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Lilla Namo : « C’est l’idée de statu quo que je critique avec mon rap »

 Cités grises, pitbull flippant, chaînes en or qui brillent, chevalières au doigt, bonnets enfoncés sur la tête et parfaits rictus de bad girl à ne pas trop chauffer, oui, Lilla Namo et ses girls ont tout des parfaites rappeuses US.

Sauf que Lilla Namo, c’est rouge aux lèvres et ongles cinglants qu’elle décline son flow frappant, en suédois et au décalage parfait d’une Kreayshawn d’origine kurde. Entre rap cagole et rap social, Lilla Namo s’inscrit avec brio dans cette vague de filles qui ont autant dans le pantalon que leurs pères, Q-Tip, Outkast ou Tupac, véritables modèles pour cette artiste qui ne s’est encore jamais produite en dehors de la Scandinavie. Sa première, ce sera à Paris, à l’occasion de la Wet For Me Winter Edition, le 10 janvier 2013. Échange avec Lilla, quelques semaines avant le grand jour.

BBX : Pour nous, Français, une rappeuse suédoise, ça fait bizarre.

Lilla Namo : Tu sais, les Suédois font du rap depuis les années 80 ! Ils n’ont pas toujours été soutenus par les médias, mais j’ai vraiment l’impression que les choses changent.

Tu rappes depuis quand ?

Depuis que je suis ado, mais j’écris depuis que j’ai 11 ans. J’ai commencé par le slam, j’ai enchaîné avec du rap freestyle dans le métro, puis j’ai commencé à enregistrer vers 2008.

Tu as l’air très inspirée par les années 90, je me trompe ?

J’étais jeune dans les années 90 du coup beaucoup de mes inspirations viennent de ces années-ci, mais ce n’est pas joué !

Tes maîtres ?

Q-Tip, Outkast et évidemment Tupac !

Quand tu écris, tu t’inspires de quoi en particulier ?

Des injustices, de tout ce qui me fait réfléchir, des choses qui me mettent en colère. La plupart de mes chansons remettent en cause les « normes » et critiquent la société dans laquelle nous vivons. C’est l’idée de statu quo que je critique avec mon rap.

Donc il y a un réel message derrière ta musique.

Oui, mais il faut écouter avec attention pour le comprendre. Je n’aime pas le littéral, du coup peut-être que certains ne comprendront pas tout de suite de quoi je parle. J’aime les métaphores, j’aime rapper en « codes », mais parfois les gens prennent ce que je dis au premier degré…

Et pourquoi tu as choisi de chanter en suédois et non pas en anglais comme beaucoup d’autres Suédois le font ?

Le suédois est la langue de mon coeur, c’est un langage « facile » pour moi. Mais je n’exclue pas la possibilité d’un jour rapper en anglais, simplement, je le ferai quand je me sentirai prête.

Dans tes vidéos, tu joues souvent le rôle d’une bad girl.

Haha ! Vraiment ? Je ne sais pas, je suis toujours moi-même ! (rires)

Tu joues bientôt à Paris, pour la première fois, à la Wet For Me Winter Edition. Tu te sens comment ?

C’est un peu fou, c’est mon tout premier concert en dehors de la Scandinavie. Je me sens très humble par rapport à tout ça, je ne le prends pas pour acquis. Le mieux dans cette histoire c’est que j’adore vraiment Paris, pour plein de raisons.

Tu es au courant que ton public sera surtout féminin le 10 janvier ? Tu as l’impression d’être en passe de devenir une icône pour toutes ces filles ?

C’est grandement parler que de parler d’icône, mais j’espère le devenir, oui. J’ai envie de le devenir pour toutes ces filles mais surtout pour tout ceux qui s’identifient à moi, et ça, ça peut être n’importe qui.

Et ton rêve dans la vie ?

Je suis quelqu’un d’assez utopiste, alors je dirais : la paix dans le monde. Mais plus simplement j’aimerais toucher les gens avec ma musique et faire passer des messages importants au monde. J’aimerais devenir comme un exemple : si moi je peux le faire, alors tout le monde peut le faire, il faut continuer de rêver !

Propos recueillis par Adeline

2 Comments

  1. Ness says:

    Outkast et non Outcast !
    Un grand bravo pour ces questions bien stéréotypées : oui, le rap a dépassé les frontières états-uniennes; oui, les paroles peuvent avoir du sens et véhiculées un message (où d’autres resteront à je t’aime, il m’aime et c’est trop dur à vivre!) et non, une casquette et un pit-bull ne font pas de toi une “bad girl”. Merci, Adeline.

  2. timide says:

    du rap swédoa !!! : mais comme qui dirait : “fu*** meeeey” ! :-)

    adeline, you … rrrrr …. ap ! 8-)

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