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Tease me : une web-série pro-sexe et éducative

Aux Etats-Unis, les chaines Youtube d’éducation sexuelle connaissent un succès retentissant. Certaines vidéos de la sexe-gourou Laci Green cumulent plus de 2 millions de vues. Mais en France, malgré des paires de fesses à chaque panneau publicitaire, les discours décomplexés et positifs sur la sexualité peinent à se faire entendre. Mathilde Marc, photographe et réalisatrice, a décidé de prendre le contrepieds de ce tabou français et mettant en scène des pastilles éducatives menées par la plus frenchie des performeuses américaines, la truculente Louise de Ville.

Fascinée par sa capacité à se transformer au gré de ses postiches, Mathilde a donc demander à Louise de jouer les caméléons pour sa série vidéo, Tease me. Le concept est simple : offrir un discours sur le sexe débarrassé des injonctions normatives, des pressions et des angoisses de notre temps. Pour ce faire, Tease me se penche sur l’histoire pour éclairer le présent. Car ce qui est tabou aujourd’hui ne l’était peut-être pas hier, et ce qui est tendance aujourd’hui aurait rempli d’horreur les contemporains de Nefertiti. Tantôt homme, tantôt femme, Louise prodigue des conseils et des éclairages historiques sur des pratiques actuelles.

Si Tease me n’a pas vocation à révolutionner les ménages, le format très pop et ludique de la pastille, ponctué par les travestissements comiques de Louise de Ville, permet d’évoquer les choses du sexe sans rougir. A mi-chemin entre le divertissement et la leçon d’éducation sexuelle, la série remet le sexe à sa place. Car la génération Y, qui a connu l’accès facile au porno et les discours faussement décomplexés des magazines féminins (la fellation, ciment du couple, entre autres), est finalement particulièrement sujette à des idées reçues sur le sexe. Pour Louise de Ville, le but ce n’est pas de dire quoi faire ou comment, mais de donner le choix aux spectateurs.

Autre particularité de Tease me, un langage très “à l’américaine”, porté sur l’effacement du genre et l’usage de pronom neutres. “Aux Etats-Unis, le langage est peut-être beaucoup plus policé, mais il a l’avantage de ne pas imposer de normes de genre”, confie Louise de Ville, “le fait de dire ‘partenaire’ plutôt que ‘copain’ ou ‘copine’, mine de rien, ça permet de ne pas induire l’hétérosexualité des personnes”. Si Tease me s’adresse autant aux filles qu’aux garçons, aux homos qu’aux hétéros, c’est surtout parce que sa créatrice préfère mettre en avant les pratiques plus que les orientations. A la clé, le challenge de s’adresser aussi aux garçons, moins familiers de ce genre de discours, mais tout autant soumis aux diktats de la performance et de la jouissance à tout prix.

Après deux premiers épisodes sur les poils et le vibro-masseur, Mathilde prévoie déjà de s’attaquer à la masturbation à travers les âges, au “funny bondage” ou encore à l’histoire du “safe sex” (ou comment les anciens fabriquaient des capotes avec des intestins d’animaux). On a hâte !


Retrouvez Tease me sur Dailymotion ou sur leur page Facebook.

Prochaine vidéo demain sur la chaine Dailymotion de Tease me !

 

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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One Comment

  1. timide says:

    Ah mais ouuiiiii ! vive les godes évidemment … LdV great performer, anyways !

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