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Le Quai Bar réveille la ville rose

Samedi soir, 23h30, alors qu’un peu partout à Paris on s’apprête à rejoindre le ballet incessant d’une file noire de monde, direction la Machine, je m’apprête pour ma part, en expatriée un peu verte de rater « sa soirée » à expérimenter la fête made in Toulouse.

Disons-le clairement, et je vous vois venir, ce n’est pas du parisianisme à trois sous que de dire cela : de prime abord, l’affiche n’est pas très alléchante… Loin du « trash but class », ici, on annonce d’emblée la couleur, ce sera du rose… Du rose en pyjama party. Le concept : « 3 heures du matin, extinction des feux, le quai se transforme en dortoir pour filles avec projection de comédies romantiques… 7 heures du matin : petit déjeuner». Soit.

Le quai en question, c’est le Quai Bar, un espace de 50 m², non loin de François Verdier, l’un des quartiers les plus bobos de la ville rose. Mes a priori et moi étions partis pour une petite heure, histoire de prendre la température, interviewer la patronne et sonder deux-trois habituées. Il s’est avéré, sans vouloir donner dans le sentimentalisme mal senti que je me suis surprise à quitter le bar à 6 heures du matin. Récit.

Le premier truc qui saute aux yeux, c’est qu’ici, contrairement à certains lieux de la capitale, on ne se sent pas épiée dès qu’on bouge d’un millimètre. Ce que d’aucuns appelleraient la théorie de la « chair fraîche ». Cette fameuse théorie en vertu de laquelle toute personne qui pousse la porte d’un bar de gouines est une cible désirable potentielle, comme dirait Silya De Senz dans le multi-oscarisé Bref, j’ai été à la Wet For Me. D’ailleurs, Audrey, une habituée du Quai Bar partage ma première impression, elle qui a connu le Pulp, les filles du Pulp et les soirées du Pulp trouve en effet qu’à Paris, on vous « regarde souvent de haut en bas ».

Cela pourrait presque former un corollaire de la précédente remarque mais ce qui ressort instantanément, du moins quand on fait le tour du lieu c’est qu’ici les filles sont plus avenantes, plus ouvertes. Les conversations entre tables sont plus courantes, les gens se mélangent plus. Il règne une atmosphère d’hospitalité et de partage. Certains rétorqueraient : « c’est le Sud ». Oui mais pas que. C’est d’abord le fait d’une ambiance particulière et l’ambiance, c’est Sandra, la jeune propriétaire du bar qui s’y colle. Après avoir baroudé, en organisant des soirées dans des lieux en itinérance et avoir tenu un premier bar (Le Peu Conventionnel) Sandra s’est lancée il y a un an et demi dans l’aventure du Quai Bar. Un endroit qu’elle a voulu « moderne et mixte » en opposition à d’autres lieux de la ville rose où la clientèle plus âgée est un brin moins folichonne.

Folichon, ce n’est peut-être pas le premier terme qui m’est venu à l’esprit quand j’ai vu l’affiche de la soirée. Mais au bout du compte, moi qui étais venue « en coup de vent », je me suis dit que finalement, je resterais bien pour assister à cette fameuse soirée pyjama. Avec quelques autres, nous avons mené une fronde contre le film initialement prévu : Sex and the city. Sans commentaire. De toute façon, Sandra a très vite obtempéré puisque la dizaine de personnes restées pour la seconde partie n’avait pas l’air franchement partie pour une séance guimauve. Comme prévu donc, la projection a fini par un « Eh Joséphine, c’est à toi de tourner la bouteille. ». Les caïpi offertes par la patronne ont fait le reste. Mais ça, c’est encore une autre histoire.

Rania

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3 Comments

  1. Jeanne-Emilie says:

    trop cool…

  2. cathy says:

    Hey Rania!!
    On t’avait dit que Le Quai bar c’était familial et convivial !!!
    Maintenant, tu reviendras !!

    Bonne continuation et peu être à bientôt au Quai !!

    Cathy (grenouillère jaune ;-) )

  3. Citron says:

    Malheureusement, “Le quai bar” est le seul bar toulousain lesbien du centre ville .. on aurait aimé qu’il soit plus sympa. J’y suis allée deux fois ( oui pour ne pas rester sur ma première impression) et je ne pense malheureusement pas y retourner. On s’y ennuie ! La déco n’est franchement pas top, la musique n’en parlons pas! et les bières sont vraiment dégueux !! Et je n’ai pas ressenti l’ atmosphère d’hospitalité décrire par Rania.

    Aussi si je peux me permettre, il me semble que le quartier bobo par excellence est Saint Cyprien; Françoise Verdier n’a pour l’instant rien de bobo :)

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