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Le Tea Time club, de la radio jeune et friendly

Tous les jours à 16 heures pendant l’été, l’émission Tea Time Club sur France Inter crée un réseau social à la radio. Un échange d’expériences personnelles aux quatre coins de la planète sur des sujets de société. Barbi(e)turix est allé à la rencontre de cette jeune équipe enthousiaste qui rafraichit les oreilles.

Au sixième étage de la Maison de la Radio, l’ambiance est détendue dans le bureau du Tea Time Club. Le direct de l’émission quotidienne vient de se terminer, les tasses de thé sur le bureau sont à peine vidées, on se vanne gentiment pour décompresser. Facebook est ouvert sur tous les écrans, les bonbons côtoient les Pom’potes, et les restes du déjeuner. Au Tea time club, la moyenne d’âge ne dépasse pas 30 ans et ça se sent. Du joyeux bazar du bureau, jusque dans les ondes. Car tous les jours, Caroline Gillet et ses six compères (Hugo Combe, Bruno Meyerfeld, Caroline Debray, Joseph Carabalona, Victoire Faure et Claire Braud qui illustrait chaque émission en direct au mois de juillet – en août c’est Lucie Bryon qui a pris le relai) dépoussièrent la radio, comme on voudrait l’entendre plus souvent. Une heure d’émission quotidienne où ils interrogent via Skype des anonymes aux quatre coins du monde sur des sujets intimes. Du coming-out au ramadan, du premier amour à l’expérience de l’exil, du polyamour au féminisme. Et lundi dernier, une émission à écouter absolument sur le travestissement, avec Louise de Ville qui parle de l’atelier Drag King.

Tous les thèmes sont abordés avec le même objectif : faire dialoguer les expériences et les cultures pour « dépasser les débats stériles et montrer que les frontières entre progressistes et conservateurs ne sont pas figées », explique Caroline Gillet. Un échange d’autant plus original et fort qu’aucun « militant » n’est convié au débat. Seules les expériences intimes sont convoquées, jusqu’à parfois créer un  dialogue étonnant, comme entre Djamil qui raconte son quotidien au Sénégal, dans un pays où l’homosexualité est punie de 5 ans de prison, Amélie qui a fait son coming-out à ses deux grands mères homosexuelles ou encore Kinga, femme d’affaire à Varsovie qui a subi le chantage d’un de ses employé.

A chaque fois, et malgré quelques problèmes techniques de temps à autre, on est transporté à l’autre bout de la planète par une question leitmotiv qui inaugure chaque témoignage : « il est quelle heure chez toi, et tu vois quoi de ta fenêtre ? ». Une façon d’entrer en douceur dans l’intimité de l’interlocuteur, et de créer une ambiance de confession. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’à chaque début d’émission, un des membres de la « garde rapprochée » du Tea time club, une équipe « multi culturelle et multi sexuée », comme la définit Caroline Gillet, livre son expérience quant à la question du jour. Comme sur l’adolescence, où Victoire raconte son désir de devenir grande très vite, et passe des heures à dessiner des plans d’appartement, Caroline D. qui écumait les manifs coco-anarchistes ou Hugo qui se souvient douloureusement de la fois où il se fait traiter de « tarlouze » alors qu’il était au tableau.

Dépassionner le débat

Ce qui est marquant et novateur dans le Tea Time club, c’est la capacité de l’équipe à traiter les questions de marginalité et de différence sans marquer de frontière, sans exclure ni souligner à tout prix l’altérité. « On ne veut pas inviter un gay pour avoir le quota ou uniquement pour parler de sa sexualité », explique Caroline Debray. « Parfois être homosexuel implique d’avoir un point de vue différent sur certaines questions, LGBT notamment. Mais le but c’est de montrer les multiples identités dans une même personne. », précise Caroline Gillet.

Une liberté de ton qui ne choque pas. Sur les nombreuses pages investies par le Tea Time Club sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et la page de l’émission sur franceinter.fr), pas de réaction hostile d’auditeurs sur les questions de sexualité. « Seulement sur les questions de religion », souligne Joseph Carabalona, le réalisateur. Ce qui n’empêche pas la jeune équipe de se frotter avec brio aux thématiques du ramadan, de l’entrée et de la sortie en religion ou des rituels funéraires. Comme un pied de nez à ceux qui ne supporterait pas qu’on fasse sauter les frontières, qu’on veuille dépasser les positions stériles.

« Aujourd’hui il suffit d’avoir une connexion internet pour échanger avec le monde entier », souligne Caroline Gillet. Bruno, qui travaille comme attaché de production de l’émission a appelé 12 pays différents la veille et n’en revient toujours pas de l’implication de certains interlocuteurs pour participer à l’émission. « Pour certains c’était leur première fois sur Skype, explique t-il, un type au Mali a même passé une journée à tester toutes les connexions du village pour pouvoir nous parler. »

En écoutant l’émission, on découvre une communauté tolérante, et la capacité d’Internet à devenir un pont pour respecter les différences et relativiser ses propres expériences. Et en les écoutant s’écouter, chahuter, échanger avec des jeunes du monde entier, on espère que c’est ça la jeunesse aujourd’hui. Avant la fin de l’émission qui termine le 22 août  (et en espérant que ca continue à la rentrée) une flopée de sujets réjouissants : amours interdits, être noir, rire de soi, être beau ou encore faire la fête.

Margaux

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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One Comment

  1. Have_a_tea says:

    Je suis bien contente que vous en parliez :)
    Depuis que j’ai découvert cette émission j’écoute compulsivement tous les podcast et essaye de convaincre les gens qui m’entourent de l’écouter :) :)
    C’est rafraîchissant, intéressant et rassurant de voir ce mélange de culture, de sensibilité, de sexualités, d’égalité sans frontière! :)

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