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Léonie Pernet : « La scène est ma force première »

On oublie pas facilement un aussi bon coup de baguette. Créatrice des soirées Corps vs Machine, ancienne batteuse de Yuksek et complice à la scène des Scratch Massive, elle a le charisme rare de l’artiste qui se donne à sa musique, du doigt de pied à la pointe du cheveu, dans ses déchaînements de batterie et ses douceurs de clavier. Une extrême sensibilité qui fascine par sa simplicité.

Elle sortait la semaine dernière son premier clip, Two Of Us. L’EP du même nom, produit sur le célèbre label kill the dj, sera dans les bacs au sortir du weekend. Une chose est sûre, Léonie Pernet n’a pas fini de fasciner et il était bien naturel de la retrouver sur le line-up de la soirée des 10 ans, samedi 26 avril !

BBX : La sortie de cet EP, c’est l’aboutissement de plusieurs années de travail. Stressée ?

Léonie Pernet : L’aboutissement non, ce serait avoir une vue et des envies à très court terme, mais je suis contente, voire soulagée que ma musique soit dehors pour la première fois. Stressée ? Je l’étais oui, avant que le clip de Two of Us ne sorte, mais pour l’instant j’ai plutôt de bons retours alors je suis plus confiante pour la suite.

De quoi parle la chanson Two Of Us ?

De différentes choses, il y a plusieurs parties très distinctes dans le morceau. Il y a beaucoup d’urgence, d’intensité, mais après cette course plutôt effrénée c’est sur un constat assez mélancolique qu’on finit, avec le piano-voix.

Sur scène on a l’impression que tu mets toutes tes tripes dans ta prestation. Tu t’en rends compte ?

Je ne suis pas encore arrivée là où je veux être sur le live, ça commence seulement à être bien pour moi. Mais oui la scène est un espace que j’adore, j’ai envie de m’y développer, de m’y épanouir, la scène est ma force première je crois.

Il y a un morceau qui te met le plus à nu sur scène ?

Il y en a plusieurs étant donné que je suis seule, mais peut-être plus particulièrement sur Mister A, oui.

La batterie est ton premier amour. Pourquoi ne pas avoir choisi d’évoluer avec un groupe ?

Oui j’ai démarré la musique avec la batterie quand j’étais enfant, j’en rêvais. J’ai commencé le piano ensuite mais je me suis toujours plus vue en solo que dans un groupe. Une histoire de caractère je crois… et puis j’étais enfant unique pendant longtemps, ça a du jouer ! Cela dit j’ai joué en tant que batteuse avec Yuksek, et aussi Scratch Massive, et j’y ai pris beaucoup de plaisir.

Ton label, kill the dj, c’était une évidence non ?

Oui. Je rêvais de signer là-bas, j’avais rencontré Fany et Ivan Smagghe aux Corps vs Machine, je les avais invités à y jouer, et puis ensuite mon manager leur a envoyé mes maquettes et voilà, ça c’est fait comme ça, assez facilement.

Il y a des artistes chez kill the dj dont tu es un peu “fan” ?

J’étais très “fan” de Chloé & Ivan. Il y a aussi des tracks de l’album d’Issakidis que j’adore et C.A.R, qui fait une super musique et qui a un super live !

Certains te comparent à Radiohead, ou encore à Gainsbourg, tu penses quoi de ce genre de comparaisons ?

J’ai entendu peu de comparaisons pour l’instant, Radiohead ça m’a fait hyper plaisir parce que je suis fan, mais sinon ce qui est flatteur n’est pas forcément justifié…

Tu mixes pour les 10 ans de BBX samedi, ce n’est pas la première fois que tu es invitée à jouer à la Wet. Tu penses quoi de l’évolution du collectif/de la soirée ?

Je traînais aux Clitorise il y a 7 ans, ensuite aux Barbieturix, puis aux Wet. C’est un collectif que je suis depuis longtemps et dont je suis proche, Bbx n’a cessé de grandir et a fait un super chemin, félicitations les filles !!

Toi qui as créé les soirées Corps vs Machine, tu penses quoi des gens qui considèrent les soirées filles comme des ghettos ?

Je n’ai pas l’impression que les soirées se ghettoïsent, en même temps je sors moins. En fait, je crois qu’on devrait sortir de ce genre de débat, c’est stérile, et ça ne fait pas avancer grand-chose !

Certains disent aussi qu’il n’y a que dans les soirées “filles” que la musique est bonne…

Disons qu’il y a quelques années tu avais moins de chances d’entendre de la house filtrée que de la minimale dans les soirées filles à Paris, ce qui pour certain-e-s est un gage de qualité et je peux le comprendre, après il ne faut pas dire qu’il n’y a que dans les soirées filles que la musique est bonne. On s’en fout de tout ca, il ne faut pas rester dans ces pseudo-analyses nazes et clivantes, vraiment pas !

 

Propos recueillis par Adeline

photo : Chill O.

Adeline

Caution musicale de la team et rédactrice en chef du mag Heeboo, Adeline est amatrice de sonorités brutes et de soirées sans façons. Elle aime : le bleu / ponctuer ses interventions de points / râler. Ses soirées à elle (et à tout le monde) : Sneaky Sneaky.

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One Comment

  1. timide says:

    “ce qui est flatteur n’est pas forcément justifié…”

    mumm ! c’est bien répondu.

    j’avais trouvé son “mix pour tous” touchant. J’ai trouvé qu’il donnait une voix artistique originale “au milieu”, cela au moment où tout le monde s’activait avec acharnement dans des formes de provocation violente et inouïe.

    Et mettre de l’électro en avant par un hommage à C.Taubira ( si c’est un hommage !) C.T qui a un grain de voix si particulier et qui a donné de la voix “pour tous” à l’endroit de la justice.

    bref, timide est dans une curiosité certaine : celle de découvrir le set live de L.P à la prochaine wfm. :-)

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