Corinne Mauch, Stadtprasidentin von Zurich

Où sont les lesbiennes en politique ?

Zurich, la capitale économique suisse, vient de réélire sa maire ouvertement homosexuelle. Dans la sphère politique française, quelques rares personnalités se sont hasardées à sortir du placard, dont seulement trois lesbiennes.

Dimanche 9 février, Corine Mauch, 53 ans, a été confirmée pour la 3ème fois consécutive à la mairie de Zurich. Au moment de son premier mandat, en 2009, cette ingénieure agronome de formation devient la première femme et la première lesbienne à occuper cette fonction. Arrivée en tête dans tous les arrondissements de Zurich, la socialiste était opposée à Filippo Leutenegger, ancienne star de la télé et candidat libéral-radical par qui la droite espérait reprendre la ville à la gauche.

Pendant la campagne de 2009, alors qu’elle n’est encore que candidate, Corine Mauch évoque sur son site internet son homosexualité et la vie commune avec sa compagne de longue date. « Je n’en ai jamais fait un secret. Et si l’on veut changer les choses dans la société, il faut avoir le courage de s’assumer pleinement », déclare-t-elle alors à la Tribune de Genève.

Le thème de son homosexualité sera largement évoqué par les médias cette année-là, avec bienveillance mais parfois non sans maladresse, comme quand, dans le même article, la Tribune la décrit comme une « lesbienne sans complexes [qui] n’a pas pour autant fait de sa vie privée un programme électoral ». Comme si l’homosexualité pouvait constituer un programme à elle seule… Hasard du calendrier, quelques semaines après son entrée en fonction, Zurich accueille l’Europride. Pour l’occasion, la maire fraîchement élue rappelle pendant son discours inaugural la « tradition de tolérance » de la ville.

En France, seules trois femmes politiques se sont déclarées ouvertement lesbiennes. La première, Françoise Gaspard, sociologue et féministe militante, a été députée-maire socialiste de Dreux, eurodéputée et conseillère régionale. Elle profite de son pacs, en 1999, pour révéler son homosexualité. Elle est alors une des premières personnalités politiques à le faire. La même année, elle déclare dans le Nouvel Observateur que si elle n’a pas été ministre de François Mitterrand en 1981, c’est parce qu’elle a refusé de se marier avec un homme, comme le lui avait suggéré Gaston Deferre, ministre de l’Intérieur à l’époque.

Le 30 juillet 2013, elle épouse sa compagne, la journaliste Claude Servan-Schreiber. « Arthur, Pénélope, Luc, Nicolas, Léon, Alma, Théo et Zacharie sont heureux de faire part du mariage de leurs grands-mères, Claude et Françoise », peut-on alors lire dans les carnets du Monde.

La deuxième, Corinne Bouchoux, historienne, est la première sénatrice française ouvertement lesbienne. En septembre 2011, elle est élue dans le Maine-et-Loire sous la bannière d’Europe Ecologie-Les Verts. En 2001, elle se pacse avec sa compagne Christine Bard, historienne et spécialiste de l’histoire des femmes et du féminisme. Un faire-part est alors publié dans Le Monde également, mais ce n’est que quelques années plus tard que son homosexualité est abordée par les médias.

Interviewée par Têtu en mai 2012, elle raconte : « J’ai dit ma situation à un journaliste du Courrier de l’Ouest qui l’a mentionnée dans un article. Puis en décembre dernier, dans Le ­Parisien, j’ai résumé le Sénat par une boutade en déclarant : « C’est hétéroland. » C’est seulement après coup, en étant contactée par de nombreux journalistes français et étrangers, que je me suis rendu compte que j’avais dit quelque chose d’un peu étonnant dans le paysage politique. » Si elle décrit son coming-out comme un acte purement militant et un message envoyé en particulier aux jeunes, Corinne Bouchoux explique néanmoins ne pas être surprise par le petit nombre de femmes politiques qui assument leur homosexualité : « Je pense que la culture politique française est très masculine, très traditionnelle. Et puis, honnêtement, c’est déjà tellement compliqué quand vous êtes une femme! Je comprends très bien qu’elles ne veuillent pas prendre le risque de le dire. »

La troisième, Caroline Mécary, est une militante de la première heure pour les droits des homosexuels et notamment leur accession au mariage. Avocate au barreau de Paris et spécialiste du droit de la famille, elle est candidate pour Europe Écologie aux régionales de 2010. Elle a été élue conseillère régionale d’Ile-de-France et copréside la Fondation Copernic, un think-tank qui entend « remettre à l’endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers. »

Depuis 2007, elle est pacsée avec Fleur L’Écuyer, scénographe. En tant qu’avocate, elle est souvent sollicitée pour des affaires de discrimination sexuelle et a fait avancer, par plusieurs décisions judiciaires, les droits des gays et des lesbiennes, en particulier en termes de parentalité. En 2012, Caroline Mécary rejoint le conseil d’administration de Oser Paris, l’association de soutien à la candidature d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris.

Charlie

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2 Comments

  1. alscyl says:

    Y’a encore du boulot…
    Je connais une députée fraichement élue, en couple depuis 20 ans avec sa copine et qui dans toute sa communication pré-électorale a indiqué qu’elle était célibataire…. Et depuis qu’elle est élue, elle est toujours “officiellement” célibataire !

  2. timide says:

    la question est cocasse et je me la suis déjà posée il y a plusieurs temps de cela.
    je peux y répondre récemment que l’une d’entre elle sera d’ores et déjà dans le 14è.

    “L’avocate et activiste LGBT Caroline Mécary sera candidate « d’ouverture » (c’est-à-dire candidate venant d’EELV sur une liste PS) en cinquième position dans le XIVe arrondissement, dont la tête de liste pour le Parti socialiste est Carine Petit (…)”

    (plus d’info sur le sujet : http://medias-presse.info/a-paris-les-figures-du-mouve/2948)

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