Pride film still

Pride : la fierté LGBT sous l’ère Thatcher

Pour celles et ceux qui se demandent la mort dans l’âme comment occuper leur prochaine soirée cinématographique, Barbi(e)turix la fera courte : PRIDE.

Si jusqu’à maintenant la rentrée du 7ème art s’était faite un peu désirée, le film de Matthew Warchus, Pride, heureux élu de la Queer Palm 2014 à la Quinzaine des réalisateurs cannoise, s’annonce comme le coup de maître de cette fin septembre. 
Pour une fois, pas de terrorisme lacrymal mais de l’engagement pur et dur, celui de la tristement célèbre grève des miniers qui fit plier pendant un an des ouvriers au régime strict de cette (excusez du peu) garce de Margareth Thatcher.

Le synopsis se résume à cela : une bande d’amis gays, Mark, Joe, Gethin (pour ne citer qu’eux) et une lesbienne, Steph, décident ensemble de fonder la LGSM (Lesbians and Gays supports the Miners), mouvement politique mais surtout social visant à défendre et à revendiquer les droits de ses ouvriers brisés par la perte de leur emploi. 
Mais leur mouvement est vite confronté à l’homophobie non dissimulée de leurs confrères de lutte. Dans la Grande Bretagne de la fin des années 80, nombreux/ses sont celles et ceux qui répugnent à accorder une quelconque crédibilité à une personne dont l’orientation sexuelle n’a pas été bénie par le saint Père. Autant dire qu’un soutien LGBT est autant recherché qu’un abaissement du salaire minimum, surtout dans un patelin Gallois aux mentalités en bernes, noyé dans la bière et la bienséance religieuse.

Pride, ce n’est pas qu’un titre, c’est surtout un argument de fierté récurent qui revient tout au long du film. Soit fier(e) de ce que tu es, peut-importe ce qu’il en coûte, la vie est trop courte pour avoir des regrets. Si ce combat pour les mineurs fait figure de proue du début à la fin, d’autres messages sont bien sûr véhiculés en arrière-plan, tels que le rejet de la famille, l’acceptation de soi ainsi que l’apparition du SIDA. Des sujets graves et douloureux, certes, mais qui n’éclipsent jamais le réel engagement de ces jeunes punks dans l’âme.

Bien que son sujet puisse être proche du canular ou de la blague potache, il faut savoir que Pride est tiré d’un fait réel et qu’en signe de reconnaissance, lesdits mineurs défilèrent lors de la Gay Pride de 1985. Si l’on remet la situation dans son contexte, celle-ci parait totalement farfelue et pourtant… 
Pride est également un film qui montre que les mentalités peuvent évoluer, même ancrées dans un milieu social où se combinent précarité et croyance religieuse. Oui, finalement, c’est possible.

An Si

 

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