Twilight Lovers

Tina Fiveash, black & white eyes

 Tina Fiveash n’échappe pas à la grande lignée des artistes qui, au travers de leurs œuvres, mettent en avant des combats, défendent des idées. La quarantaine, cheveux courts grisonnants, allure androgyne et regard clair, Tina Fiveash est une passionnée des années 1950. Période de l’interdit. Celle où le lesbianisme était non seulement mal perçu mais aussi condamné par la loi australienne.

«C’est particulièrement excitant pour de jeunes lesbiennes de voir ainsi célébré l’amour lesbien à une période où ça n’était pas possible. Je veux que ce soit romantique et pas seulement politique», explique la photographe australienne dans une interview donnée à Têtue.com en 2009. Elle rend hommage à toutes ces femmes qui ne pouvaient assumer leur amour sans passer quelques temps en prison. Ces photographies sont des mises en scène à l’esthétique particulièrement fifties. Grosses voitures, robes colorées et coiffures travaillées. Les femmes sont fems. Pomponnées. Maquillées. Qu’elles s’embrassent entre deux cylindrées américaines ou soient Pin-Up en admirant d’autres aux formes tout aussi voluptueuses, elles provoquent et détonnent dans un décor propret.

Grandement impliquée dans la communauté lesbienne de Sydney dans les années 1990, elle a participé au projet collectif Hey Hetero!  une campagne d’affichage qui demande le soutien des hétérosexuels quant à l’évolution des droits LGBT, rappelant toutes les discriminations auxquelles ils ne sont pas confrontés dans leurs actes quotidiens : S’embrasser, se marier…

Parallèlement à ces œuvres aux couleurs vives, Tina Fiveash interroge le genre en noir et blanc. Une mise en scène réduite à son plus simple appareil. Des corps bruts. Nus. Des transsexuelles en transition époustouflantes de sincérité.

Exposée dans le monde entier et récompensée des dizaines de fois à la fois pour son travail d’artiste et de militante, la photographe australienne se révèle être une technicienne hors pair suivant les évolutions techniques de son art. La récente série Grace explorant la mémoire, l’onirisme et l’émotion a été réalisée via la « lenticular photography ». Pas tout à fait du cinéma, encore de la photographie, un art hybride que Tina Fiveash se plaît à exploiter.

 

Angie

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

Plus d'articles

3 Comments

  1. Ssh says:

    Super, une jolie découverte.
    Par contre c’est Sydney ;)

  2. L'épicène says:

    Bonjour,
    je voudrais vous signaler une erreur dans cet article : les modèles des photos en noir et blanc m’ont tout l’air d’être des trans FtM, donc des personnes qui se définissent au masculin. Dans ce cas le terme respecteux sera “transsexuels” et non “transsexuelles”.
    Merci pour vos très bons articles.

  3. Bouillon says:

    Le terme respectueux serait surtout transgenre et non transexuel-le-s, transexuel-le-s étant le terme médical, -donc discriminatoire-, qui designait les personnes transgenres.

Leave a Comment

*