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Majorité opprimée : le court-métrage féministe qui fait débat

Ça saute aux yeux dès les premières secondes, la rue est peuplée de femmes, elles fument sur un banc, sifflent un mec, courent le torse nu : elles sont absolument partout.

La figure d’inversion prend tout son sens quand on sait que dans notre société, ce sont les hommes qui peuplent la rue – surtout à partir d’une certaine heure-. Ce sont les hommes qui prennent le plus de place dans la rue et les transports, ce sont les hommes qui prennent le plus la parole, ce sont les hommes qui circulent le plus. On y fait rarement attention mais la rue appartient aux hommes.

Réalisé en 2010 par Eléonore Pourriat, Majorité Opprimée est un court métrage qui fait parler de lui depuis peu. Depuis, il tourne sur la toile et les critiques aussi.

On ne peut revenir sur l’intention du film : une critique de la société sexiste, comme l’explique la réalisatrice elle-même : « Fille de soixante-huitarde, j’ai été dès l’enfance sensibilisée au combat pour l’égalité des sexes. J’ai constaté en grandissant qu’être une femme n’avait pas que des avantages et que le machisme, le paternalisme, étaient présents dans tous les domaines, professionnel, privé, social. Le déclic a été quand on m’a traitée à plusieurs reprises de féministe comme si c’était une insulte alors que je ne faisais que revendiquer une égalité de traitement — et puis l’incrédulité de certaines personnes, en majorité des hommes, face à des situations d’agression verbale ou physique: “Ce n’est pas vrai, tu en rajoutes” Combien de fois ai-je entendu ça! »

L’idée de départ semble assez pertinente : inverser les rôles pour rendre compte du sexisme de la société dans laquelle on vit et surtout du traitement des femmes dans celle-ci. Cette méthode est par ailleurs souvent utilisée pour exprimer la différence de représentation des femmes dans la publicité. Inverser les sexes pour en faire jaillir tout le sexisme est, à priori quelque chose qui marche.

L’idée d’inversion des sexes lui est venue du « théâtre invisible d’Augusto Boal qui avait demandé à ses acteurs de jouer une vraie/fausse agression dans le métro afin d’observer les réactions des passagers; dans une première improvisation, l’agresseur était un homme, la victime une femme, puis les acteurs ont interverti les rôles et l’homme a pris la place de l’agressé. Les réactions des voyageurs ont été beaucoup plus vives lors de la deuxième improvisation. Pourquoi ? Parce que c’était inhabituel… J’ai donc compris que l’effet sur les spectateurs serait plus fort s’ils étaient surpris. Désireuse d’éviter le film militant rébarbatif et donneur de leçons, j’ai bouleversé les repères du spectateur pour qu’il se laisse aller à réagir émotionnellement et non intellectuellement : d’abord par le rire, parce que la première réaction au déguisement ou à l’inversion des rôles, c’est le rire, c’est marrant une fille qui jogge seins nus, c’est marrant une cagoule sur un adulte, puis un glissement progressif vers un rire plus jaune et un malaise à mesure que le héros se trouve mis en difficulté au fil de sa journée. ».

Mais pour que le propos tienne et que l’inversion des rôles soit effective, peut-être aurait-il fallut aller jusqu’au bout de l’inversion et croiser avec les autres oppressions et les autres discriminations. L’idée de départ semble pertinente mais atteint ses limites lorsque le court métrage exprime une position douteuse à l’égard de la religion musulmane.

Qu’il s’agisse d’abord de la scène où le personnage principal – un homme blanc de classe moyenne – tient un rôle paternaliste auprès du garde paternel, un homme musulman infantilisé au possible dans cette scène, voire carrément ridiculisé. Il tient trois mots : « Mais c’est la loi et puis Dieu, il me protège comme ça… ». Lorsque Pierre, le personnage principal, lui demande si ce n’est pas en trop là, le voile. Il continue avec un ton moralisateur et paternaliste parce que c’est évident, c’est à lui de le sauver, car lui sait qu’ils sont opprimés.

S’en suit la scène de l’agression, perpétrée par un gang de filles dont l’une s’appelle Samia. Dommage de perpétuer une fois de plus le cliché selon lequel ce sont les arabes qui agressent…

Eléonore Pourriat justifie cette scène en affirmant que ce n’est pas l’islam qu’elle attaquait ici mais l’extrémisme religieux. Hors, porter le voile ne fait pas seulement partie de l’extrémisme religieux mais de l’islam. Pointer spécifiquement le voile comme objet d’oppression c’est oublier les autres formes d’oppression et c’est oublier aussi que les autres religions ont leurs objets d’oppression. C’est également pointer une religion plus qu’une autre. Alors pourquoi ne pas avoir pointer du doigt une autre religion ?

