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Qui es tu Niki de Saint Phalle ?

Cet automne sera celui de l’artiste franco-américaine, Niki de Saint Phalle. L’artiste subversive, mère des fameuses Nanas, est l’objet d’une exposition événement au Grand Palais  mais aussi au 104 et même au Palais Idéal du Facteur Cheval, à Hauterives (Drôme) ! Célébrée pour ses sculptures colorées aux rondeurs proéminentes, sa longue oeuvre est aussi une réflexion sur la possibilité d’une ère matriarcale.

” Le communisme et le capitalisme ont échoué. Je pense que le temps est venu d’une nouvelle société matriarcale : vous croyez que les gens continueraient à mourir de faim si les femmes s’en mêlaient ? ” interroge-t-elle en 1970. Niki de Saint Phalle (1930-2002) a tenté en prés de 3500 oeuvres de réfléchir à un monde différent où les femmes ne subiraient plus, pour agir.

Violée à l’âge de 11 ans par son père -un banquier français-, elle sera internée à 23 ans à Nice pour, selon les diagnostics, “schizophrénie” ou “dépression nerveuse”, avec électrochocs à la clef. Après une courte carrière de mannequin aux Etats-Unis, elle décide donc de se consacrer à l’art. Sous toutes ses formes. Elle accompagne ses créations de discours précis afin qu’aucune ne soit interprétée ou mal saisie par des critiques avides d’analogies douteuses ou de psychologie de seconde zone. Afin d’éviter cet écueil, elle cache d’ailleurs ses secrets familiaux jusqu’en 1994 (date de publication de sa biographie Mon Secret).

Sur l’affiche de l’exposition, Niki de Saint Phalle, met en joue son public. Il s’agit d’un photogramme du film Daddy dans lequel elle finit par tirer sur une sculpture en plâtre, représentant un homme, dans laquelle sont enfouis des sachets de peinture rouge, qui éclatent à chaque balle tirée. Le sexe étant représenté par un avion blanc, il est peu à peu recouvert de ce sang symbolique, sous le regard ravie de l’artiste. Le film, dirigé en partie par Peter Whitehead est psychédélique, représentatif de cette époque où l’art était une expérience performative pour penser le monde sous un autre angle. Elle utilisera beaucoup son arme pour créer par l’explosion, par la mort symbolique. “La peinture à l’huile, c’est fini, terminé. Ce qui nous intéresse maintenant, c’est la mort.” affirme-t-elle en 1961. Héritière du dadaïsme, elle réfute l’art académique et renouvelle la figure de l’artiste, en se mettant en scène, en fusionnant avec ses créations, loin de la distance du peintre face à sa toile.

Admirative de l’architecte Gaudi, de ses formes courbes et des ses couleurs criardes, elle est également fascinée par l’oeuvre monumentale du facteur Cheval qui a créé dans son jardin, un palais à partir de trouvailles qu’il faisait lors de ses tournées postières. Animée par ces deux architectes et artistes bruts, elle s’empare de leurs techniques pour dessiner son propre jardin, le Jardin des Tarots, en Toscane, où ses sculptures gigantesques peuplent un havre de paix. Les spectateurs peuvent se faufiler en elles, sur elles, les toucher et ainsi percevoir différemment leur rapport à l’art. Le Palais Idéal du Facteur Cheval lui rend ainsi hommage dans une exposition de photographies de son jardin italien, en lien avec la construction du facteur.

Si vous ne vous rendez pas en Toscane d’ici peu, il est possible d’admirer une des pièces du Jardin des Tarots, au 104, à Paris où La Cabeza est exposée jusqu’en janvier. Cette tête de mort géante composée de verre, de cailloux et autres matériaux épars est une vanité dans laquelle, il est véritablement possible de se plonger corps et âme.

Ses figures imposantes que Niki de Saint Phalle a construites -que ce soit les Nanas ou La Cabeza- semblent être la manière forte pour imposer les femmes dans le paysage de l’art international. Voyantes, colorées et immenses, ces oeuvres donnent à voir l’art au féminin, un art qui ose et qui s’affirme.

Niki de Saint Phalle au Grand Palais, jusqu’au 2 février 2015

La Cabeza au 104, jusqu’au 1er février 2015 (Gratuit!)

Angie

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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