gay

Be kind, rewind 2013

La fin est proche. Oui, 2013, cette année aux relents de crise sociétale, d’ébranlement de la République, de débâcle politique va enfin prendre fin. Aux oubliettes les barjots, les bourges, les homophobes ? Si 2014 ne sonne pas la fin du monde (oui, les Vikings annonçaient l’Apocalypse pour le 22/02/2014), il y a tout à parier que cette nouvelle année sera celle de la réussite et de la gagne. Simple retour de karma.

Mais avant de se lancer dans de nouvelles résolutions résolument décisives, rembobinage immédiat sur l’année qui restera, on l’espère, la pire de toute la décennie : 2013.

 

JANVIER

Déjà, ça commençait mal. Le 13 janvier 2013, le monde LGBT se prennait une grosse claque. Un bel hématome bleu et rose. D’un côté la Manif pour Tous, de l’autre l’institut Civitas organisaient une manif king size et descendaient le Champ-de-Mars au son des Ave Maria. Dieu est amour, vous dites ?

Heureusement, une bonne nouvelle venait éclaircir ce début d’année. Le coming-out de Jodie Foster aux Golden Globes. Nous savions toutes depuis la nuit des temps que Jodie est lesbienne (gaydar en affolement dès qu’elle apparaît à l’écran) mais de la voir, en larmes, remercier son ex compagne… Snif, c’était trop beau.


Le 27, nous battions le pavé pour la première manif de l’année (IL ETAIT TEMPS). Nous étions entre 125 000 et 400 000 militants. Nous ne le savions pas encore, mais nous étions partis pour des semaines de combat. 

FEVRIER 

En février, les Inrocks publiaient une couverture choc, pour dénoncer la vague d’homophobie déferlant sur le pays. A juste titre : quelques semaine plus tard, le visage ensanglanté de Wilfred, victime d’une agression homophobe, faisait le tour des médias. Une recrudescence de la haine ?

Il faut dire qu’à peine deux mois après le début des débats, on s’en était déjà pris plein la tête. Avec trois manifs des antis, un battage médiatique digne d’une Coupe du monde, des débats à n’en plus finir et des envolées lyriques de Barjot sur toutes les télés du PAF, le mois de février avait un arrière-goût de Guerre froide aromatisée au choléra.

MARS 

En mars, nous lancions notre nouveau webzine. Design coloré, équipe surmotivée, articles en pagaille. Vous êtes de plus en plus nombreuses à nous lire. A toutes celles qui nous suivent assidument : merci!

Le 24, les violences policières poussèrent des dizaines de citoyens à envoyer leurs enfants au front pour défendre Sainte Christine Boutin, évanouie en pleine rue. Les cris et les pleurs (les gaz lacrymos, ça fait mal aux yeux) érigèrent une génération de martyrs, prêts à défendre le seul modèle de société qui vaille. Un ovule + des testicules, on ne ment pas aux crapules.

La formule “les femmes et les enfants d’abord” n’a jamais aussi bien porté son nom

De l’autre côté des Alpes, le pape François tout juste institué, déclarait à propos des homosexuels : “Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ?” Dis François, tu veux pas passer un petit coup de fil à Escada ?

AVRIL

Non contents d’avoir détruit le Champ-de-Mars / traumatisé une génération de marmots / saccagé le Printemps des assos / tapé sur les Femen / veillé toutes les nuits, les antis nous auront aussi gratifié d’une flopée de ratés. De gros fails. Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Mais le 23 Avril 2013, c’était notre victoire. Le premier jour du reste de nos vies.

Taubira, présidente !

MAI

En mai, La vie d’Adèle était présenté au festival de Cannes. Bien avant la guerre des gangs par interviews interposées lancée par Kechiche et Seydoux, le film faisait déjà des vagues. Trop ou pas assez bleu ? Après le tsunami de critiques et de débats sans fin pour savoir si oui ou non les ciseaux étaient représentatifs de la sexualité lesbienne (non), Julie Maroh s’était exprimée dans cette tribune, parue sur notre site.

