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White Bird ou la déception Gregg Araki

Gregg Araki, c’était le premier gagnant de la Queer Palm en 2010 avec Kaboom, devenant l’égérie du public LGBT. Mais ça c’était avant la déification de Xavier Dolan ou plutôt avant la sortie de son dernier opus, White Bird, adapté du livre de Laura Kasischke, White Bird in a blizzard. Plat et insipide, la sortie estampillée “indé” de la semaine déçoit.

Kat (Shailene Woodley) a 17 ans,  lorsque sa mère (Eva Green) disparait du jour au lendemain. Son père (Christopher Meloni) est désemparé et signale sa disparition à la police, qui ne l’aide pas puisque “des épouses qui disparaissent, il y en a des centaines par semaine”. L’adolescente n’est pas plus étonnée que cela et poursuit sa vie de lycéenne. En revanche, ses nuits sont peuplés d’étranges rêves dans lesquels sa mère apparait…

La bande-annonce promettait des jolis séquences -pari tenu- et une histoire à s’étouffer de sanglots avec délicatesse -perdu-. La beauté des blancs paysages oniriques n’a d’égal que l’ampleur du vide qui peuple le film pendant une heure. Entre la disparition effective de la mère et le coup de théâtre final, il ne se passe rien. De longueur en langueur, le récit s’étale et se perd dans un dédale de réflexions sans jamais approfondir aucun propos.

“Quand on gratte la surface, il y a encore la surface” estime Kat à propos de son père. Nous pouvons en dire autant de White Bird. Bien que les plans caractérisent les personnages avec justesse -le père est, notamment, souvent filmé en pieds de telle sorte que soit rendu visible toute la maladresse de sa posture-, ceux-ci ne sont que moues et poses. Gregg Araki nous ensevelit d’éléments scénaristiques qu’il ne prend pas la peine de développer et s’appuit uniquement sur l’hypothétique mal-être de la mère qui n’acceptait plus sa vie de femme au foyer à raison de flashbacks-souvenirs dont le vecteur sont les séances de psy auxquelles Kat s’adonne. Ainsi, alors que nous nous ennuyions gentiment mais fermement et que nous n’en attendions plus rien, la bobine s’emballe et la narration passe à la vitesse supérieure.

En moins d’un quart d’heure -et comme si le cinéaste n’assumait pas le caractère contemplatif entouré de mystère de son film-, l’action se précipite dans le gouffre d’un coup de théâtre scabreux et trivial. Comme s’il fallait absolument résoudre l’énigme de cette disparition, Gregg Araki créé de toutes pièces une solution plausible, efficace, exempte de dysfonctionnements narratifs. Clap de fin, générique et chacun rentre chez soi.

La fin ne manque donc pas de cohérence, ni de logique. Mais de panache, de subtilité et bien sûr, de nuances. Ce dernier quart d’heure tombe brutalement comme un cheveu sur une soupe déjà refroidie.

White Bird de Gregg Araki, Etats-Unis, 2014, 1h31, déjà en salles.

Angie

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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