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La psychiatrie se penche sur les règles

Le trouble dysphorique prémenstruel devient l’appellation officielle d’une période prémenstruelle plus difficile pour certaines femmes. Aubaine financière pour les labos pharmaceutiques et création d’une nouvelle (fausse) infériorité biologique des femmes : cet ajout au Manuel de psychiatrie soulève de nombreuses questions.

Fin mai 2013, l’Association psychiatrique américaine a dévoilé la dernière mouture de sa « bible » de la psychiatrie : le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, ou encore DSM pour les intimes. La naissance de l’ouvrage remonte à 1952, époque à laquelle il ne recensait encore qu’une centaine de maladies, principalement d’inspiration freudienne. Une révision est effectuée tous les 15 ans à peu près et nous en sommes actuellement au DSM-IV qui recense 297 pathologies. Est ce à dire que nos sociétés sont de plus en plus folles ?

Cette cinquième édition, en plus de rendre pathologique tout deuil de plus de 15 jours, réserve une petite perle à la population féminine : le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM).

Version extrême du bien connu Syndrome Pré-Menstruel, cette nouvelle « maladie » est désormais classée dans les troubles dépressifs. Autrement dit votre médecin ou psychiatre peut vous conseiller une petite dose d’antidépresseurs à prendre chaque mois, pendant la période lutéale (de l’ovulation au début des règles).

Comment savoir si on est atteinte du TDPM ? Il suffit de répondre à cinq de ces critères tous plus flous les uns que les autres :

1. Humeur dépressive marquée, sentiments de désespoir ou autodépréciation (idées de dévalorisation). (Tu te trouves moche pendant tes règles ? Prends donc un petit cachet.)


2. Anxiété marquée, tensions, impression d’être nouée, tendue, nerveuse (un peu de stress par-dessus ce mal de ventre ? C’est très grave docteur.)


3. Labilité émotionnelle marquée (p. ex.., brusque sentiment de tristesse, envie de pleurer, hypersensibilité au rejet)


4. Colère ou irritabilité marquée et persistante ou augmentation des conflits interpersonnels.


5. Diminution de l’intérêt pour les activités habituelles (p. ex., travail, école, amis, loisirs).


6. Difficultés subjectives à se concentrer. (on notera que toute difficulté objective est bénigne)


7. Léthargie, fatigabilité excessive ou perte d’énergie marquée. (parce que perdre du sang n’a jamais fatigué personne)


8. Modification marquée de l’appétit, hyperphagie, envie impérieuse de certains aliments.


9. Hypersomnie ou insomnie. 


10. Sentiment d’être débordée ou perte de contrôle. 


11. Autres symptômes physiques tels que tension ou gonflement des seins (vos seins gonflent ? La camisole de force est pour vous !), céphalées, douleurs articulaires ou musculaires, impression d’enfler, prise de poids. 

Après avoir répondu à ces critères, il est donc possible d’être diagnostiquée comme souffrant du TDSM. (personnellement en les lisant je les ai tous ressentis, comme en écrivant cet article d’ailleurs)

Dernière petite chose bonne à savoir avant de mélanger Spasfon et Xanax : les recherches à la source de cette « bible » sont intégralement financées par les laboratoires pharmaceutiques…
Ce qui explique peut être la fronde de plus en plus massive envers ce roi des manuels, que beaucoup accusent de créer des catégories artificielles toujours plus ouvertes, pour que tout un chacun puisse trouver la pilule qui lui convient.

Parmi les traitements plébiscités pour soigner ce diabolique TDSM, un médicament a été mis en avant : le Sarafem. Dans les constituants de ce médicament, se trouve la fluoxétine, une formule chimique originellement concue pour soigner la dépression et dont le brevet arrivait à son terme. Le laboratoire américain Eli Lilly, qui a créé la fluoxétine, a alors obtenu un nouveau brevet pour son médicament en passe de devenir inutile : soigner le trouble dysphorique prémenstruel.

Pratique, non ? La création d’un diagnostic s’est faite pour ne pas perdre une source potentielle de revenus.

Pourtant si on fait un peu de recherche, on peut trouver des dizaines de travaux qui soulignent tous des causes différentes au syndrome : « désir d’enfant ambivalent », conflits dans l’acceptation de la féminité ou de l’orientation sexuelle, héritage génétique et enfin « circonstances de vie ».
La précarité, la surcharge de travail liée au double rôle des mères qui travaillent, la violence conjugale…il existe de nombreux facteurs spécifiques à la condition actuelle des femmes et que le DSM-V prend bien soin de mettre de coté.

Loin de ne rester qu’une querelle entre psys et aficionados de Doctissimo, ce débat ouvre une réflexion sur la construction du genre : qu’est ce qui est naturel chez les femmes et qu’est ce qui est créé par la société ? Encore une fois la médecine tend vers les causes biologiques et conclut sur une plus grande fragilité des femmes face aux hormones…

 

Léa

Source : Piccand, Laura (2013). “Du syndrome prémenstruel au trouble dysphorique prémenstruel. Façonnements locaux de catégories diagnostiques et reconfiguration des représentations sur la vulnérabilité des femmes” in Knittel, Fabien et Raggi, Pascal (dir.). Genre et Techniques. XIXe-XXIe siècle. Rennes: Presses universitaires de Rennes, pp. 141-151.

