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El Tigre, la pièce si gay !

Paillettes, faux cils et hommage au cinéma hollywoodien, la pièce de théâtre burlesque, El Tigre, se joue au théâtre du Rond Point à Paris jusqu’à ce dimanche, l’occasion de s’évader dans les confins d’une communauté gay de Buenos Aires.

 

Dans El Tigre, on change de sexe, d’identité, de statut social et de couleur de peau pour revivre des moments de cinéma. Holy, jeune travesti vit dans sa propriété dans la région d’El Tigre, région des fleuves près de la capitale argentine, en compagnie de sa servante, Dark -homme blanc déguisé en femme noire- et souhaite rejouer le mélodrame de Douglas Sirk, Mirage de la vie avec des amies. Or, celles-ci sont retenues par la crue du fleuve, selon la messagère qui leur a été envoyée, Tota. La véritable (ou son fantôme) Lana Turner qui jouait le rôle principal du film, fait alors son apparition suivie de près, par sa fille, Lanita. L’ensemble est supervisé par la fée Fatafatale qui ponctue la pièce d’intermèdes musicaux avant de devenir l’infâme Vampira.

Si tout cela semble bien alambiqué décrit ainsi, il ne s’agit pas de s’interroger sur l’histoire contée ici mais bel et bien sur les numéros extraordinaires des comédiens-chanteurs-danseurs dont la gestuelle n’a d’égal que la subtilité humoristique. Denis D’Arcangelo qui interprète Dark est une véritable révélation – ses danses de ménagère de plus de cinquante ans ne laissent pas indifférente.

Les situations sont rocambolesques, les répliques, absurdes et le metteur en scène, Alfredo Arias s’avance sur le terrain de la série Z en évoquant Ed Wood, le pull en angora et les extra-terrestres. On ne cherche pas un sens, on cherche de l’amusement, de la danse de cabaret burlesque, de l’exagération dans les mimiques et l’on se plait à contempler le travestissement et la folie théâtrale qui nous manque peut-être.

Les couleurs des costumes mais surtout l’énergie déployée par les comédiens imposent un décor minimaliste. Ici, un trompe-l’œil qui donne sur les marais de la région d’El Tigre dont la lumière évolue au fil du temps. Et puis, il y a celle qui joue Lana Turner, la « star » de la pièce, Arielle Dombasle. Loin du personnage un peu grotesque des plateaux télévisés, elle met ici en avant un humour jusqu’alors inconnu. Revendiquant son statut d’icône gay, elle se joue de son apparente bourgeoisie pour déclamer quelques grivoiseries bien senties.

Avoir envie de folie et de s’amuser, quoi de mieux pour commencer l’année ?

Angie

PS : Il existe des tarifs réduits pour les moins de trente ans et les détenteurs de la carte Imagin’R.

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Angie

Caution bisexuelle de BBX, Angie écrit sur le cinéma et les arts. Mais en vrai, elle aime surtout les paillettes et les sequins dorés. Twitter : @angelinaguiboud

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