, problème d’image… Ce qui a un impact sur le public qui peut trouver le temps long.

De gauche à droite : Cla, NSTY; CERIIZZ, aMe et aLx

S’il y a eu une évolution plutôt encourageante ses dernières années, les gameuses déplorent encore leur manque de légitimité dans un univers « complétement macho » dans lequel « les adversaires masculins se déconnectent quand ils découvrent qu’ils sont défiés par une fille ». Les insultes sexistes et le harcèlement sexuel et moral mis en lumière par la controverse du « Gamergate », guerre culturelle qui sévit sur le web depuis août 2014, laisse cependant entrevoir une prise de conscience collective.

 

Emmanuelle

Emmanuelle

Globe-trotteuse sur-diplômée touche-à-tout (nous n'avons toujours pas compris quel était son vrai métier). Un quart geek, un quart TDAH, un quart Taubira et un quart Ted Mosby ascendant Barney Stinson. Twitter : @emmanuellecamp0

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One Comment

  1. LounaJV says:

    Le monde du jeu vidéo n’est pas réservé qu’aux mecs :D Bravo à la team Mistral ;) Je vous recommande également le site http://jeu.video qui est géré par des gameuses et offre la possibilité aux joueuses de faire des streams ;)

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