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Municipales : Tour de France des candidat-e-s friendly

Le premier tour des municipales a lieu dans moins d’une semaine. Quid des questions LGBT dans les programmes de campagne des listes en présence ? Petit tour de France des candidat-e-s friendly… ou pas.

Commençons par Paris où les dés sont jetés depuis un bon moment tant l’issue du scrutin au soir du premier tour ne fait aucun doute. Le maire sera une femme, c’est presque une certitude. Une nouvelle réjouissante à ceci près qu’en matière d’égalité des droits, Anne Hidalgo a un train d’avance. D’abord parce qu’en tant que députée de la 4ème circonscription de l’Essonne, Nathalie Kosciusko-Morizet a fait le choix de l’abstention quand elle aurait pu prendre un revers plus franc par rapport à l’écrasante majorité de sa formation politique lors des débats sur le mariage et l’adoption. Ensuite, parce que la candidate socialiste, elle, s’est désolidarisée de son camp en affichant clairement sa position quant à l’ultime rétropédalage de la majorité. Au micro d’Europe 1, elle a récemment déclaré : « Sur la PMA, j’ai une position qui est très claire depuis le début : c’est l’égalité jusqu’au bout. La PMA doit permettre aux couples de femmes de pouvoir accéder à la maternité. Je serai d’avis d’y aller mais en même temps, il faut une majorité à l’Assemblée nationale, et je ne suis pas parlementaire. Je ne donne que mon point de vue. Au PS parisien, on a toujours été en pointe sur toutes ces questions de société.”

Bien sûr, avant le face à face, il y a un premier tour à jouer. Sans surprises, comme l’a souligné l’Inter-LGBT à l’issue de sa dernière conférence de presse, les programmes d’Anne Hidalgo (PS), de Christophe Najdovski (EELV)  et de Daniel Simonet (Front de gauche) sont jugés « les plus compatibles » avec les propositions émises par l’inter-associative pour agir en faveur de l’égalité des droits à un niveau local.

 À Toulouse, on aurait presque envie de décerner une mention spéciale à la liste écologiste menée par Antoine Maurice, l’un des rares candidats aux municipales à avoir fait son coming-out. D’autant plus, qu’elle compte dans ses rangs (à une position de non-éligibilité) Florence Bertocchio, ancienne administratrice d’Arc-en-ciel et militante associative transgenre qui a fait parler d’elle pour un quiproquo qui lui a valu d’être placée entre deux femmes sur la liste écologiste. Plus qu’une alternative au programme du maire sortant Pierre Cohen,  Toulouse Vert Demain  aspire à se positionner en arbitre dans le duel annoncé entre le candidat socialiste et l’UMP Jean-Luc Moudenc…

 Florence Bertocchio (EELV)

 À Marseille, 32 associations LGBT ont interpellé les candidat-e-s aux municipales en demandant  la création d’une délégation municipale de l’égalité des droits, de la diversité et de la lutte contre les discriminations. Sur la liste des engagements envoyés aux têtes de listes figurent notamment «  le soutien de la sociéte civile dans sa diversité, un meilleur accueil à l’état civil des personnes trans, la sensibilisation et l’éducation pour une meilleur évolution des mentalités, l’ouverture à la diversité par la culture ». Patrick Mennucci, tête de liste PS a affirmé que s’il obtenait le siège de maire, il ferait en sorte que Marseille devienne plus friendly . Il faut dire que ce ne serait pas un luxe :  une enquête du magazine Têtu parue en 2012 place la ville dans la queue de peloton des villes les moins friendly de France. Le candidat PS envisage entre autres la mise en place d’un centre gay et lesbien, un accès égalitaire aux crèches, écoles, logements et le lancement d’un dispositif anti-discrimination et anti-harcèlement pour les salariés municipaux.

 À propos des échéances à venir à Lyon, Rue 89 titrait récemment : Les questions LGBT, on s’en cogne ou bien ? . Et pour cause, Michel Havard (UMP – UDI) a tout bonnement ratifié la Charte des municipales promue par La Manif pour tous. Fort heureusement, cette prise de position pour le moins claire est contrebalancée par celle un brin plus friendly d’un Gérard Collomb (PS) qui s’est dit favorable à la procréation médicalement assistée pour toutes les femmes. Les écologistes (EELV) ainsi que le Front de gauche-GRAM s’ils saluent le bilan de la majorité sortante dont ils font partie expriment des désaccords de fond avec le candidat socialiste notamment sur la question des arrêtés anti-prostitution. Ils déplorent également un soutien tardif pour la PMA qu’ils jugent purement politicien.

Mal classée dans la lutte contre l’homophobie, Bordeaux, où Alain Juppé est donné gagnant est ce qu’il conviendrait d’appeler une ville un tantinet laxiste avec les extrémistes religieux. Une ville où les intégristes de la fraternité Saint-Pie-X ont droit de cité à l’église Saint-Eloi, théâtre du baptême de la fille de Dieudonné en présence de son parrain, Jean-Marie Le Pen. Voici pour le décor. Il se trouve également que sur la liste d’Alain Juppé, on retrouve le nom d’Edouard du Parc, membre fondateur de l’antenne bordelaise de la manif pour tous. Pour autant, d’après le maire UMP, rien ne sert de s’offusquer. Il a ainsi précisé : « Il y a aussi des personnes LGBT sur ma liste. À moins d’exclure les fanatiques, les pro-GPA et les homophobes, elle peut rassembler tous les Bordelais ». On notera au passage le sens de la hiérarchisation. 

Rania

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4 Comments

  1. cassandrebl says:

    Autant j’adore ma ville de Bordeaux (chauvinisme quand tu nous tiens) autant j’ai honte de notre maire en matiere de protections et de soutien aux personnes LGBTQIA

  2. Cyane says:

    Et n’oublions pas Lille avec une femme transgenre sur la liste EELV

  3. MaC says:

    À Nancy, le candidat Mathieu Klein !

  4. Bertram says:

    Et à Paris Pascale Ourbih, une tête de liste d’arrondissement trans qui porte les couleurs EELV.

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