Punk 4 couv

Les punks féministes s’exposent (enfin) à Londres !

Des clichés inédits de punks féministes pris entre 1976 et 1977 par Karen Knorr et Olivier Richon sont exposés à Londres jusqu’au 22 février à la galerie Ibid.

Corps, visages, attitudes et styles travaillés à l’extrême, ces punks comme les autres ont su s’imposer dans les clubs Roxy ou Vortex dans le quartier Covent Garden à Londres où des chanteurs chétifs décolorés aux dents pourries hurlaient sur scène, crachaient sur le public et ne respectaient que peu de choses. Karen Knorr et Olivier Richon, alors étudiants en art à Londres ont suivi ces jeunes femmes pendant trois mois lors de leurs virées et en ont tiré de superbes portraits en noir et blanc.

 Loin de l’imagerie punk aux couleurs criardes, aux visages grimaçants, à la laideur revendiquée et au flou dû à l’agitation du mouvement, ces photographies épurées laissent à voir l’après, la new-wave en devenir, celle qui quatre ans plus tard achèvera le punk et offrira à la musique à la fois sobriété et noirceur.

Notre point de départ était de nous éloigner de la photographie prise sur le vif des photographes qui viennent et qui s’enfuient juste après, ainsi que d’éviter l’esthétique brute et granuleuse associée à cette méthode de travail” explique Karen Knorr. La sobre mise en scène et l’aspect lisse, léché des clichés leur confèrent une modernité surprenante. Ces images pourraient tout à fait être celles d’une soirée actuelle…

Ces punks au féminin, parmi lesquelles on reconnait Siouxsie Sioux, Ari Up et Palmolive (issues de The Slits), Poly Styrene (X-Ray Spex) ou encore Lora Logic posent face à l’objectif langoureusement étendues sur des banquettes en skaï une pinte dans une main, assises à même le sol, les yeux à demi-clos ou mettant en avant leurs tenues androgynes.

Témoins d’une époque dont l’émulation créative n’est plus à démontrer, le duo de photographes n’ont pas une volonté documentaire où le snapshot serait roi mais plutôt d’esthétisation de ce qui ne devait pas être beau. Les noirs et blancs donnent à voir les détails du geste d’enlaidissement que s’amusait à mettre en scène les punks par un maquillage outrancier, des vêtements déchirés ou le port de matière dites “cheap” ou issues de la culture fétichiste telles que le latex, le caoutchouc, le nylon et tout autre tissu de récupération.

Se mêlant aux hommes avec aisance, elles n’hésitaient pas à se montrer aussi déterminées qu’eux dans l’esprit du No Future, du je-m’en-foutisme et de l’intense folie qui régnaient !

Angie

PUNKS (jusqu’au 22 février) à la galerie Ibid :

37 Albemarle Street
London W1S 4JF, UK
t+44 (0)207 998 7902
info@ibidprojects.com
www.ibidprojects.com

Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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