BIG_TIMMY_BURGER-lg

Pornfood, mon amour.

Le « PornFood » ou « FoodPorn » n’est sans doute pas une nouveauté pour un grand nombre d’entre vous. A grands coups de hashtags et de photographies alléchantes, elle envahit peu à peu nos réseaux sociaux. Mais au delà de la satisfaction narcissique que procure le plaisir d’afficher à la face du monde le contenu de nos assiettes, quel lien y a-t’il entre sexe et bouffe ?

D’un point de vue religieux (cf : la pomme du pêché originel) autant que physique, la nourriture est purement et simplement la plus grande protagoniste de notre vie. Le sexe aussi d’une certaine façon. Le journal préféré des coiffeurs et des ménagères, j’ai nommé Grazia, publiait dernièrement une enquête sur l’adéquation entre sexe et nourriture. Les chiffres démontraient que les badaux censés nous représenter évaluaient le plaisir de manger supérieur à celui de faire l’amour. Mais après tout, manger ou faire l’amour, est-on vraiment obligé de choisir ?

Chrystal Renn in Vogue US

Si le sexe et la nourriture sont tous les deux des besoins naturels, comment en est-on arrivé à combiner les deux jusqu’à en faire une catégorie comestible et explicite dans la sexualité ? 

Avant qu’Instagram ne prenne de l’ampleur et son contenu culinaire avec, le fantasme de la nourriture ne se retrouvait que dans certains films aux scènes marquantes (9 semaines 1/2, American Pie, La saveur de la pastèque, La grande bouffe…) ou dans le pire des cas, dans des articles sexo en mal d’imagination. Qui n’a pas lu une fois au moins le fameux conseil de la chantilly, du chocolat ou du sirop d’érable pour « pimenter une vie sexuelle en manque de tonus » ? 
Peu de personnes, je pense.

Hier hasbeen, aujourd’hui sensuellement, voir salement, tendance, la nourriture est partout, au point de l’associer à la culture porn. Cela porte d’ailleurs même un nom : la sitophilie. Rien à voir avec un énième et obscur nom de pratique au suffixe équivoque, la sitophilie correspond purement et simplement à la pratique de jeux sexuels centrés autour de la bouffe. 

Au Japon, ainsi que dans divers pays asiatiques, le culte sexuel, pour ne pas dire fétichiste de la nourriture n’est plus à démontrer. Que ce soit dans un voyeurisme onéreux (en Corée du Sud, une jeune bloggeuse se fait payer 6000€ par mois pour se faire observer en train de manger via sa webcam) le mok-bang ou « voyeurisme gastronomique » fait autant fureur qu’un bon visionnage de pillonage façon bareback dans nos contrées occidentales. 

Question de culture peut-être ? Oui et non.

S’exciter avec de la nourriture ? Beaucoup d’entre nous regarderait la chose horrifiée tout en cachant un hoquet de dégoût. Si les concombres et autres cucurbitacées ont autant mauvaise image, ce n’est peut-être pas pour rien. 

Seulement voilà, le Pornfood n’est pas entièrement ce qu’on croit. La bouffe c’est quand même pas mal du cul, aussi. Il n’y a qu’à se voir saliver devant la multitude de TumblR dédiés aux hamburgers ou au milshakes, l’œil pétillant et les canines aiguisées devant chaque cliché pour se rendre compte que nous pourrions réagir de la même façon face à une fille à notre goût.

Fat and furious burger

Voyeurisme culinaire et masturbation pornographique, même combat ? 

Bien sûr, on ne vous demande pas obligatoirement de vous enfiler des tonnes de légumes bio du marché pour être tendance, loin de là. Surtout qu’en plus, c’est moyennement safe à en lire les anecdotes ratées d’un grand nombre de quidams. 
Seulement voilà, si nous entretenons un rapport aussi sexuel avec la nourriture, le fait de son omniprésence picturale y est sûrement pour quelque chose. S’afficher dans des selfies #aftersex devient aussi anodins que de prendre un hamburger dégoulinant de sauce en photo. Même combat, l’envie, le désir, l’appétit. Regarder sa petite-amie en train de manger de façon salace mais polie reste au final plus excitant que d’attendre le chargement d’une vidéo sur YouPorn. 

Quid de la nourriture ou du sexe dans nos intérêts primaires ? Bonne question. Du coup, à défaut de lire publiquement une revue porno, on se contente de feuilleter un énième livre de cuisine en laissant gronder son estomac comme nous l’aurions fait avec nos parties intimes devant un étalage mainstream de chair nue en train de s’accoupler. Pas si cul que ça la cuisine ? Ben voyons.

An Si

 

An Si

Sbire candide de BBX, An Si s'intéresse à la culture queer, porn et mainstream. Ré-invente la langue française avec ses fautes d'orthographe.

Plus d'articles

2 Comments

  1. timide says:

    oui, même moi (la #g*** AOC) j’ai entendu parlé de ce fameux conseil avec la chantilly et tout et tout …

  2. timide says:

    mais le pornfood demeure sensiblement loin du végétalien ? quoique …

Leave a Comment

*