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edito fanzine #17 : le 8 mars, la mixité et le clubbing

Samedi 08 mars 2014 – Journée internationale des droits des femmes

La semaine dernière, alors que je bouclais avec excitation les derniers détails de notre prochaine WET FOR ME, je reçois ce mail bien étrange :

“Bonjour, je m’appelle Simon et je vous contacte afin de savoir s’il était possible d’obtenir une accréditation photo pour la soirée de la Femme le 8 mars prochain à la Machine du Moulin Rouge ?”.

“La soirée de la Femme … ?” lui répondis-je.

Rire ou pleurer, mon coeur balance. Pourquoi suis-je si agacée par ce mail, écrit par un garçon-surement-très-sympa ? Premièrement, parce que ce garçon-surement-très-sympa n’a visiblement pas pris la peine de lire le texte de présentation de ladite soirée. C’est bien la peine de se casser la noisette, merci Simon. Deuxièmement, parce que la “soirée de la femme”, ça ne veut rien dire.

On ne fête pas les femmes comme on célèbre la fête des mères. Cette journée n’est pas un gadget, un concept, une journée de folklore pour fêter l’entité “Femme”. Symboliquement, la journée des femmes est un moyen de rappeler que beaucoup de choses restent à faire… Que les discriminations et les inégalités jalonnent notre quotidien. Et nous, BBX, essayons par cette édition un peu particulière de la WET FOR ME de faire bouger les choses à notre échelle, en oeuvrant pour donner aux filles plus de visibilité. Pour justement ne plus avoir à recevoir ce genre de mail.

Depuis que notre collectif organise des soirées, nous avons été confrontées à la question de la mixité. Barbi(e)turix s’est toujours exprimée en faveur d’une ouverture, d’un mélange, pour ne pas rester dans l’entre-soi lesbien. Pourtant, l’idéal d’une soirée où lesbiennes et garçons s’amusent ensemble peut parfois s’écorner. Parce que certains hommes continuent d’ignorer leurs privilèges, de remettre en question leur comportement. Mais lorsque la magie opère, que le dancefloor est beau …

En soirée, nous ne voulons pas avoir à jouer des coudes pour danser librement. Nous ne voulons pas avoir à nous faufiler au devant de la scène pour voir correctement. Nous attendons des garçons qu’ils prennent conscience de leurs corps plus grand ou plus large et qu’ils agissent en conséquence. En commençant par être plus attentif à la notion d’espace commun.

Car oui Messieurs, cette soirée se veut un espace privilégié pour les lesbiennes et les femmes. Parce que la société ne nous permet pas encore de disposer de la rue, de l’espace ou du dancefloor, de façon égalitaire. Alors, amis garçons, faites-nous oublier que vous êtes la première moitié de l’humanité, le combat se joue aussi avec vous.

Et toi, mon cher Simon, par cette accréditation je vous invite, toi et ton appareil photo, à venir voir par vous-même une soirée d’un genre nouveau, sans roses rouges ni offres promotionnelles. Un  premier pas vers plus de discernement ?

 

Rag

 

Edito tiré du Barbi(e)turix Fanzine #17, actuellement en distribution.

 

Rag

D.A et programmatrice des soirées Wet For Me et Barbi(e)turix, Rag manie les platines aussi bien que les mots. Twitter : @Raagg

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