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Le “Party Monster” Michael Alig bientôt libre

Michael Alig, l’icône des nuits new-yorkaises des nineties et créateur des soirées Club Kids, est sur le point de sortir de prison. Après 17 ans passés derrière les barreaux pour le meurtre de son ami et dealer André “Angel” Melendez, il devrait être libéré le 5 mai prochain. Retour sur un parcours “absolutely outrageous”.

A la fin des années 80, un groupe de jeunes créatures extravagantes fait son entrée dans la nuit new-yorkaise. Costumes étourdissants, plate-formes boots, silhouettes hallucinées et délires au goût de stupéfiants ; on les appelle les Club Kids. Ils dorment le jour et dansent la nuit, improvisent des fêtes dans le métro, des fast-food, et font rimer clubbing avec kétamine. Leur leader, Michael Alig, naïf mais non pas moins visionnaire, rêve d’un monde où pourraient se retrouver les marginaux, les inadaptés, les gens différents. Son ambition : régner sur la nuit new-yorkaise.

Originaire d’une bourgade paumée de l’Indiana, Michael arrive à N-Y au début des années 80 pour poursuivre des études à l’Université jésuite de Fordham. Mais il déserte rapidement les bancs de l’enseignement catholique pour devenir plongeur au Danceteria. C’est sa rencontre avec James St. James qui va changer la donne. Ce socialite, figure de la scène underground et pique-assiette averti, va ouvrir son réseau à Alig et lui donner l’opportunité de lancer ses soirées.

C’est grâce à lui qu’Alig rencontre Peter Gatien, le propriétaire du célèbre Limelight. A l’époque, le club n’est encore qu’une boîte de nuit méconnue passant de la disco. Michael va y faire entrer la house music en lançant ses soirées ironiquement intitulées “Disco 2000″.

Le phénomène prend rapidement de l’ampleur. Les soirées deviennent incontournables et les Club Kids commencent leur ascension vers la gloire. Les interviews se multiplient, à la télévision et dans la presse. De plus en plus de jeunes américains rejoignent N-Y dans l’espoir de faire partie du cercle.

Michael Alig et les Club Kids invités au “Donahue Circa” en 1993.

Mais tout n’est pas si “fabulous”. En 1996, l’un des amis de Michael, Angel Melendez, est retrouvé mort dans une boîte à Staten Island. Enfin, son torse est retrouvé, car le corps, démembré, a été éparpillé aux quatre coins de la ville.

L’histoire n’aurait pas pu être plus glauque. Angel Melendez travaillait au Limelight avant que le club ne soit fermé par les agents fédéraux. Fauché, il déménage dans l’appartement de Michael Alig et commence à vendre de la drogue. L’addiction de Michael n’est un secret pour personne. Tout y passe : ecstasy, héroïne et surtout Spécial K, sa drogue favorite, un tranquillisant médical pour animaux. Une dépendance qui coûte cher. Alig s’endette donc auprès d’Angel. Le 17 mars 1996, ce dernier arrive à l’appartement avec la ferme intention de récupérer son argent. Considérablement affectés par la prise de substances, Alig et son ami Robert Riggs, surnommé “Freeze”, tuent Angel après une dispute. Michael Alig a longtemps affirmé avoir été trop “high” pour se rappeler distinctement les événements. C’est Riggs qui confessera plus tard à la police:

” C’était un dimanche,  j’étais à la maison quand j’ai commencé à entendre Michael Alig et Angel Melendez se disputer. Leurs voies se faisaient de plus en plus fortes. J’ai ouvert la porte et je me suis dirigé vers l’autre chambre… En entrant, Micheal Alig m’a hurlé : “Aide moi ! Débarrasse moi de lui”. Angel avait commencé à le frapper et l’avait balancé contre le mur. Il criait : “T’as intérêt à me rendre mon fric ou je te brise le cou” … J’ai pris le marteau et j’ai frappé Angel à la tête”

Riggs aurait ensuite, frappé Melendez trois fois à la tête. Puis Alig aurait saisi un oreiller pour l’étouffer. La suite de l’histoire est presque trop sordide pour être vraie. Les meurtriers se munissent d’une seringue et décident d’injecter du Drano (l’équivalent du Destop, un déboucheur de canalisations) dans la gorge de Melendez, inconscient. Mais comme les deux comparses ne savent pas quoi faire du corps, ils remplissent la baignoire de glaçons et cachent le corps dedans. Au bout de quelques jours, l’odeur se fait trop forte et il faut agir. Alig s’octroie un shoot d’héroïne et coupe le corps en trois. Le jambes partent à la poubelle, le torse dans la rivière Hudson.

Angel Melendez dans son costume de scène

Visiblement peu concernée par le meurtre d’un dealer de drogue colombien, la police de N-Y mettra des mois à interroger Michael Alig, malgré les rumeurs qui l’accablent. A l’automne 96, un torse est retrouvé à Staten Island et identifié comme étant celui de Melendez. Alig fuit à Denver mais est rapidement retrouvé par la police. Il avoue alors son crime et est condamné à 20 ans de réclusion.

Les confessions de Michael Alig donneront à James St. James l’impulsion pour écrire un livre, Disco Bloodbath: A Fabulous But True Tale of Murder in Clubland, qui inspirera le film Party Monster de Fenton Bailey et Randy Barbato avec Macaulay Culkin.

Money, Success, Fame, Glamour, la chanson de la bande originale du film Party Monster

Dans une interview donnée à Steve Lewis le 19 avril dernier, Michael Alig affirmait qu’il ne mettrait plus jamais les pieds dans un club. Après 17 ans de prison et une désintoxication forcée, laissera-t-il derrière lui le “Party Monster” ?

Lubna

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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