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Toilettes et tabous

Je n’ai pas l’air comme ça, mais ma vie amoureuse et sexuelle souffre encore de quelques tabous dont j’essaie de me débarrasser à coup d’articles parfois embarrassants. Parfois. Mais il y a un sujet qui n’est vraiment plus tabou pour moi. Le transit, les excréments, bref, le caca.

Quand on passe son temps à faire attention à son alimentation, à rechercher quels sont les meilleurs aliments pour avoir un bon transit (oui, ma vie est fascinante) et que votre partenaire a les mêmes préoccupations (vraiment fascinante), le sacro saint sujet du CACA devient aussi peu tabou que les relations “extra” conjugales. Il n’y a pas de règles en ce qui concerne le couple ou les relations amoureuses, mais il est vrai qu’on entend souvent dire que les femmes ont plus de mal à aborder le sujet que les hommes.

Quel est notre rapport personnel au caca ? À partir de quel moment dans nos relations pouvons-nous en parler ? À partir de quel moment allons nous aux toilettes la porte ouverte ? Quand pouvons-nous suggérer à l’autre de manger des fibres pour avoir un caca parfait ? Enfin, pourquoi avons-nous un rapport si complexe aux déjections ? Qu’est-ce que cela révèle de nous ?

DU TABOU…

Toujours est-il qu’il arrive que certaines d’entre nous peuvent passer des journées sans aller aux toilettes pour la simple et mauvaise raison que leur partenaire est à côté. S’en suivent alors toutes sortes de stratagèmes pour éviter que l’autre nous entende : tirer la chasse d’eau avant, pendant, après, mettre de la musique, laisser l’eau du robinet couler. Des stratagèmes, en somme, peu écologiques.

Mais c’est parce qu’on aime croire que les femmes font peu caca, ou alors avec des fleurs et des paillettes et qu’à l’image de leur sexe qui sent la rose, leur caca a le doux parfum de la fleur de lys. Et comme apparemment les femmes mangent peu et ont une digestion lente, elles vont rarement aux toilettes.

Stop !

Il y a plein de femmes, en couple avec des filles ou des garçons, qui n’ont aucun problème avec ça. Certes, au début d’une relation, nous avons du mal à évoquer le sujet et lorsque cela arrive ( parce que l’une a la gastro ou que l’autre a mal au ventre) on en parle avec un petit sourire gêné et on passe vite à autre chose.

“Au début, de même que j’essaie de garder le mystère (et qu’il/elle ne me voit pas en pyjama, cheveux gras, devant La Nouvelle Star) je ferme la porte des toilettes, je mets du papier au fond des toilettes, je croise les doigts pour que ça ne fasse pas de bruit et que ça aille vite” nous confie Géraldine.

Mais au bout d’un moment, quand on commence à passer plus de temps avec certaines personnes, on se dit qu’il est dommage de déglinguer son ventre en n’allant pas aux toilettes alors qu’on en a fortement envie : nous voilà ballonnée, et mal à l’aise pour baiser.

“Avant, au début d’une relation, surtout si je suis chez l’autre, j’avais du mal à aller aux toilettes, j’en avais envie mais j’étais bloquée. Mais après, j’étais vraiment mal à l’aise pour faire l’amour, j’avais peur que ça finisse par sorti au moment le plus inopportun et comme j’aime bien l’anal… Maintenant, j’ai plus de problème avec ça et j’ai un transit de feu…” avoue Judith.

DE L’INTIMITÉ

Mais pouvoir parler du caca dans le couple n’ajoute t’il pas un peu d’intimité à la relation? Une relation, peu importe sa nature, doit nous mettre à l’aise et en confiance.

“Après, j’aime l’intimité du corps de l’autre et qu’elle/il partage mon intimité. J’aime tous les fluides (salive, mouille, sperme, sueur, larme…). J’ai encore un peu de mal avec les règles, mais le caca, je suis très ouverte.

Chez nous, on fait facilement pipi la porte ouverte ou entre ouverte, donc pour moi, pisser/chier la porte ouverte avec ma/mon partenaire dans la pièce à côté ou dans l’appart, c’est comme si je lui disais: “c’est du sérieux, je me sens bien avec toi” et j’apprécie que l’autre le fasse aussi.” ajoute Géraldine.

“Personnellement, j’en suis venue à un point dans ma vie où parler caca est aussi courant que parler de mes règles. Que ce soient mes amiEs ou ma copine, tout le monde est assez ouvert sur le sujet. On peut avoir des longues conversations sur notre transit. J’ai pas de tabou lié au caca, par contre, quand on me parle de péter, la, curieusement, je suis mal à l’aise. Sans doute parce que mes parents ont toujours eu une honte à péter, surtout ma mère, alors que les toilettes étaient souvent ouvertes. Il m’arrivait même d’aller papoter avec ma mère quand elle faisait caca…” nous dit Sonia.

