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Recherche Vagin désespérément

L’association The Eve Appeal, qui lutte en faveur de la recherche contre le cancer du col de l’utérus, a publié la semaine dernière les résultats d’une enquête nationale. Des chiffres qui font froid dans le dos ! A en croire l’association, une femme anglaise sur deux n’arriverait pas à localiser son vagin. Une femme sur deux !

On ne sait pas vraiment s’il vaut mieux prendre le parti d’en rire plutôt que d’en pleurer, mais le plus inquiétant, c’est que les chiffres les plus embarrassants se concentrent sur une génération : la nôtre ! Oui, les 26-35 ans, la génération Y, celle qui a grandi avec le surplus d’informations offert par l’expansion d’internet… Chez Barbi(e)turix, on a donc décidé de se sensibiliser un peu plus à cette cause que l’on n’espère pas perdue. Car après tout, nous autres françaises, sommes-nous à l’abri d’un égarement géographique à l’égard de nos parties intimes ? Si l’on se base sur les dires de la gynécologue Hélène Jacquemin-Le Vern dans le NouvelObs, de nombreuses femmes se trouvent bel et bien dans un léger brouillard anatomique.

« Lorsque je demande aux patientes de dessiner leurs organes intimes – principalement aux femmes vaginiques, qui ont des problèmes de pénétration –, elles vont dessiner un conduit (qui sera le vagin) et une boule dans le ventre (qui sera l’utérus), mais ne vont pas représenter la jonction entre ces deux organes. »

“Merci pour ce beau dessin Jacqueline”

Ce qu’on pensait naïvement n’être qu’une exception touchant de loin certaines femmes de civilisations éloignées tient plus du fait commun qu’autre chose. 
Aujourd’hui, en 2014, un nombre démesuré de femmes sont incapables d’exprimer clairement comment fonctionne leur vagin ou de citer des maladies qui s’y rapportent. D’après l’étude, un tiers des 16-35 ans interrogées ont honte de consulter pour des problèmes gynécologiques et préfèrent même éviter de prendre rendez-vous. Sans consultations, que reste-t-il ? L’éducation ? Il faut croire que les laborieux cours d’éducation sexuelle qu’on nous prodige au collège ne nous sont pas d’une grande aide, au même titre que les brochures quasi-inexistantes dans les centres de dépistage ou à l’hôpital. Car où trouver l’information si l’information ne vient pas à nous ?

Je garde toujours en tête ce cliché de films américains où l’on voit des femmes de tous âges, assises à califourchon sur un coussin, un miroir entre les jambes, inspectant de fond en comble leur petite boîte d’amourette. De nos jours, certaines femmes osent à peine y mettre la main pour la nettoyer, quand à y déposer une cup, sacrilège ! Alors qu’il serait si simple de rajouter un schéma COMPLET dans les manuels scolaires de nos chers bambins… Mais oui, juste à côté de celui du pénis. Et de tout simplement expliquer aux jeunes filles, que non, ce n’est pas sale, et que non, personne ne va les juger si elles osent y regarder de plus près.

D’ailleurs, commençons tout de suite par un petit exercice. Toi aussi, entoure en rouge le clitoris sur le schéma de droite (comment ça question piège ?).

An Si

 

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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2 Comments

  1. Jalloff says:

    Mais pourquoi faut-il toujours que le garçon soit représenté en bleu et la fille en rose? Depuis quand les couleurs ont un sexe? Quelqu’un connaîtrait l’origine culturelle de cette connerie?
    Sinon à propos de l’article, ça fait peur de voir que le sexe féminin sera encore tabou pour quelques temps. Qu’on fasse encore intégrer aux femmes d’aujourd’hui, même éduquées, que leur vulve est si sale qu’elles ont intérêt à la nier, est archaïque.
    Perso je la regarde régulièrement avec un petit miroir de poche pour voir de moi-même comment elle se porte. Ça me rassure…c’est con :-D !

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