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Agression : comment réagir ?

Il y a quelques mois, je rentrais chez moi. Il devait être minuit. Quartier fêtard, toujours bondé, groupes de gens ivres, musique. Je traverse un passage piéton au moment où une voiture essaye de se garer. Elle manque de me heurter. Je pose la main sur la vitre arrière et fais un signe au chauffeur avant de continuer ma route. Cela aurait pu s’arrêter là.

Mais cinq hommes sont sortis de la voiture et ont commencé à m’insulter. J’ai répliqué qu’ils avaient failli me percuter. Ils ne voulaient rien entendre, j’avais touché à la voiture, LEUR VOITURE, j’étais impardonnable. L’un d’entre eux a commencé à me traiter de « salope », je lui ai répondu qu’il n’avait aucun droit de me parler sur ce ton et j’ai tourné les talons. Mais il m’a rattrapée et tout en continuant ses « connasse, salope, mal baisée » ; il m’a tordu le poignet. Ses amis l’ont rejoint, j’ai hurlé de toutes mes forces. J’ai vu rouge et j’ai commis une erreur : les injurier à mon tour de tous les noms. Je voulais me défendre, montrer que je n’étais pas faible, qu’on ne pouvait pas disposer de moi comme on l’entendait, que je n’avais pas peur. La tension est montée d’un cran, j’ai reçu un coup de poing dans le ventre mais j’ai continué à m’époumoner d’une voix perçante. Alerté par le bruit, un groupe de gens est arrivé et à leur vue, les cinq hommes sont partis, tout en sifflant des « putain t’aurais bien mérité un coup d’queue ». Cependant une fois seule, personne n’est venu s’enquérir de mes blessures. Le lendemain, je me suis rendue chez le médecin et j’ai eu le poignet immobilisé. Mes amies m’ont encouragé à porter plainte contre X.

Ce genre de situation peut arriver à tout le monde. Mais on ne sait jamais comment réagir, comment gérer l’après, quelles formalités médicales ou juridiques entreprendre et quels recours s’offrent à nous. Voici donc un petit guide en cas d’agression à caractère sexiste, homo/lesbo/bi/transphobe.

Si votre état de santé ne nécessite pas une prise en charge médicale d’urgence, composez le 17 pour obtenir l’adresse du commissariat OUVERT le plus proche. Si vous êtes accompagnée et que cette personne a assisté à l’agression, elle doit venir avec vous et témoigner.

Portez plainte sans attendre. Portez plainte. Vraiment. Ce n’est pas un vain mot ou comme je peux l’entendre parfois « un signe de faiblesse » ou « se prendre la tête pour des broutilles ».

Il est possible que votre agresseur porte lui-même plainte contre vous, surtout si vous vous êtes défendue.

Racontez le déroulé des faits de la manière la plus précise possible et chronologiquement. Indiquez l’heure et l’endroit où vous vous trouviez, ce que vous faisiez, le moment où l’agresseur est apparu, son signalement, l’agression en elle-même jusqu’au moment où vous avez pu appeler la police.

Mentionnez la présence (ou non) de témoins et leurs réactions.

Précisez votre comportement lors de l’agression. N’ayez pas peur de dire que vous avez résisté et comment.

Relatez le comportement et les paroles de l’agresseur.

Insistez fortement sur le caractère sexiste, homo/lesbo/bi/transphobe de l’agression.

En cas de doute, mentionnez-le « Je ne sais plus s’il m’a porté un coup au ventre ou à la poitrine. », cependant restez ferme « Mais il m’a frappée ».

Si vous avez de légères blessures, demandez s’il est possible de faire des photographies sur place. Sinon n’hésitez pas à les prendre vous-même, avec un téléphone/appareil photo/webcam…

Demandez OBLIGATOIREMENT à être examinée par l’Unité Médico-Judiciaire même sans blessures apparentes. Cet examen permet de constater les dommages physiques ET psychologiques. En fonction de ces dernières, le médecin pourra vous prescrire des jours d’Interruption Temporaire de Travail. Ce rapport est extrêmement important si un dossier est constitué. Demandez-en une copie.

Si votre agresseur est retrouvé, on vous demandera soit de l’identifier sur papier soit en personne. A nouveau, si vous avez des doutes ou n’arrivez pas à identifier formellement votre agresseur, dites-le clairement « Il faisait noir, je n’ai pas bien vu / tout s’est déroulé si vite / il m’a prise par surprise ».

En règle générale, essayez de venir accompagnée. Un soutien est extrêmement précieux dans ce type de situation où les procédures sont souvent longues et éprouvantes.

Enfin, si vous vous sentez de le faire, rapportez votre agression sur les réseaux sociaux, photographies à l’appui. Il est important de libérer la parole et d’encourager les victimes à entreprendre les démarches nécessaires dans de tels cas. Seulement, gardez à l’esprit que les réactions/commentaires face à ces témoignages sont bien souvent violents et insultants.

Mais il est temps que la honte change de camp.

Julia.

 

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7 Comments

  1. timide says:

    @ barbi(e)turix,

    en tant que lectrice “relativement” régulière sur bbx, j’aurais préféré un débat sur ce qui est arrivé à D. de la Mutinerie, parce que les articles “fan fictions”, c bien gentil mais ça mène nulle part.

    #2pôa2m’zures
    #egoïsmegouinesk
    #ckiant

  2. apollodore says:

    hum ça ne mène pas nulle part sa peut aider “d’avoir du vécue” (je trouve sa amère de dire sa” …

  3. Artemisia.g says:

    D’abord merci pour ton témoignage qui ajoute une pierre à l’édifice. C’est très violent ce que tu as vécu et tu ne dois surtout pas te sentir coupable d’avoir rétorqué par des insultes. Dans une telle situation, quoi de plus normal que d’être en rage? Tu n’as pas à ta justifier.

  4. Artemisia.g says:

    Par ailleurs je trouve extrêmement déplacé de faire de la concurrence des agressions. Il n’y a pas d’agression qui”mérite” plus d’être publicisée que d’autres. c’est toutes les agressions sexistes, lesbophobes, racistes qui doivent être dénoncées.

  5. moN says:

    Je ne vois pas où est le caractère sexiste de l’agression dans l’exemple… encore moins homo/lesbo/bi/transphobe.

  6. laura says:

    Très bon article. Merci.

  7. Ologo says:

    1, tourner le dos. Vous vous souvenez du “marches en face des voitures et non de dos de vos parents…” deux vous arrêter, ne jamais s’arrêter en situation de risque… parler en marchant et en regardant derrière toi. Troisième de répondre à la provocation . Quatrième cherché à s’expliquer en supériorité numérique, une contre cinq gars. Cinquième resté seul. Jamais. J’espère que vous aller mieux… un ancien gendarme

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