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Free Fall, respirer de nouveau

Marc est hétérosexuel, un CRS allemand qui s’apprête à devenir papa avec sa compagne. C’était sans compter Kay qu’il rencontre lors d’une formation pour monter en grade.

Free Fall est avant toute une histoire de respiration. Celle de Marc, qui a des difficultés avec la course à pied et auquel Kay, suggère de respirer régulièrement.Toujours celle de Marc, qui se sent à l’étroit. Qui étouffe entre sa femme, ses parents qui sont aussi ses voisins et ses collègues.

Free Fall narre l’histoire connue de l’hétérosexuel qui a une fougueuse attirance pour un homosexuel, qui lui répond bien. À partir de ce moment-là, la vie du premier bascule. Obligé de se cacher de son entourage, il souffre de son secret et s’interroge sur son orientation sexuelle, complètement désorienté. Le second, quant à lui, souffre de ces cachotteries mais aussi du manque de responsabilité de l’autre face à ses sentiments. Tous deux CRS, les deux jeunes hommes ne peuvent se confier à leurs collègues de travail, gentiment voire sérieusement homophobes. Ce schéma narratif un peu classique mis en place, nous savons plus ou moins ce qui va advenir. Sa famille, sa compagne et ses collègues vont finir par découvrir la supercherie, Marc va refuser voire frapper Kay qu’il croit responsable de son attirance, ils vont se séparer, se retrouver etc. Je vous tairai la fin qui n’est pourtant pas énigmatique.

Outre un scénario un peu convenu,  Free Fall ne manque pas de joliesse et de réflexion esthétique. Plombé par son mensonge, Marc affirme “manquer d’air”. Lorsqu’il est entouré voire encerclé par sa compagne, le couple de meilleurs amis et ses parents, les scènes sont sombres, étouffantes. Les volets des pièces sont toujours à moitié fermés et les sources de lumière n’illuminent pas les lieux mais contribuent à les rendre encore plus poussiéreux, angoissants.

En revanche, lorsque Marc se retrouve en tête à tête avec Kay, la lumière éblouit leurs visages. Alors que Marc ne parvenait pas à reprendre son souffle lors de ses premières courses d’endurance, sa respiration devient régulière jusqu’à pouvoir discuter et rire en courant. Les deux hommes se voient au grand air, celui des forêts où le vert abonde. Ou encore dans l’appartement de l’amant, au dernier étage d’un immeuble, inondé de soleil. Quoiqu’un peu binaire, cette opposition esthétique contribue pourtant à renforcer les sensations de Marc.

Si l’on oublie les quelques clichés sur les gays -ils baisent n’importe qui, n’importe quand/ils écoutent de la techno pourrie dans de monstrueux night-clubs/et bien sûr, ils prennent de la drogue pour s’amuser-, Free Fall demeure le portrait touchant d’un homme courageux qui perd tout mais qui peut enfin respirer librement.

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Free Fall de Stephan Lacant, 1h40, actuellement en salles.

Angie

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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