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Découverte de la semaine : Taulard, le synthépunk qui fait un peu pleurer

« On joue du synthépunk, sans guitare, avec un clavier pourri ». Voilà comment s’autodéfinissent les quatre mecs de Taulard, un groupe d’énervés de la vie bucoliques aux gueules juvéniles. Notre coup de coeur de la semaine.

Sécher le lycée, ou les derniers cours de fac, ceux juste avant l’été, s’entasser dans une Renault 5 blanche et partir direction nulle part. Derrière les vitres, défilent des paysages nus, en noir et blanc et les regrets qui germent malgré les éclats des copains, « la souffrance de s’être planté ». Dans le vieux lecteur K7, le nouvel album de Taulard. Depuis Grenoble, les quatre mecs accouchent depuis cinq ans d’une synthépunk énergique, fraîche, celle qui rappelle les années lycée et qui fait un peu pleurer.

Pas pour rien que l’album qui sort cette année s’appelle Aux Abords du lycée. Pour la naïveté apparente, et l’extrême tristesse qui défile derrière le texte. Alors oui, la comparaison avec Fauve est forcée et évidente. Taulard a ce côté un peu brut de décofrage dans ce qui est dit, le parlé, quelque chose de très honnête dans la désillusion non surjouée d’une génération pas plus paumée que celle d’avant, mais à laquelle sans doute, on demande un peu trop. « Je suis dans une impasse qu’il m’est difficile de surmonter », « ils buvaient pour oublier ce qui leur a fait péter un plomb », « soldats français, soldats bourrés », « je me veux celui qui boit, celui qui dort, qui comate et qui trébuche sur l’alignement des corps », « s’abandonner à la nuit parce que bon maintenant il est trop tard », autant de paroles brutes et innocentes qu’on aurait pu entendre il y a dix, vingt ans ; dans les textes de Warrior Kids, The Herberts ou encore Lanterne Rouge par exemple ? Par exemple oui.

Ce qui change tout ici, et ce qui fait la différence avec Fauve c’est qu’on s’éloigne un peu du punk d’hier pour sentir quelque chose de plus doux et popé dans leur jeunesse. Il y a quelque chose de juvénile, oui, dans l’excitation de la basse et les éclatements de voix un peu titubant, quelque chose qui tend à un monde meilleur ? Dans des mots simples, c’est ce que l’on croit entendre, oui, quand on branche Aux Abords du lycée.

“Je n’ai plus envie d’attendre, mon coeur bat je sais pas pourquoi ton nom est gravé dans la roche, quand est-ce que tu reviendras ? Je t’aimais mais jt’ai pas respectée, quand est-ce qu’on se reverra ? ». Et là on se repasse le film de ses jeunes années. Quand les filles plaisaient. Que les garçons jouaient. Et que l’on se blessait déjà beaucoup. Avec nos maladresses d’enfants qui se voulaient déjà adultes.

Frankreich Katastrophe, leur premier EP sorti en 2012, plus sombre peut-être, dégageait déjà cet énervement bucolique des mélopées du clavier. Et la guitare. La guitare, parlons-en, parce qu’il n’y en a pas. Surprenant. Joe Strummer doit s’en retourner dans sa tombe. Les Cranberries ont réussi à vomir plusieurs tubes en trois accords. Taulard réussi à faire du synthépunk qui fait pleurer en trois instruments : basse, batterie, synthé. Un « synthé à 15 balles » même revendiquent toujours Josselin, Jérôme et les deux Nico. Bref, notre coup de coeur de la semaine, un groupe à suivre qui fait un peu pleurer, un groupe à aller voir jouer demain soir à Montreuil à l’occasion de la septième édition des soirées « Chanson Française dégénérée ».

Adeline

Adeline

Caution musicale de la team et rédactrice en chef du mag Heeboo, Adeline est amatrice de sonorités brutes et de soirées sans façons. Elle aime : le bleu / ponctuer ses interventions de points / râler. Ses soirées à elle (et à tout le monde) : Sneaky Sneaky.

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5 Comments

  1. timide says:

    adieu elmer foot beat, bonjour taulard !

  2. June says:

    Euh okay bon article. MAIS QU’EST-CE QU’IL FOUT LÀ??! On pourrait croire que les groupes de meufs ça manque.

  3. June, parce que les filles n’écoutent pas que des groupes de filles, et que parfois ça fait du bien des gentils garçons qui chantent de belles choses sensibles :)

  4. Maguy says:

    Hého , qu’est ce qu’il fout là cet article ?! Ben parce que c’est une jolie découverte et qu’il faut partager ça, ici ou ailleurs . Parce que faut pas se leurrer non plus hein. Y’a pas que des lesbiennes qui surfent ici, des hétéros aussi et même des mecs ! Ne nous enfermons pas, pitié, dans le cliché des Harpies-Féministes-Lesbiennes qui détestent le genre masculin tout entier et qui rêvent de vivre dans un monde peuplé uniquement par les meufs ! C’est un chouette article … Qui a sa place ici :)

  5. barbara says:

    par contre on dit “synth-punk” et pas “synthépunk”.

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