« Si j’ai choisi de montrer un personnage en cagoule-niqab, c’est parce que l’intégrisme religieux me révolte, pas l’islam. J’aurais pu mettre une perruque au personnage de Nissar, mais ça aurait été moins drôle visuellement qu’une cagoule, et j’ai opté pour le ton de la comédie dans ce film.» dit-elle pour Libération.  

« Plus drôle visuellement »… Je suis personnellement peu convaincue par sa réponse mais aussi peu convaincue par le passage par la religion pour exprimer l’oppression et le patriarcat.  Les religions, toutes confondues, considèrent mal les femmes. Mais c’est parce que nous vivons dans une société patriarcale que la religion oppresse les femmes.

Outre le fait que ce court métrage peut paraître islamophobe, il perpétue aussi des clichés sur la culture du viol. Il est bien évidemment nécessaire de parler du harcèlement de rue et des agressions qui y ont lieu, mais 80% des viols sont perpétrés par une personne de l’entourage de la victime. La rue n’est pas le lieu où les viols ont plus souvent lieu. Il y a toujours ce cliché d’un viol en pleine nuit dans un parking avec une femme qui porte une jupe. La plupart du temps, la victime connaît déjà l’agresseur.

Le court métrage se termine après que Pierre a porté plainte à la police. Sa femme lui  demande alors ce qu’il attendait ainsi en s’habillant de la sorte, il lui rétorque un « Tu veux que je porte une cagoule ? » comme si finalement, elle était là la différence : porter ou pas le voile. Le voile comme oppression patriarcale la plus haute. Alors que cette oppression est partout et qu’elle prend toutes les formes et qu’aucune n’est plus grave qu’une autre.

Même si, à l’image du début du court métrage, la fin est aussi plutôt bien faite : la femme de Pierre avance dans la rue pour récupérer sa voiture et l’on entend des hommes chuchoter ce que Pierre a entendu toute la journée : « T’es bonne… » etc.

Certes, inverser les sexes dans le but d’exprimer le sexisme de cette société peut sembler être une bonne méthode mais n’aurait-il pas fallu inverser dans ce cas là toutes les oppressions afin que ce soit cohérent ?

Enfin, parler de majorité opprimée alors que l’oppression des femmes est la seule qui ne se parle pas en termes de majorité/ minorité est une erreur fondamentale. L’oppression des femmes ne repose pas sur son nombre.

 

Majorité opprimée, de Éléonore Pourriat, 2010.

 

Sarah

 

Sarah

Sarah ne parle plus trop de cul ni d'amour d'ailleurs mais ses passions demeurent : féminisme, antispécisme, santé mentale et gingembre.

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22 Comments

  1. Victoria says:

    Mais quelle critique de merde (et quel chouette court métrage !)

  2. Artemisia.g says:

    Oui il y a un racisme islamophobe latent dans ce film qui nous met extrêmement mal à l’aise… Selon moi, cela détruit toutes les bonnes intentions du départ car le discours est totalement biaisé. Cette scène où le personnage principal se permet de rabaisser le garde d’enfant et de le traiter comme un sous-être m’a donnée envie de gerber… dans un contexte où les agressions islamophobes et sexistes contre les femmes voilées sont monnaie courante, on voit là une désolidarisation complète de ce que vivent les femmes musulmanes et une volonté de creuser les hiérarchies entre les femmes “libérées” selon les canons des féministes mainstream (décolleté et mini jupe) et les autres, réduites au statut de pauvres victimes sans voix. Beurk.

  3. M says:

    Purée c’était exactement ce que je me disais quand j’ai regardé ce film !
    Le gars ça m’a trop fait penser à toutes ces femmes qui subissent le patriarcat et ces contraintes tous les jours, souvent qui en font le jeu, mais qui pensent que l’oppression c’est que pour les femmes voilées. J’en croise tout le temps elles m’eneeeeeeeervent !!

