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Möggli : « “J’aime quand je réussis à faire décrocher les gens de leur quotidien”

Samedi dernier, Möggli prenait les platines après l’effusion nommée Missill. Pas facile. Et pourtant ! La jeune artiste de Chez French Kitchen s’en est sortie haut la main, en jouant « plus dur » que d’habitude.

Productrice et DJ, Möggli c’est aussi la voix de certains titres explosifs. On pense forcément à sa collaboration avec Shlomi Aber sur Foolish Game ou encore avec Marc Romboy sur The Trigger. Samedi dernier, quelques semaines à peine après la sortie de son nouveau track, La Llorana, elle enchaînait derrière Missill avant de donner le ton final à Rag. « Je me suis amusée, donc j’espère que les gens en face aussi » explique-t-elle. Son avis sur les soirées pour filles ? « Dans les soirées hétéros ils devraient se détendre beaucoup plus » plaisante-t-elle. Impressions post-Wet.

Tu avais entendu parler de la Wet avant qu’on te demande d’y jouer ?

Oui, en fait j’étais déjà venue à une Wet car une amie à moi, Magit Cacoon, y avait joué (Riot Édition, 8 mars 2014, ndlr). J’avais trouvé l’ambiance incroyable. J’ai adoré car il y avait quelque chose de friendly, de détendu, de festif, tout le monde était heureux d’être là, aussi bien les artistes que le public. C’est là que j’ai rencontré Rag, enfin très brièvement puisqu’elle bossait et courait un peu partout. Puis elle m’a contactée il y a un mois pour me demander si j’avais envie de jouer ; j’étais ravie.

Et ça ne te faisait pas peur de jouer à La Machine ?

Ha non, pas du tout, j’était hyper contente. J’ai déjà fait pas mal de grosses scènes donc ce n’était pas ma première. Tu sais, tout le monde te le dira, jouer sur des gros sound system c’est beaucoup plus facile que dans un bar ; les conditions sont bien meilleures. Dans un bar tu n’as pas de retour, le matos n’est pas toujours de super qualité, les gens se jettent sur les platines (rires)…

Tu as trouvé que l’ambiance de samedi était différente de la première Wet à laquelle tu avais assistée ?

Oui. Je connais bien les clubs, j’ai travaillé pendant presque quatre ans pour le Showcase et le mois de juillet est toujours un peu plus calme. Encore que là j’ai été très agréablement surprise car il y avait quand même du monde alors qu’il y avait pas mal d’événements en face. Puis, j’ai eu le sentiment que le public était moins clubbeur que d’habitude, de par le line-up. Mais c’était vachement chouette et c’est ça aussi la force de vos soirées : prôner la diversité.

 Et comment tu as géré l’enchaînement avec Missill ? Parce que ce que tu joues est quand même très différent…

Je me suis posée la question de ce que j’allais bien pouvoir jouer après oui. C’était un challenge. J’ai un peu misé sur la carte du « je t’en mets plein la tête », pour commencer mais finalement, même si je n’ai pas trop de recul par rapport à ce que j’ai fait, car c’est ma musique qui parle, moi je suis juste le médiateur, j’ai le sentiment d’avoir bien tenu la puissance. Je me suis amusée, donc j’espère que les gens en face aussi ; ils ont eu l’air puisqu’ils sont restés (rires). C’était très intéressant pour moi. Quand Rag est arrivée, elle a baissé le tempo, tu vois qu’elle connait son public et j’ai trouvé ça très fort ; elle a joué sur un terrain beaucoup plus New Order, beaucoup plus sexy, et c’était parfait. J’aime ça, apprendre à s’adapter, réfléchir à comment faire plaisir aux gens, à comment les garder avec toi… Et pour moi, là, c’est mission accomplie !

Tu disais que c’est ta musique qui parle pour toi. Elle dit quoi du coup ta musique ?

J’ai l’impression, avec le temps, que je deviens humaniste (rires). Mon objectif c’est de faire en sorte que les gens soient heureux et qu’ils dansent. Mais au-delà de ça ça me fait vraiment plaisir quand je réussis à les faire décrocher de leur quotidien, à les emmener quelque part avec ma musique. C’est pour ça que je dis humaniste, car plus ça va plus j’ai envie de faire plaisir aux gens. Ce n’est pas toujours évident, mais quand tous les facteurs sont réunis et que t’es dans ton mix, tu te mets en pilote automatique et c’est là que se passent des trucs plutôt sympas. Moi ma musique, elle va de la deep à la techno mais le principal c’est qu’il faut que ça groove.

Jouer dans une soirée de filles ça te fait quoi ?

J’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de soirées pour filles et je trouve que vos soirées sont de formidables ambassadrices de cette mouvance et avec beaucoup de simplicité et de liberté. En tous cas sur place c’est le sentiment que j’ai eu. J’avais trouvé l’ambiance assez magique quand j’y avais été, même si ce n’est pas un public que je connais bien. Moi je suis ouverte à tout, je ne suis pas pour l’exclusivité d’un public, j’aime les mélanges mais je trouve ça très intéressant que ces soirées soient là car déjà c’est très ouvert et tout le monde s’y sent bien mais aussi car il y a un vent de liberté qu’on ne retrouve pas dans les soirées hétéros. C’est ce que je ressens et ça fait du bien. Est-ce que c’est du à une recherche au préalable, de sa sexualité, une lutte pour s’assumer et être bien dans la société, qui fait que le public est décomplexé ? Je ne sais pas, mais dans les soirées hétéros ils devraient se détendre beaucoup plus (rires).

Adeline

Adeline

Caution musicale de la team et rédactrice en chef du mag Heeboo, Adeline est amatrice de sonorités brutes et de soirées sans façons. Elle aime : le bleu / ponctuer ses interventions de points / râler. Ses soirées à elle (et à tout le monde) : Sneaky Sneaky.

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One Comment

  1. timide says:

    Yeah, ça fait du bien d’entendre parler de la WFM par ceux et celles qui animent la scène de la Machine ce soir là. Je ne peux qu’être d’accord avec Möggli.

    Par ailleurs, Möggli, ça m’aurait plu de savoir d’où vient son nom de platines …

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