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Well Well Well : la nouvelle revue lesbienne à soutenir

Afin de répondre à un manque, et pour donner de la visibilité aux lesbiennes, 11 journalistes bénévoles ont lancé une opération de crowdfunding pour financer la création d’une revue lesbienne semestrielle. Le premier numéro de Well Well Well sera disponible au printemps 2014. Entretien avec Marie Kirschen, à l’origine du projet.

 

Barbi(e)turix : Comment est né le projet de Well Well Well ?

Marie Kirschen : J’ai été la responsable de Têtue.com pendant 3 ans. Après le rachat du magazine Têtu, ce site a été abandonné au printemps dernier. Dans le même temps Muse & Out (ex-La Dixième muse) était mis en liquidation judiciaire. Quelques mois auparavant, c’est Lesbia Magazine qui mettait la clé sous la porte… C’était terriblement frustrant de voir tous ces médias lesbiens s’arrêter ; j’ai donc voulu lancer un mook pour combler ce vide. Un média qui permettrait de traiter de sujets lesbiens via des formats longs. J’en ai parlé à des jour­na­listes autour de moi et créé une équipe. Tout le monde était très enthou­siaste ! Nous sommes toutes ultra motivées à l’idée de produire un média pour les femmes. Il y a clairement un manque et nous en avons marre de l’invisibilité des lesbiennes.

Pourquoi ce nom, Well Well Well ?

C’est une expression américaine, un peu ironique, qui est aussi le titre d’une chanson du groupe Le Tigre, qu’on aime beaucoup. On est très fan du mouvement Riot Grrrl, voilà des filles qui se sont bougées et qui ont fait des choses extraordinaires. Pour en revenir à Well Well Well, on aimait bien le côté original de ce titre… Et puis être lesbienne, c’est bien bien bien!

Pourquoi avoir créé un média à destination des lesbiennes, et non à destination des homos en général ?

Les garçons gays ont déjà pas mal de médias qui s’adressent spécifiquement à eux. Que ce soit des magazines, des gratuits, des sites… Alors que côté lesbien, il y a beaucoup moins de choses et rien du tout en médias imprimés. Nous voulons contribuer à changer ça.

Quelle place pour les bis et les trans dans cette revue ?

Nous sommes intéressées par les sujets autour de la bisexualité et des transidentités, que nous voulons aborder dès le premier numéro. Il y a plein de manières de traiter ces thématiques et je suis sûre que cela va être passionnant.

Peux-tu nous expliquer ce qu’est un mook ? Pourquoi avoir choisi ce format ? Pourquoi avoir fait le choix du papier à l’heure d’internet ?

Le mot mook vient de la contraction des mots “magazine” et “book” (livre). C’est donc une revue qui réunit le meilleur de ces deux mondes : la démarche jour­na­lis­tique, le soin porté aux photos… tout ça allié à l’écriture soi­gnée d’un livre. Ce format permet de prendre son temps, de faire du journalisme de qualité. Et puis il n’existait pas de mook lesbien ! On veut proposer quelque chose de nouveau, sans concurrencer les médias déjà existants.

Comment traiter l’actualité avec un mook ?

Avec une revue de ce type, il ne s’agit pas de traiter l’actu dite “chaude”, c’est-à-dire les événements qui viennent de se dérouler. Il y a déjà des sites qui font ça très bien. Notre temps sera plutôt celui de l’analyse.

Quelle ligne éditoriale pour Well Well Well ?

Comme Well sera une revue semestrielle, nous allons pouvoir prendre le temps de faire des papiers fouillés, des interviews au long cours… Nous traiterons beaucoup de culture, et de la culture lesbienne plus spécifiquement. Autre thématique importante : l’histoire du mouvement lesbien et féministe. Malheureusement, les médias généralistes s’y intéressent très peu. Il y a tout un pan de l’histoire lesbienne qui est méconnu, des figures marquantes qui sont oubliées car le relai ne se fait pas entre les générations. Nous aurons aussi des pages “idées”, des témoignages, un peu de sport, des reportages à l’étranger, des portfolios…

Jeanne Magazine vient de lancer son projet de média lesbien. Ne crains-tu pas la concurrence ? Qu’est-ce qui vous différencie ?

Non, ce sont deux médias très différents : Jeanne fera du numérique, nous du print ; leur magazine sera mensuel alors que nous paraîtrons tous les 6 mois ; les grands thèmes que nous voulons aborder ne sont pas les mêmes… Tant mieux : cela fait plus de diversité ! Il me semble que ces deux médias seront plus complémentaires qu’autre chose.

Peux-tu nous présenter l’équipe qui fera Well Well Well ? Vous semblez nombreuses. Et il n’y a, je crois, que des filles.

Nous sommes 11 femmes journalistes. Vous pourrez retrouver très bientôt sur notre page Ulule une présentation de l’équipe, avec une petite bio de chacune. Nous avons toutes des profils assez différents, ce qui devrait donner un résultat riche et intéressant. Par ailleurs, il y a nos deux merveilleuses graphistes ! Ainsi que d’autres journalistes, photographes, dessinatrices qui vont nous aider à produire la revue. On est nombreuses et prêtes à faire du bon boulot.

 

Facebook : https://www.facebook.com/revuewellwellwell

Twitter : https://twitter.com/Revue_Well (@Revue_Well)

 

Propos recueillis par Lubna

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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6 Comments

  1. saaarah says:

    cool projet! :-)

  2. Christine says:

    Quelle belle nouvelle! Enfin un magazine, je vous souhaite une futur belle réussite
    À bientôt le plair de vous lire

  3. Laure says:

    Bonne chance à vous !

  4. BADIS OUMANSOUR J says:

    salut
    Comment s’abonner à votre revue ?
    Merci
    Jam

  5. lothar says:

    ça Va les Feignasses ??? deux numéro en deux ans …..

  6. Guerraoui Siham says:

    J’aimerai recevoir votre revue
    Merci

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