A demonstrator holds Barbie dolls as people march through the streets of Paris in support of the French government's draft law to legalise marriage and adoption for same-sex couples

PMA : Circulez, y’a rien à voir

2013 fut l’année du mariage pour tous. 2014 sera-t-elle celle de la PMA pour toutes ? Rien n’est moins sûr. Depuis plusieurs mois, les lesBIennes vont de déception en déception. Aujourd’hui, la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes est un projet au point mort.

Pendant la campagne électorale, en février 2012, François Hollande s’était pourtant clairement prononcé en sa faveur : “Une femme doit pouvoir y recourir, soit parce qu’elle ne peut pas avoir d’enfant, soit parce qu’elle ne souhaite pas avoir une relation avec un homme”, avait-il dit à Grazia. Une promesse tacite, mais qui ne figure pas dans ses 60 engagements.

Depuis, l’exécutif socialiste ne cesse de repousser un hypothétique projet de loi aux calendes grecques. Dernier épisode en date : l’annonce le 3 janvier par la ministre Dominique Bertinotti que la PMA ne fera pas partie de la loi Famille. Face à ce nouveau rétropédalage, environ 150 personnes se sont rassemblées lundi soir devant le ministère de la Famille à l’appel de Barbi(e)turix, Oui, oui, oui, FièrEs et Gouines Comme un Camion. “PMA, trahison socialiste”, “IVG, PMA, nos corps, nos choix” ou “France hypocrite, les lesbiennes vont en Belgique”, ont scandé les manifestants pendant une heure malgré la bruine et le froid. Pour rappeler le gouvernement à ses engagements, les élus écologistes ont par ailleurs décidé de déposer des amendements sur la PMA.

Dans une interview accordée à ELLE, Dominique Bertinotti a rappelé que le gouvernement attendait l’avis du Conseil consultatif national d’éthique (CCNE) pour – éventuellement – légiférer : “Cet avis n’est pas attendu avant avril/mai 2014 et le sujet devrait être débattu lors d’états généraux de bioéthique. Le président ne se prononcera pas avant sur cette question. La loi sur la Famille que je prépare traite de questions du quotidien auxquelles sont confrontées toutes les familles. Son fil conducteur est la protection et la sécurité de l’enfant. Elle ne saurait être soumise à un calendrier qui est celui du CCNE.”

Le parcours des combattantes a débuté le 11 septembre 2012. Ce jour-là, la garde des Sceaux Christiane Taubira fait savoir à La Croix que la PMA ne figurera pas dans son projet de loi sur le mariage pour tous, n’étant “pas dans son périmètre”. Le 10 octobre, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault indique quant à lui que cette question sera intégrée à un autre texte sur la famille. Deux jours plus tard, le patron des députés PS Bruno Le Roux annonce son intention de déposer un amendement PMA dans le projet de loi sur le mariage homo.

C’est la confusion au sein du gouvernement. Le 12 décembre, le président de la République renvoie la balle aux députés et indique que c’est au Parlement “souverain” de décider s’il faut inclure ou non un amendement sur la PMA. Mais sous la pression du gouvernement et devant la frilosité des parlementaires socialistes, l’amendement est officiellement abandonné le 9 janvier 2013. Finalement, le 25 janvier, François Hollande se saisit du Conseil consultatif national d’éthique au sujet de la PMA. Comité qui, comme son nom l’indique, ne devrait être que consultatif.

Le 28 mars, le chef de l’Etat conditionne un projet de loi sur la procréation médicalement assistée à l’avis du CCNE. Or, il ne faut pas se voiler la face, les lesbiennes ont peu à attendre du CCNE (créé en 1983) dont la plupart des 39 membres sont conservateurs. Petite lueur d’espoir : en septembre, le CCNE a mis un coup de barre à gauche. 22 nouvelles personnalités proches de la majorité y sont entrées et des responsables religieux ont été évincés. Du côté de l’Union européenne, le Parlement a rejeté le 10 décembre le projet de résolution Estrela incitant les Etats membres à autoriser l’accès à la PMA pour toutes les femmes.

Le combat pour l’égalité est encore loin d’être fini, et c’est à nous, lesbiennes, de nous mobiliser pour faire entendre nos revendications. C’est à nous, aussi, de rassembler à nouveau nos amis, nos familles et la communauté LGBT, comme ce fut le cas pendant les débats autour du mariage pour tous.

Marie

One Comment

  1. Artemisia.g says:

    Ce dont j’ai peur c’est que nous nous retrouvions isolées dans notre lutte. Pour le mariage nous avons touTEs lutté ensemble, gouines, pédés, trans, bis. Le gouvernement a bien joué son coup en enlevant la PMA de la loi sur le mariage pour touTEs parce que cela nous a divisé. Entre ceux qui ne se sentent pas concernés (je visent certains pédés qui ne se laissent pas étouffer par la solidarité), celleux qui sont contre et celleux qui ont peur de réveiller les flambées d’homophobie dont nous avons souffert ces derniers mois… La lutte va être compliquée!

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