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Maroc : «L’amour n’est pas un crime»

Au Maroc, un jeune collectif nommé Aswat fait bouger les lignes. A l’approche de la journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, il a lancé la campagne « l’amour n’est pas un crime ». Objectif, dénoncer l’article 489 du code pénal marocain.

C’est toujours un peu la même histoire. Rencontrer des militant-e-s LGBT n’est pas chose aisée dans un pays où l’homophobie est presque un sport national. Par la force des choses, on se retrouve au premier étage d’un café presque désert. Un lieu quelconque mais qui présente au moins l’avantage d’être relativement sûr.

Quand il est lancé en 2012, Aswat est un magazine LGBT en langue arabe. Il y a quelques mois, un groupe de jeunes activistes se greffe au projet initial en maintenant le magazine et en créant un collectif du même nom. Depuis, Aswat (voix en arabe) s’est donné pour missions de sensibiliser l’opinion publique marocaine, d’agir sur les mentalités et surtout de dénoncer l’article 489 du code pénal, cheville ouvrière de l’homophobie d’Etat au Maroc. En vertu de cet article, « les actes impudiques ou contre nature avec un individu du même sexe » sont punis de 3 mois à 3 ans de prison et d’une amende pouvant aller jusqu’à 110 euros.

Le hic, comme le soulève l’une des activistes, c’est que cet article donne en plus lieu à des interprétations de la part de la police en amont et du législateur en aval. En effet, a priori nous serions tentés de penser que ces « actes impudiques » ne peuvent être avérés que si « flagrant délit » il y a. Eh bien, non. Puisque les militants d’Aswat rapportent des faits d’arrestation uniquement basés sur le faciès. D’après eux, dans certains rapports de police, on pourrait lire « X a une attitude similaire à celle d’une femme ce qui tend à nous faire penser que… ».

Dans ces conditions, les LGBT marocain-e-s sont en permanence menacé-e-s et ne sont jamais à l’abri d’une arrestation, d’une violation de domicile… Il était donc plus que temps de lancer une campagne de lutte contre l’homophobie. Intitulée « l’amour n’est pas un crime », elle a été pensée pour les réseaux sociaux, seul canal de diffusion pouvant être viral tout en maintenant une forme d’anonymat. A l’instar de célèbres campagnes, celle-ci fait appel à des messages de soutien du monde entier. En parallèle, le groupe a également lancé une pétition.

Certains intellectuels marocains se sont exprimés à visage découvert afin d’apporter leur soutien au collectif. Aswat avoue cependant avoir essuyé beaucoup de refus, même de la part de militants des droits de l’Homme. Cela étant, le collectif n’a pas été véritablement surpris par de telles réactions. Il le sait pertinemment, la lutte contre l’homophobie au Maroc est un long chemin et l’abrogation de l’article 489 n’est pas pour tout de suite.

Rania

 

 

One Comment

  1. JEAN says:

    ON EN VEUT DES PD

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