RUSSIA-GAY-RIGHTS-PROTEST

Un jeune gay russe demande l’asile politique à l’Italie

Victime de discriminations et menacé de mort en Russie, un jeune homosexuel d’une vingtaine d’années qui a fui vers l’Italie réclame le statut de réfugié politique. Soutenu dans ses démarches par une association LGBT, il a interpellé la classe politique italienne, sans pour l’instant obtenir de réponse.

Nous l’appellerons Vladimir, comme a choisi de le faire la version italienne du Huff Post, qui relate son témoignage. A peine plus que la vingtaine, il est originaire d’une petite ville plus proche de la Sibérie que de Moscou. Depuis le début du mois de janvier, Vladimir est réfugié en Italie, hébergé par des amis et soutenu par le Gay Center de Rome, qu’il a contacté à son arrivée par le biais de la « Gay Helpline », numéro vert mis à disposition des homosexuels victimes de violences. Arrivé seul dans le pays avec un visa touristique, il a tout de suite déposé une demande pour obtenir l’asile politique. Deux jours plus tard, ses comptes bancaires russes étaient bloqués.

Du haut de son jeune âge, Vladimir, graphiste, a déjà travaillé quelques années. Interrogé par l’agence de presse italienne Adnkronos, il raconte les persécutions dont il a été victime en Russie : « Mon homosexualité était mal vue au travail, et j’ai été forcé plusieurs fois de démissionner. J’ai été discriminé à l’école aussi, et en famille il m’était impossible de parler. J’ai été agressé, et quand j’ai assisté à une descente homophobe en boîte de nuit, je me suis adressé à la police pour porter plainte, mais rien n’a été fait, les policiers m’ont dit que je pouvais crever. »

Dénonçant en particulier les lois anti-gay adoptées par la Russie de Poutine, le jeune homme n’envisage pas d’y retourner : « Dans mon pays on ne peut pas vivre librement en étant homosexuel. On risque aussi sa vie. L’homophobie y est diffuse, elle appartient à la culture russe depuis l’Union soviétique et aujourd’hui, avec les lois sur la propagande homosexuelle, les homos ne peuvent plus se défendre. Il n’y a qu’à voir les groupes néo-nazis qui se forment dans le seul but de nous agresser. »

Fabrizio Marrazzo, porte-parole du Gay Center, qui réunit les associations LGBT à Rome, accompagne le jeune homme dans sa demande, mais s’inquiète des délais : « Nous essayons de faire pression pour accélérer la durée de la procédure et nous avons interpellé les ministres Alfano et Bonino. » (Angelino Alfano, ministre de l’Intérieur du gouvernement Letta, et Emma Bonino, ministre des Affaires étrangères, ndlr). Sans le statut de réfugié, le jeune homme ne peut pas travailler en Italie, et les délais pour l’obtenir peuvent varier entre quelques semaines et plusieurs mois.

« Les premiers entretiens avec la commission chargée d’examiner sa demande auront bientôt lieu. Nous espérons que la réponse sera positive, mais si jamais elle ne l’était pas nous irions jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg », précise Fabrizio Marrazzo. Pour l’instant, seul le parti écologiste s’est prononcé sur le sujet, par la voix d’une de ses députées, Ileana Piazzoni : « L’Italie doit jouer son rôle », a-t-elle affirmé, appelant à ce que l’asile soit accordé au jeune homme.

« Je sais que sur le plan des droits civils l’Italie n’est pas le pays européen le plus avancé, mais il l’est clairement par rapport à la situation russe », nuance Vladimir, qui espère obtenir une réponse positive et pouvoir rester travailler dans le pays.

Ce cas de demande d’asile liée directement aux lois homophobes russes est le premier médiatisé en Italie. Le pays n’a pas encore précisé officiellement sa position, là où d’autres se sont clairement engagés pour protéger les homosexuels qui fuyeraient la Russie. C’est le cas notamment de l’Allemagne : au moment où les lois russes ont été adoptées, plusieurs personnalités ont évoqué la possibilité d’accorder l’asile à ceux qu’elles visent. Le délégué du gouvernement pour la politique des droits humains a aussi appelé les Länder à simplifier la procédure d’octroi, précisément pour les demandes d’homosexuels venant de Russie.

C’est aussi le cas des Pays-Bas, où, en novembre dernier, le ministre des Affaires étrangères a indiqué que les victimes de la loi russe contre la « propagande homosexuelle » pourront demander l’asile politique dans le pays.

Charlie

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5 Comments

  1. E. says:

    Une association s’occupe également en France des demandes d’asile liées aux persécutions ou craintes de persécutions à cause de l’orientation sexuelle ou l’orientation de genre : L’ARDHIS – Association pour la Reconnaissance des Droits des des personnes Homosexuelles et transexuelles à l’Immigration et au Séjour.

    http://ardhis.org/WP3/

  2. élodie says:

    L’Italie peut remercier chaleureusement ce jeune homme de lui donner l’occasion d’un débat national sur ses valeurs. Yapluka… :-D

  3. Sam says:

    assez ironique de choisir Vladimir comme pseudo ;)

  4. tanieli says:

    je trouve que monsieur poutine devrai laisser les gay en paix moi je le suis aussi moi il pourrais venir en Belgique on respecte entre guillemet nôtre communauté LGBT A VOUS LES JEUNE GAY partér en italie ou belgique venez les homophobe se sont des pédophile

  5. amir says:

    I am Algerian gay
    I’m afraid to say his
    Save to my friend
    because its a forbidden thing
    in a fundamentalist country
    help us
    here’s my address
    Please sil is a help I will give my mobile number

    skype pseudo soumer02

    m’aider à trouver un refuge dans un pays

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