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Ello, la communauté à construire

Réseau social lancé au printemps dernier Ello a acquis une certaine notoriété suite au durcissement de la politique de Facebook à l’égard des utilisateurs refusant de communiquer leur identité réelle. Cette politique – qui existe pourtant depuis les débuts de Facebook – a suscité la polémique après la suspension de nombreux comptes drag queens / kings et LGBT utilisant des pseudonymes. Facebook a depuis fait ses excuses. Nous avons voulu tester « l’anti-Facebook » à l’origine du « gay exodus ».

Ello, le réseau idéaliste « simple, beau et sans pub ».

Le design est minimaliste, l’inscription simple si l’on dispose d’une invitation, la création de compte prend 1 minute. Nul besoin d’indiquer son nom réel pour s’inscrire. Une adresse mail et un pseudo suffisent, ce qui permet de garantir l’anonymat des utilisateurs. Si vous n’avez pas d’invitation, il suffit d’en demander une sur Ello et d’attendre… A l’heure où nous écrivons ces lignes, Ello a stoppé ses invitations suite à une trop forte demande (45 000 demandes par heure tout de même). Une fois votre compte lancé, vous avez droit à une dizaine d’invitations.

La simplicité s’arrête là. Une fois qu’on est dans Ello, on sent très vite que le réseau social a été pensé par des designers hipsters qui ont oublié de prendre en compte l’expérience utilisateur. La prise en main nécessite quelques ajustements et la version bêta ne comprend pour le moment qu’une interface unique, en anglais. Par ailleurs, le fait qu’on ne puisse pas ni contrôler l’identité des utilisateurs ni les contenus suscite de nombreuses interrogations sur la façon dont le site compte gérer les cas de harcèlement. Aucune mesure spécifique n’est prévue contre les comportements homophobes, même si le site affiche publiquement un positionnement contre les discriminations.

Comment ça marche ?

Vos amis (les avatars circulaires) se trouvent côté gauche de votre page d’accueil de profil, leurs publications se retrouvent côté droit (le feed). Vous pouvez trier vos amis en deux listes : friends ou noise. Un peu comme dans les cercles Google+ sauf que là le choix est restreint. Le but étant d’avoir un feed fluide, pas surchargé de pubs ni de likes intempestifs comme sur Facebook. La navigation se fait comme sur Twitter ou Tumblr, on scroll, sans limite de caractères. On peut écrire, poster des photos, mettre des GIF et répondre à ses amis en s’adressant directement à eux comme sur Twitter (@barbieturix par exemple).

Ello récupère les bonnes idées des autres réseaux sociaux, même s’il manque beaucoup d’options dans cette version bêta : impossibilité d’intégrer des liens dans un message qui pourront s’ouvrir sur une autre fenêtre, impossibilité de s’abonner ou de se désabonner à quelqu’un, barre de recherche HS… Autre « originalité » d’Ello, c’est aux utilisateurs de définir ce qu’ils veulent en faire, un peu comme aux débuts de Twitter où il y avait ni RT ni #hashtag, deux idées issues des utilisateurs. Ces idées se retrouvent dans l’onglet features et l’on peut suivre leur état d’intégration par l’équipe de développeurs d’Ello. Le but étant de faire payer les utilisateurs pour ces features en fonction de leurs besoins, ce qui permettra à Ello de rester gratuit tout en se rémunérant en partie sur son offre freemium. Si vous souhaitez en savoir plus, le Nouvel Obs fait un pas-à-pas Ello plutôt bien expliqué.

Le site apporte quelques nouveautés, puisqu’il est responsive, ce qui permet d’être lisible sur PC / MAC, smartphone et tablette, techniquement simple (moins de 10 boutons pour naviguer dans tout le site), avec de nombreuses fonction en mode « glisser-déposer »… et surtout, comme personne n’y comprend rien pour le moment, l’ambiance y est plutôt conviviale.

La vie privée sur Ello

Ello informe ses utilisateurs qu’ils récupèrent vos données pour améliorer le site via une « version anonyme » de Google Analytics. Vos informations sont récupérées une fois que votre adresse IP est rendue anonyme pour éviter à Google d’utiliser vos données à des fins publicitaires. Ello propose l’option Do Not Track (DNT) qui permet de refuser qu’on récupère votre data via Google Analytics… encore faut-il que vous évitiez de surfer sur Chrome ou sur votre smartphone Android…

Ello, goodbye ?

Certes, d’autres sont passés par là auparavant, comme Gmail qui nécessitait une invitation pour pouvoir ouvrir un compte (vous ne vous en souvenez pas ? C’est normal, c’était y a 10 ans), ce détail a très certainement contribué au succès du service, les gens étant souvent prêts à tout pour mettre la main sur ce qu’ils ne peuvent pas directement avoir…

Il sera sans doute difficile de construire une communauté aussi importante que celle de Facebook, la plupart des gens ayant tendance à s’inscrire et rester là où il y a le plus de monde. Si on avoue rester sceptique sur la capacité d’Ello à tenir ses engagements d’ici un an, le site mérite tout de même qu’on lui laisse sa chance et se transformera sans doute en un réseau social de niche dédié à une communauté en particulier.

 

Emmanuelle

Emmanuelle

Globe-trotteuse sur-diplômée touche-à-tout (nous n'avons toujours pas compris quel était son vrai métier). Un quart geek, un quart TDAH, un quart Taubira et un quart Ted Mosby ascendant Barney Stinson. Twitter : @emmanuellecamp0

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