  4. Momone says:

    Tellement pas d’accord avec cette critique !!
    À croire que vous n’avez rien compris au court métrage… Ou alors vous avez décidé de vous prendre pour les critiques peteux des inrocks et vous cherchez absolument la moindre petite bête pour pouvoir râler…
    Quant à la remarque sur le viol… Ça m’a légèrement outré… J’ai 2 amies qui se sont faites violer la rue dans la nuit (dont une qui a eu droit aux divers coups de couteaux en plus!!!). Alors bien-sûr, parler des viols commis dans l’entourage ça serait bien, mais c’est un COURT métrage, ça veut dire qu’on peut pas tout mettre dedans.
    J’avais même pas remarqué qu’une des agresseuses s’appelait samia (d’ailleurs m’a copine qui s’est faite violer et poignarder s’appelle Samia). J’ai pas fait attention parce qu’on s’en fout, tout simplement.
    Pour moi c’est la discrimination positive qui finit par me filer un arriere goût de racisme qui fait mal…
    Elle se serait appelé Sophie que ça m’aurait fait le même effet !
    Et puis comparer la cagoule et le voile…
    nan mais faut arrêter la paranoia là…

  5. Momone says:

    Désolée pour les fautes de frappe, j’écris avec mon téléphone qui aime le correcteur automatique… Violer la nuit dans la rue* et pas violer la rue dans la nuit

  6. Carocaro45 says:

    Bon ok, la seule religion mise en cause dans ce film est l’islam, alors qu’elles sont toutes oppressives envers les femmes. La réalisatrice aurait peut-être du ajouter une scène par une autre religion, les moyens du film sont incomplets. Mais ça n’enlève rien au message du film, et l’objectif reste le même : une grosse prise de conscience du sexisme quotidien dans des lieux publics !

  7. rabia says:

    Vous êtes sérieuses ? étant musulmanne, je n’ai pas ressenti d’islamophobie. je n’ai vu qu’une critique de la société. Tout est critiquable, même l’islam, n’en faites une chose sacrée, vous ne faites que le jeu de ceux qui brandissent l’islamophobie, la cathophobie… à tout bout de champ (coucou la manif pour tous). Si la réalisatrice avait envie de montrer une forme des nombreuses formes d’oppression de la femme, elle a eu raison. De toute façon, si elle avait mis en scène que des “babtous”, tout le monde lui serait tomber dessus car manque de réalisme avec la société actuelle… De plus, aucun personnage féminin du film n’a un rôle positif. Si seules les reubeux avaient été les méchantes, j’aurais compris votre malaise mais en l’occurrence ça n’est pas le cas. Et si l’intention du film avait été islamophobe, croyez-moi que les musulmanes sont assez grandes pour se entendre.

  8. Plume says:

    Petite remarque : en termes de critique des rapports de domination, il me semble que la plupart des thèses retiennent que la notion de majorité/minorité ne se définit pas en fonction du nombre de membres de chaque catégorie, mais de celles qui dominent et celles qui sont dominées. Les femmes, même si elles représentent la moitié plus un chouia de la population humaine, constituent en ce sens une minorité, de même par exemple que les personnes noires dans le cadre de l’apartheid.

  9. Boisjoli says:

    Merci pour cet article.
    Néanmoins, tout mon soutien pour que de nouveaux projets comme ce court métrage voient le jour, la maladresse en moins.

  10. Valentin says:

    Merci Sarah, merci de montrer à nouveau que c’est parmi nos propres rangs que l’on retrouve les critiques les plus injustes, infondées et colporteuses de mensonges. Parfait pour donner du poids à tous ceux qui défendent leurs “droits” d’homme blanc hétérosexuel de classe supérieure. Vous aviez des doutes sur l’intention du film, la réalisatrice à répondu.

    Allez vomir vos “articles” de blog ailleurs et projetez vos angoisses islamophobes sur quelqu’un d’autre DEUX POINTS probablement vous même POINT

  11. A says:

    Il craint ce film !!
    Ou comment stigmatiser les femmes qui portent le foulard,
    et tirer un profil des agresseurs comme étant : musulman, ou marginalisé (SDF, sous stup’), ou des “quartiers” (donc racisés)…
    Et l’agressé.e : une personne blanche hétéro de classe moyenne/sup… (la personne bien quoi).
    Beurk

  12. ED says:

    Bonjour à tous;
    J’ai vu le court métrage (que j’ai adoré) et me permets de commenter cet article que je trouve … extrêmement puéril – comme d’ailleurs beaucoup de français et d’occidentaux d’une façon générale -, ainsi que les commentaires très fantaisistes!

