Beth

César : le cinéma sort du placard

 On imagine bien Christine Boutin avoir des sueurs froides et serrer très fort son cousin de mari pour ne pas défaillir en regardant la cérémonie des César, vendredi soir. Il faut dire qu’au dessus du tapis rouge, le Rainbow flag flottait avec splendeur. 

La soirée était déjà mal partie pour Christine. Les trois films les plus nommés (et oui nominé, ça n’existe pas) étant dans l’ordre d’apparition : l’histoire d’un mec qui s’habille en Cendrillon dans sa chambre d’ado et que tout le monde croit gay (Les garçons et Guillaume, à table!), de deux meufs qui tombent follement amoureuses (pas besoin de préciser, je crois), et de types qui s’emballent dans une forêt (L’inconnu du lac).

Finalement, Guillaume Gallienne rafle tout. Cinq statuettes pour Les garçons et Guillaume, à table ! (meilleur film/acteur/premier film/montage/adaptation). Petite déception en revanche pour La vie d’Adèle qui ne décroche que le meilleur espoir féminin pour Adèle Exarchopoulos (<3). Alors que Spielberg avait affirmé que, s’il en avait le pouvoir, il décernerait au film de Kechiche un Oscar personnel, le cinéma français n’a pas choisi de renouveler l’adoubement cannois de mai dernier.

Même chose pour le sublime L’Inconnu du lac qui méritait bien mieux que le seul espoir masculin pour son néanmoins magnifique acteur principal, Pierre Deladonchamps. Belle revanche quand même pour le film  d’Alain Guiraudie qui s’était attiré les foudres de vieux cathos Versaillais criant  à l’ignominie en décelant au microscope une fellation au 50e plan sur l’affiche (c’est qui les tordus en vrai ?…)

Si côté palmarès, le « lobby elgébété » a bien fait le job, du côté de la cérémonie on a été pas mal aussi. Tout a commencé avec les multiples allusions au mariage pour tous de la maîtresse de cérémonie, Cécile de France, connue pour son rôle d’Isabelle-la-lesbienne dans la trilogie de Cédric Klapisch. Puis Beth Ditto s’en est mêlée avec une petite présentation du César de la meilleure musique, en français s’il vous plaît. Notons en passant la présence de Scarlett Johansson (cœur cœur) qui a reçu un César d’honneur. Instant sexy de la soirée.

Mais LE moment gouine de la soirée restera le « coming out »d’ Adèle Haenel (encore une Adèle, ça ne s’invente pas) en forme de déclaration d’amour en mode voix tremblante/Ellen page sort de ce corps, à Céline Sciamma, la réalisatrice de Tomboy et de La Naissance des pieuvres, ouvertement lesbienne. A ce moment là Boutin devait s’évanouir à même le parquet de son salon.

Alors moi je dis, l’an prochain, on délocalise la Wet au théâtre du Châtelet, et on met un peu d’ambiance dans cette assemblée de vieux coincés !

Margaux

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4 Comments

  1. Mo says:

    (pas Cendrillon mais Sisi…)

  2. Sam says:

    @Mo si si Cendrillon
    sinon pour Adèle apparemment c’est passé totalement inaperçu je l’ai vu/lu nulle part

  3. Madeleine says:

    C’est confirmé pour Adèle Haenel et Céline Sciamma? Parce que bon, à priori, “à Céline, parce que je l’aime” c’est assez peu ambigu mais j’voudrais bien être sûre que c’est bien de Sciamma qu’il s’agit. #teamqueercloser, je sais, je sais, c’est honteux.

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