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Noor questionne le genre au Pakistan

Vainqueur du Grand Prix à la dernière édition du Festival Chéries-Chéris, le film Noor sort en salles le 23 avril prochain.

Noor vient de quitter les Khusras, une communauté transgenre du Pakistan. Son rêve : avoir une moustache et trouver l’amour avec une femme. Un jour, un vieux sage, Maître Baba lui parle de l’existence d’un lac où vivent des fées et dans lequel tous les vœux sont exaucés. Noor entreprend alors un périple pour le rejoindre…

Sur la route, ce n’est pas lui-même qu’il recherche, mais une femme avec qui partager du temps. Le temps d’ailleurs, dont on perd facilement la notion. Combien de temps passe-t-il sur la route ? Quelques jours, quelques semaines ou bien alors des mois ? Le temps s’écoule mais reste flou, tout comme son identité de genre. Et c’est bien là le propos des réalisateurs Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti. Noor n’est pas à la recherche de sa propre identité, il est à la recherche d’une personne qui l’acceptera tel qu’il est.

Ce film est bien loin de ce qu’on a l’habitude de voir au cinéma. Déjà parce que le Pakistan de s’exporte que très rarement dans nos salles de cinéma, mais aussi parce que le traitement de la question du genre est culturellement différente et donc inédite. La quête de Noor est une quête de l’autre, d’un “vouloir-être-deux”, de temps partagé avec une autre personne. Il n’y a pas de propos principal dans ce film. Noor n’est pas là pour représenter la communauté transgrenre du Pakistan. Il est là pour lui-même. Mais Noor est imberbe, et dans sa quête, c’est à la quesion “qu’est-ce qu’être un homme?” que l’on a envie de répondre. Une question qui reste sans réponse parce que ce qu’il cherche vraiment, c’est ce que la plupart d’entre nous recherchons : une ou des personnes avec qui partager du temps. Parce que cette identité finalement, qui se confronte à l’autre, est toujours mouvante.

Le film traverse non seulement un temps qui n’est pas défini mais aussi des paysages sublimes, infinis dans l’espace. Le Pakistan est filmé avec grâce et onirisme. La musique ancre le film dans une région précise du monde qui donne à ce film plein de poésie, beaucoup de réalisme.

Noor de Cagla Zencirci et Guillaume Giovanetti, 1h18, France/Pakistan/Turquie – Sortie le 23 avril

Sarah

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