    Tout d’abord, je suis moi même d’origine maghrébine, de plus, j’ai vécu au Maghreb et connais très bien l’islam… En France, si ce n’ai pas un(e) fanatique religieux(euse) qui réagit à un commentaire sur l’islam (qui n’est en rien compatible avec l’occident, je vous le garantie), ou des psychopathes ayant le délire de persécution, c’est une bande d’imbécile qui (au nom de je ne sais quelle moralité stupide) se permettent d’intervenir, alors que (cher(e)s ami(e)s), vous êtes entrain d’enterrer votre magnifique pays, et je trouve ça très dommage

    Tout ça pour dire que je suis entièrement d’accord avec la réalisatrice qui voulait critiquer l’extrémisme (je n’ai perçu aucune phobie; tout ce qu’elle a dit est VRAI); à un moment, il faut avoir le courage de dire les choses;

    Enfin, si je voulais porter un voile, sincèrement, je repartirais au Maghreb, où les femmes qui ne portent pas le voile sont taxées de “putes” (alors que 20 ans en arrière, les voilées étaient très minoritaires, comme c’était le cas en Egypte et dans beaucoup de pays dit “musulmans”, et j’ai peur qu’un jour ça soit le cas en Europe!) — d’ailleurs, je trouve très amusant et stupide que certaines personnes me disent “je suis français parce que je suis né en France”, alors que ces même personnes sont physiquement ici, mais ont l’esprit bien au delà des frontière et n’ont strictement rien à voir avec ce pays!

    Sur ce…

  13. Saga says:

    Nous avons discuté de ce court métrage avec ma prof de psycho social et on en est plus ou moins arrivé à la conclusion que le message était là, mais la question de l’islam mais aussi de la police ont été abordé de manière un petit peu maladroite.

    Je n’irai pas jusqu’à parler d’islamophobie, mais il est vrai que combattre des stéréotypes par d’autres, c’est moyen. Le petit soucis c’est que le message de base peut se retrouver éclipsé par ces représentations plutôt négatives de ces deux groupes. Le film aurait été autant, voire plus percutant s’il s’en était arrêté à un cadre un peu plus tranche de vie. Pas besoin de faire du sensationnel, personnellement, juste la partie avec la concierge de l’immeuble suffisait à me faire réagir.

  14. Lisou says:

    Bonjour,

    Justement je trouve ça intéressant de mettre en relief le fait qu’une personne fait la morale à l’autre qui est voilée, oppressée à ces yeux, lui dit de s’affirmer alors qu’elle même peut l’être sans s’en rendre compte. Beaucoup de personnes (entre autres les femmes) sont dominées, ne sont pas lucides sur cette situation et regarde d’autres formes de domination avec (ou sans) compassion et révolte.
    Affirmons nous. Bonne continuation à toutes et tous

  15. Lisou says:

    pfff désolée pour toutes les fautes d’orthographe, vive la relecture….

  16. Cam says:

    J’aurais trouver ça parfait si je n’avais pas eu le fameux ” qu’est ce qu’elle insinue ? le voile ne peut être porter juste par conviction propre ? ” en tête.
    On a toujours des critiques à faire, on est jamais contents, mais c’est une belle démarche tout de même…Bien vu !

  17. timide says:

    en effet, remarquable ce court.
    vu au dernier cinéfable.

    bon choix et belle façon détournée de faire connaître.

  18. Jeanne-Emilie says:

    Article pertinent et juste comme d’habitude. Bravo Sarah.

  19. Loulou says:

    Bonjour,

    L’article me semble injuste et bien trop sévère.
    J’ai apprécié ce court-métrage. Drôle et nécessaire.
    Ce genre d’action est essentiel :
    - dénonciation du patriarcat
    - dénonciation des injures
    - dénonciation de l’inconscience d’être dominée.
    - …

    Vous critiquez la scène avec la garde d’enfant. Je ne comprends pas pourquoi vous criez au scandale. L’idée de la capuche est très bonne et le film montre bien que la garde d’enfant est victime de l’oppression alors que le personnage principal qui lui fait une petite leçon ne se rend même pas compte de la violence symbolique qu’elle subit chaque jour.
    Certes, il y a de la compassion (ce qui vous a énervé) mais vous n’avez pas su repérer le manque de lucidité du personnage principale sur son propre état soumis.

    A propos du le viol : Certes, 80% des viols sont perpétrés par une personne de l’entourage et on ne le dit pas assez. Mais ici, ne se trouve pas le propos du court métrage. Comme l’a dit une des lectrices, on ne peut pas tout mettre dans un court métrage. Et c’est déjà bien de témoigner sur ce type de viol qui n’est pas inexistant.
    Des choix ont été faits pour réaliser ce court-métrage : la réalisatrice a voulu montré tel genre de viol, telle expérience d’oppression, tel échange verbal. Tout ne peut pas être montré dans un court métrage.