Le 29 mai, Bruno et Vincent se disaient “oui” à la mairie de Montpellier. Devant ce premier mariage gay, nous étions restées un brin sceptique.

JUIN

Aucune voix contre, une abstention et 436 voix pour. C’est à l’unanimité quasi-parfaite que la Douma, chambre basse du Parlement russe, adoptait un projet de loi condamnant la “propagande” homosexuelle devant mineurs. Il faut dire que dans un pays où un tiers des citoyens pensent que l’homosexualité est une “maladie à soigner”, Poutine était en terrain conquis.

Mais il en fallait plus pour démonter l’ardeur des militants LGBT venus en masse à la Marche des Fiertés. Une édition aussi inoubliable que symbolique, où la grande absente, la PMA, ne manqua pas d’être regrettée.

JUILLET

L’accouchement imminent de Kate Middleton avait failli occulter la (vraie) information de la semaine : les députés britanniques adoptait le 17 juillet le projet de loi autorisant le mariage aux couples de même sexe. La Grande-Bretagne devenait ainsi le 15ème pays à légaliser le mariage homo. Ni prières publiques, ni débordements roses et bleus ne viendront contrarier ce vote. La France, un pays réactionnaire ? Mais non, voyons.

Nous avions alors profité de cette courte accalmie pour nous griller les neurones à l’aide de magazines féminins. Avant le Causette gate, c’était le magazine ELLE, jamais en manque de clichés dégradants, qui avait refait notre été. Un petit récap ici et .

AOUT

En août, on découvrait la série Orange is the new black et on se disait que, finalement, l’été ne serait pas si long. Et que Laura Prepon était quand même sacrement badass. Et que Natasha Lyonne de But i’m a cheerleader avait quand même sacrement bien vieillie. Et qu’on se ferait bien Janae Watson en quatre heures. Ou un poulet.

SEPTEMBRE

En septembre, nous vous parlions de porno lesbien, de la nouvelle bd de Julie Maroh, et d’une information d’importance CAPITALE, Batwoman n’épousera pas sa petite amie.

OCTOBRE

Joie/bonheur, en octobre nous sortions notre premier livre : Lesbiennes dans tous leurs étatsUn petit bijou d’humour méta-moderne prompt à révolutionner la littérature de gare. Et vous étiez nombreuses à nous rejoindre à notre soirée de lancement à l’Acte 3.

NOVEMBRE

“T’as vu La vie d’Adèle ?” Un mois à répondre à cette question 153 fois dans la journée. Devoir expliquer par oral, par écrit, par texto qu’”on a été émue par la force de la mise en scène de la naissance du sentiment amoureux, qui finalement est universel, mais que les scènes de sexe restent une grosse déception, une représentation galvaudée de la sexualité lesbienne, un parti pris qui occulte la dimension politique de la BD”. Un mois à bouffer du Adèle Exarchopoulos à toutes les sauces (surtout bolognaise). Mais trois mois plus tard, on se dit que c’était quand même un grand film.

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DECEMBRE

Le 5 décembre dernier, Nelson Mandela nous quittait. Ce militant pour la liberté et l’égalité, était aussi un fier défenseur des droit LGBT. En 1996, il fit inscrire dans la Constitution d’Afrique du Sud le droit à la protection contre les discriminations basées sur l’orientation sexuelle et de genre. Une première mondiale : “The state may not unfairly discriminate directly or indirectly against anyone on one or more grounds, including race, gender, sex, pregnancy, marital status, ethnic or social origin, colour, sexual orientation, age, disability, religion, conscience, belief, culture, language and birth.”

Une leçon de tolérance.

3 Comments

  1. Brunette Localicious says:

    What a year !
    Vivement 2014.

  2. timide says:

    les inrocks, the best of the couverture chic !

  3. Moumoutte says:

    Une grande année … Et d’autres à venir … La PMA, on rêvait du mariage et on l’a eu ; la PMA sera à nous.
    Happy New Year BBX, my favorite website

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