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Linkoban, la lady vengeance du hip-hop

Linkoban. Moitié danoise, un quart chinois, un quart viet, est le genre de fille qui va au bout des choses. Avec ses deux titres Oh Oh et Like This, elle s’impose sur la scène mondiale en femme forte, un peu dingue, au parler franc et à l’esthétique mesurée à la loupe. Une femme que le star-system hollywoodien n’intéresse pas. Miracle. À l’occasion de la soirée de clôture de la 17e édition des Femmes s’en Mêlent, Linkoban introduira la Machine du Moulin Rouge au.. grime. C’est ce soir. Il va faire chaud, il va faire fou. Rencontre.

Tu peux nous en dire plus sur la chanson Oh Oh ?

C’est une chanson sur l’obsession amoureuse. Comment on passe de l’état d’une personne douée de raison à celui d’une loque obsessionnelle et possessive, qui se met à checker son téléphone toutes les deux minutes, à espionner l’autre sur Internet, ou à tout faire en sorte pour correspondre à quelqu’un, quoi qu’il en coûte. Je me suis souvenue de ces moments où j’avais le coeur brisé et ce qui me revient le plus c’est cet état obsessionnel d’aveuglement total. Ton besoin d’attention et de sécurité dans ta relation t’empêche parfois de voir que cette même relation est mauvaise pour toi. Et le jour où tu réalises que le mec est un enfoiré, tu te réveilles et tu te sens bête. Oh Oh c’est en quelque sorte une manière de dire “Et merde, encore ?”.

Il paraît que tu as joué en Chine, mais pas forcément très légalement…

En fait, je devais jouer lors d’un festival à Pékin. Quelques jours avant le concert, je reçois un email du Ministère de la Culture chinois me signifiant que plusieurs de mes chansons avaient été censurées et que du coup, je ne pourrai pas me produire en live. J’avais déjà tout préparé, je me suis dit que c’était du gâchis de ne pas y aller quand même. On avait les billets. On était tous prêts. On a pris l’avion, mais on a seulement joué dans de plus petits concerts.

Tu as le sentiment que tes origines jouent sur ta musique ? D’ailleurs, tu es danoise et…

Moitié danoise, un quart chinoise et un quart vietnamienne pour être précis. Je pense que c’est quelque chose qui influence ma musique de plusieurs manières. En Asie du Sud-Est, on a des métaphores, des images tellement imaginatives et pertinentes pour parler des choses de la vie…J’ai été élevée de cette manière. Et d’un autre côté, les Danois, sont très pragmatiques, il disent les choses comme elles sont. Du coup, dans ma musique, je travaille avec les deux cultures et le mélange est intéressant.

Et le rap, ça t’est venu comment ?

J’ai toujours aimé écrire, mais je n’en avais jamais rien fait. Puis ça s’est accumulé sur mon disque dur. Et au bout d’un moment, je me suis sentie prête à le partager. Maintenant, je ne pensais pas que qui que ce soit s’y serait intéressé. J’avais enregistré mes sons sur ce logiciel horrible, Garegeband. J’ai travaillé et encore travaillé. J’ai fini par me décider à quitter mon job et à m’installer à Londres pour réellement tenter ma chance. Là-bas, tout est tellement progressif, la musique, la mode, l’Art, la façon de vivre. C’est immédiatement devenu une source d’inspiration importante pour moi.

Quelles sont tes premières sources d’inspirations ?

Oui. Tu sais, j’ai grandi en écoutant de la musique assez commerciale : Michael Jackson, les Spice Girls, Vengaboys, ce genre de trucs. Puis un jour, je crois que j’avais 8 ans, mon frère m’a fait écouter ce chanteur de reggae canadien, Snow. C’est là que je me suis ouverte au monde du rap et de la musique plus “alternative”. Plus tard, je suis tombée dans le grime (ndlr. courant ayant émergé à Londres dans les années 2000 inspiré par le garage anglais, la drum&bass, le hip-hop et la dance) et le dubstep, en écoutant des mecs comme Wiley, Skepta, Dizzee Rascal, N-Dubz. C’est grâce à eux que j’ai commencé à rapper.

Le média Bandit, ainsi que le photographe danois Casper Lundemann t’avaient suivie pendant quelque temps lors du Roskilde Festival pour un documentaire. C’était comment ?

En fait, c’était mon premier gros concert, je n’avais jamais fait un truc pareil avant. J’étais dans un état de nerfs ! Heureusement que je connaissais bien l’équipe de Bandit, du coup, les avoir autour de m’a pas dérangée du tout. Au bout d’un moment ils faisaient partie des murs. Je suis ravie du documentaire. C’est un reflet fidèle de ce que j’ai pu ressentir avant, pendant et après le concert. Quand je serai vieille, je montrerai ce film à mes petits-enfants et ils réaliseront à quel point leur grand-mère déchirait tout.

La chanson Like This, c’est le début de la célébrité pour toi, non ?

Haha, peut-être, je n’avais pas en tête de devenir célèbre à la base. De nos jours, n’importe qui peut devenir célèbre. Tout dépend de ce pour quoi tu deviens célèbre, selon moi. Je fais ce métier car j’aime le processus de création de la musique, puis j’adore être sur scène. Le star-system hollywoodien ne m’intéresse pas. La seule chose qui compte, c’est de faire de la musique et si je dois devenir connue, ce ne sera que grâce aux gens qui apprécient ma musique. La chose la plus importante pour moi dans la vie c’est d’être heureux, être proche de mes ami(e)s, de ma famille et avoir un travail qui me fait m’épanouir.

Bon, et donner un concert dans le cadre des Femmes S’en Mêlent, ça te fait quoi ?

C’est la première fois que je joue en France, je suis super contente de faire ces deux lives, à Grenoble et à Paris. J’espère que la France est bien prête !

Il y a un truc que tu aimerais dire aux français, d’ailleurs ?

Le monde appelle fous ceux qui ne sont pas fous de la folie commune. (ndlr. Madame Roland).

 

On vous donne donc rendez-vous pour ce qui s’annonce être un des grands moments musical de cette clôture de festival…

Plus d’infos ICI.

 

Adeline

 

Adeline

Caution musicale de la team et rédactrice en chef du mag Heeboo, Adeline est amatrice de sonorités brutes et de soirées sans façons. Elle aime : le bleu / ponctuer ses interventions de points / râler. Ses soirées à elle (et à tout le monde) : Sneaky Sneaky.

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3 Comments

  1. timide says:

    omg ! freaky people ! in the box, c absolument génial !

    @ A.

    des félicitations multiples pour cette intv. je suis persuadée que les artistes apprécient être intv par des journalistes qui connaissent leurs parcours.

    cela donne envie de voir et entendre ces mêmes intv en vidéo finalement pour mieux se rendre compte de la présence de ceux qui sont intv : leur accent, leur manière de se présenter, de se mouvoir… (ce qui permet de se faire une idée réelle de ce qu’ils représentent à travers leur musique.)

    merci dans les cas.

  2. Merci Timide, également, pour tes remarques qui me donnent toujours le sourire ! :)

  3. Annabel says:

    Je sais pas s’il faut actualiser l’article mais malheureusement Linkoban est partie de ce monde il y a quelques semaines… RIP

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