Photo Lick

Être lesbienne à Seattle

Au milieu des splendides paysages de montagnes et des nombreux lacs, Seattle, la plus grande ville de l’Etat de Washington, est un endroit à la vie culturelle et festive très active, mais aussi bien connue pour son climat de tolérance.

Dans l’Etat de Washington, la légalisation du mariage pour tous a été quelque peu chaotique. Une première autorisation en février 2012 a été suspendue en juin à la suite d’une pétition populaire avant d’entrainer un référendum…Entérinant une fois pour toutes, le mariage pour tous. Toutefois la ville de Seattle s’est illustrée pour son soutien à la cause gay, n’hésitant pas étendre un drapeau gay en haut du Space Needle, la tour emblématique de la ville. D’ailleurs, le maire actuel de Seattle, Ed Murray, ouvertement gay et s’est marié avec son compagnon en 2013.

Autre élément qui contribue peut-être à la mentalité très “peace” des habitants, la marijuana est autorisée en usage médical dans l’Etat de Washington depuis 1998, et sa possession en petites quantités a été dépénalisée en 2012.

 Sculpture de Jimi Hendrix, originaire de Seattle, dans le quartier de Capitol Hill

Si vous voulez sortir le soir, ce n’est pas compliqué, tout se passe dans le quartier de Capitol Hill, centre de la vie nocturne et quartier gay de la ville. Il n’y a qu’un seul bar identifié comme bar lesbien, le Wildrose, mais pas de club… On pourrait commencer à se désespérer comme d’habitude sur l’absence de vie lesbienne, mais ici la vie LGBTQ est vraiment organisée comme une grande communauté « queer », avec des sous-communautés moins distinctes.

J’ai eu l’occasion de me rendre à la soirée Lick, qui se définit comme une « dance party for dykes, trannies, fags, and friends », avec toutefois une majorité de lesbiennes. À peine le pas de la porte franchi, que l’on est assailli par une vague de chaleur et de lesbiennes survoltées. Il faut dire qu’ici les clubs ferment à 2h, donc il vaut mieux se dépêcher pour danser. La déco est un peu kitsch, la musique généraliste est de qualité variable, mais qu’importe, on se laisse entrainer par la ferveur des quelques centaines de personnes réunies avec la même envie de faire la fête, quelques soient les styles, les genres, ou les sexualités.

L’aspect très ouvert de la communauté LGBTQ à Seattle est vraiment remarquable au niveau de l’inclusion des transsexuels, qui sont ici particulièrement intégrés. Dans la langue anglaise, comme en français, il n’existe pas de pronom neutre singulier, mais à défaut, le pronom neutre pluriel «they » est couramment utilisé. J’ai rencontré plusieurs personnes souhaitant être désignés par le pronom « they », que ce soit dans le cadre d’un processus de transition, ou seulement par choix de ne pas s’identifier à un genre défini.

Mais entre le Seattle historique, berceau des contre-cultures, et les grosses entreprises du web qui ont installé leurs sièges dans la ville ou en périphérie (Microsoft, Amazon..), l’écart est immense et crée des tensions. C’est un exemple classique de gentrification, et beaucoup regrettent cette installation massive de « yuppies » qui s’emparent du quartier de Capitol Hill, au risque de lui faire perdre son esprit alternatif.

photo de couverture:  Soirée Lick – crédit photo : Rachel Robinson

Jude

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2 Comments

  1. Tifenn Ann says:

    Le tour du monde lesbien peut s’arrêter et s’intéresser à Minneapolis (MN) aussi, où il est bon d’être lesbienne. Testée et approuvée !!

  2. Artemisia.g says:

    je trouve gênant d’utiliser le terme de transsexuels pour désigner tout un ensemble de personnes trans sans savoir comment illes se définissent. Pourquoi ne pas avoir utilisé le terme transgenre ou personnes trans*?

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