Je crois que le caca dans le couple, si j’en crois mon entourage, est moins tabou qu’avant. On en parle facilement, parce que finalement, cela reste de l’ordre du privé. On est aux toilettes, y’a personne. Mais c’est peut-être là aussi que le tabou reste encore plus fort.

DU PLAISIR

“C’est drôle, il y a un tabou très important sur le fait que déféquer apporte du plaisir…Même pour celles et ceux qui ne sont pas porté sur la scatologie.” nous confie Alice.

Exactement !

Il y a un énorme tabou concernant le plaisir que l’on peut ressentir lorsque qu’on se soulage enfin. C’est sans doute lié au fait que les pratiques anales ont souvent été mal perçues. La sodomie a longtemps été considérée comme une pratique déviante, alors imaginez avouer ressentir du plaisir lorsque vous êtes sur le trône.

Pourtant, ce plaisir existe bel et bien. Il est même semblable à celui que l’on découvre lorsque l’on pratique la sodomie. La prostate ou les glandes de skène permettent de ressentir un orgasme. Même, les tissus nerveux présent dans l’anus sont autant une zone érogène que la nuque, les seins et j’en passe…

Alors pourquoi avons-nous tant de mal à en parler ? Pourquoi, lorsque des articles sur le caca sont publiés, on ne parle que rarement de ce plaisir. Serait-ce parce qu’il n’est pas honorable de ressentir un orgasme à cet endroit là. Le sexe serait il plus sacré que l’anus ? Est-ce lié au fait que le plaisir anal est un plaisir lié à la soi-disante passivité (des hommes en général)?

Ou est-ce parce que nous devons jouir seulement des parties de notre corps qui nous permettent de procréer ? Je n’ai pas la réponse, mais si vous avez des suggestions…

 

Et vous, qu’en est-il de votre rapport au caca?

 

 

Sarah

Photos tirées de la série photo “Sur le trône” de FELIX SWENSSON

 

Sarah

Sarah parle de cul et d'amour mais aussi de bouffe vegan, de genre et de féminisme. Passion vélo et gingembre addict. Nouvellement vidéaste, elle espère flooder la toile de sa vision du porno. Twitter : @sarahdevicomte

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8 Comments

  1. Artemisia.g says:

    Bah… franchement, pour moi le caca c’est ultra tabou. J’en parle jamais (bon, aussi parce que le transit, j’avoue, c’est pas un sujet qui me passionne) et je suis plutôt discrète quand je vais aux toilettes, où que je sois. Par contre, là où ce tabou me dérange dans la vie c’est concernant le sexe anal; J’aimerais bien être plus zen sur le sujet caca pour avoir l’anus plus détendu. En plus j’ai souvent eu des partenaires que les potentiels petits accidents rebutaient grave, donc ça n’aide pas à se détendre…

  2. moumoutte says:

    J’ai toujours été à l’aise avec le caca. D’ailleurs je rédige ce commentaire aux toilettes. Lol.
    Je ressens du plaisir lorsque je défèque, pas du plaisir tel l’orgasme sexuel mais un vrai soulagement. Quand on a envie on ne pense qu’à ça, ça nous déconcentre, on est pas bien. *plouf*.
    L’acte anal bien que je sois à l’aise avec le caca, moi la sodo, je n’aime pas, je ne suis pas à l’aise. Je ne suis pas prête pour ça.
    Après le fait d’être à l’aise ou non je pense qu’il y a une influence sur la façon dont on a été élevé. Chez mes parents pas de soucis avec ça donc pour moi tout va bien et pour d’autres c’était représenté comme sale donc il y a un tabou voire un complexe. Il y a des filles avec qui je parle et qui me disent “la honte je fais des plus gros cacas que mon mec et en plus ça pue”. J’ai envie de dire que tout le monde fait caca. Les personnes âgées en maison de retraite sont hyper stressées si elles n’ont pas fait caca si ce n’est qu’une journée, “parce que le caca c’est la vie et si on ne fait plus c’est la fin”.

  3. moumoutte says:

    J’ai oublié, le truc que je ne supporte pas : ce sont les petites nénettes qui si la petent ultra girly, ultra propres sur elles et qui au final oublient (sciemment ou inconsciemment je ne sais pas) DE SE LAVER LES MAINS APRES AVOIR FAIT CACA ET/OU PIPI.

  4. timide says:

    bon.

    sérieux : graines de lin bio pour une régulation naturelle du transit intestinal.

    pas sérieux : qui dit étron, dit … Jean-Claude Tergal ! ( #umouretbandessinées, Tronchet incontournable.)

  5. timide says:

    nan, j’me suis trompée, c’est l’contraire …

  6. Sarah says:

    T’inquiètes pas Timide, les graines de lin sont adoptées par ici, sinon chous, cerises, pommes, tous les fibres, pruneaux :) bref, la liste est longue…

  7. Brunette Localicious says:

    Les kiwis, n’oublions pas les kiwis !

  8. timide says:

    Oh good, Sarah !

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