    En ce qui concerne l’islamophobie. Je trouve qu’il y a une paranoïa dans cet article. Arrêtons de voir un «racisme islamophobe latent ». Je remercie les filles d’origine maghrébine qui en ont parlé. L’extrémiste religieux existe, c’est vrai. Venez avec moi dans le 93, merde.
    Je n’ai pas fait attention au prénom de la fille : Samia. Parce que dans mon entourage : des prénoms maghrébins, il y en. Depuis que je suis petite, autour de moi, c’est Soraya, Karim, Samir, et cie. Mais aussi Sophie, Lucie, Marie, Martin, Julien. Et encore Yu, Tan, Kunio, Liu. Même Justin et Dylan. Ca s’appelle l’école de la République et il y a de tout.
    Après, ca choque peut-être les politiquement corrects de Paris ou les petits bobos bien pensants : mais des bandes beurs qui font chier, ca existe. C’est ma réalité. Je m’y retrouve complètement.

    La réalisatrice a montré des réalités. Oui, pas toutes. Faut pas s’emporter aussi loin pour ça.

    Enfin aucun personnage n’est positif dans ce film. Le souci est global : du mari qui ne comprend rien, aux flics, en passant par les collègues de bureau et le SDF, ou par les bandes des quartiers : tous les mecs (enfin les femmes, enfin vous comprenez) sont montrés comme des dominants.

    Je trouve cela dommage et presque grave de critiquer une aussi bonne intention et ce travail pertinent.
    Si c’est imparfait, l’imperfection n’enlève rien au message du film, et l’objectif reste le même : une grosse prise de conscience du sexisme quotidien dans des lieux publics !
    C’est la finalité qui importe. A force d’analyser et d’ausculter ainsi, vous perdez le sens premier. On n’avancera à rien avec ce genre de dissection. Ce qui était acceptable dans son ensemble, vous le rendez affreux dans le détail.

    La critique est infondée et presque dangereuse.
    Et vous nous prouvez que nous sommes encore incapables de nous entendre tous ensemble vers une démarche positive pour mener un même combat contre l’oppression. Nous avons un ennemi commun, pourtant. Les gens de la « manif pour tous eux », au moins, ils savent s’unir pour nous faire chier.
    Vous, vous divisez.
    Triste.

  20. timide says:

    “Les gens de la « manif pour tous eux », au moins, ils savent s’unir pour nous faire chier.
    Vous, vous divisez.
    Triste.”

    alors ça, j’avoue que, sur barbieturix, c’est vraiment bien dit !

  21. A says:

    Je rajoute que c’est ce genre de film pourri qui perpétue la peur de la rue, surtout la nuit ! Stop ! Reprenons la rue les meufs ! Ne nous laissons plus enfermer dans nos appart alors que c’est là qu’il y a le plus de risque ! (Même si bien entendu il y a des agressions dans la rue, par des inconnus.) Il faut apprendre, non pas à être flippée de tout, mais à être prudente et à déconstruire les lieux et personnes (ami, famille, etc) qu’on a définit pour nous comme étant sûrs.
    J’en profite pour conseiller le super bouquin d’autodéfense d’Irene Zeilinger : “Non c’est non. Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire.” Très instructif sur les violences envers les femmes et notamment les peurs qu’on nous fait ingurgiter.

    Deuxième point : Le machisme, le sexisme n’ont pas de visage, lui donner celui de personnes racisées de “quartier”, c’est du racisme et du classisme ! Et c’est se mettre des œillères sur tout autre lieu et agresseur potentiels. On devrait plutôt dénoncer les violences encore trop invisibilisées ! Par exemple, ces petits cons de bourges qui violent leur potes en soirée, ou votre pote de bonne famille qui vous héberge une nuit pour que vous ne rentriez pas seule et se permet ce qu’il veut de vous… Et encore, là je parle du viol, mais bien entendu il y a de nombreuses violences sexistes (et autres) encore trop invisibilisées.

    Troisième point : le problème n’est pas de dénoncer une religion ou la soutenir, mais de stigmatiser les femmes portant le foulard, d’adopter une attitude paternaliste envers elle, et de les inférioriser (comme le fait le personnage). Je vous rappelle juste les nombreuses discriminations qu’elles vivent déjà et les violences physiques qui ont eu lieu…

    Pour conclure : L’initiative du film est bonne, il faut montrer les violences (les révéler), en revanche la réalisation est extrêmement naïve et mal réfléchie ! Et du coup malveillante comme je l’ai expliqué.
    Comme beaucoup de choses faites contre les violences envers les femmes……

  22. Plume says:

    Peut-être aussi que ce qui manque ici, comme dans une grande part du militantisme actuel, est une critique de ce qui est valorisé socialement, qui structure et reproduit cette société avec notre concours actif ; pas seulement une dénonciation des groupes sociaux qui en jouent – et se concurrencent afin de se l’approprier.

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