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12 Comments

  1. Cc says:

    Bonjour à toutes :)

    Autant je suis parfaitement d’accord avec vous sur le fond de l’article, autant je voudrais revenir sur quelques points.
    J’ai lu une partie du DSM-IV, et, si ce n’est qu’un index de classification (outre qu’il est financé par des labos), je ne suis pas d’accord avec les recoupements qu’il fait. De plus je trouve qu’il et imprécis, et les symptômes que certains troubles ont en commun ne sont que communs sur le papier. dans les faits, ils ont un ressenti différent. Mais si quelqu’un qui a de l’expérience et les études nécessaires ne vous l’explique pas, c’est très abstrait et arbitraire. Personnellement, je n’ai jamais fait de médecine, mais je me suis penchée sur la question et c’est ma psychiatre que je consulte régulièrement et quelques uns de mes amis sont actuellement internes en psychiatrie qui m’ont aiguillée. Elle m’avait par ailleurs renvoyée aux définitions et classification de l’OMS qu’elle trouvait plus justes.

    De ce fait, les critères de repérage sont subjectif, et s’il on a l’impression d’avoir tous les symptômes, il s’agit en réalité de savoir la fréquence et l’intensité. Exemple : Je suis suivie pour un trouble bipolaire, il en existe plusieurs type en fonction de la fréquence de l’alternance des crises, de comment il est apparu, à quel âge, son intensité, etc… Pourtant, les symptômes évoqués sont les mêmes sur papier, et ce sont des symptômes que vous ressentez certainement deux ou trois fois dans l’année. Sauf qu’entre vous et moi, au lieu de me sentir un peu déprimée deux ou trois jours, je ne peux pas me lever et ca dure plusieurs semaines et que quand j’y arrive je fais des grosses crises d’angoisse à l’idée de devoir sortir de chez moi (ie. question d’intensité). Une fois déterminé le type (chez moi, deux ans à raison de 45min de consultation entre 2 et 4 fois dans le mois), on peut tenter de mettre en place un traitement s’il est nécessaire, et tout le tralala.

    Revenons à ce nouveau syndrome qui ne semble pas en être un !

    1. Humeur dépressive marquée, sentiments de désespoir ou autodépréciation (idées de dévalorisation). (Tu te trouves moche pendant tes règles ? Prends donc un petit cachet.) => Je prends en compte le ton ironique, mais “je me trouve moche” n’est pas de l’autodépréciation en lien avec une humeur dépressive marquée. Pour valider le point 1) il faudrait que je sois triste en permanence, qu’il n’y ait pas de différence dans ma vie entre sortir voir des gens, manger, dormir, jouer aux jeux vidéos, aller travailler. Par exemple : imaginons que je suis invitée ce soir, c’est l’anniv de ma copine et elle sera deçue si je ne viens pas, ça risque de foutre mon couple en l’air, mais je n’irais pas parce qu’il faudrait que j’aille voir des gens, que je fasse semblant d’aller “bien”, que je participe à des conversations, que je marche dans la rue et que je prenne le métro, que je croise le voisin qui promène son chien en fumant une clope en bas de chez moi, etc… Je reste donc chez moi, j’ai vaguement mal au ventre, mon corps me rappelle que j’ai faim, mais l’idée de manger me donne envie de vomir, l’idée de faire la cuisine m’épuise et je me mets à pleurer. Vous voyez l’idée ? ^^

    
2) Anxiété marquée, tensions, impression d’être nouée, tendue, nerveuse (un peu de stress par-dessus ce mal de ventre ? C’est très grave docteur.) => idem, ce n’est pas si flou que ça : anxiété marquée = crises d’angoisse régulières et violentes, sans relation de causes à effets apparente…

    (je ne vais pas tous les faire, mais vous voyez l’idée)

    
Bon je trouve que le point 11 est vraiment du foutage de gueule pour le coup, et je ne vois pas ce que ça vient foutre là dedans, de même que je ne vois pas trop le rapport entre les points 1 à 10 et ce nouveau syndrome. Quand je les ai lus, j’ai trouvee que ça reflètait bien un état de dépression, assez forte tout de même, mais en lien avec les règles, faudrait voir à pas trop déconner quand même !

  2. Elise says:

    Bonjour,
    Bien d’accord avec la critique des petites cuisines des grands groupes pharmaceutiques faite par Léa, mais je voulais rebondir sur le commentaire (très juste, je trouve) de Cc pour retomber sur la (très intéressante) question de la conclusion de l’article :

    “Qu’est-ce qui est naturel chez les femmes et qu’est ce qui est créé par la société ?”

    Cc a suffisamment expliqué son point de vue que je partage sur l’importance qu’apportent les praticiens à l’intensité des symptômes, alors au vu de cette remarque, l’affirmation finale de l’article (“Encore une fois la médecine tend vers les causes biologiques et conclut sur une plus grande fragilité des femmes face aux hormones…”) ne tombe-elle pas un peu dans le vide ?

    A partir du moment où les femmes ont un utérus, des ovaires,et tout le toutim, n’est-il pas logique que certaines souffrent des ratés propres à ces organes et à leur fonctionnement ? La médecine devrait-elle aussi conclure à une plus grande fragilité des hommes en constatant que ceux-ci sont curieusement beaucoup plus souvent sujets aux problèmes de prostates ?

    Comme dit Cc, la plupart des praticiens savent quand même utiliser le DSM à bon escient et ne le prennent pas pour une “bible”. Si cet ouvrage décrète l’existence de cette entité répondant au doux nom de TDPM, les médecins (qui soit dit en passant sont de plus en plus souvent des femmes) ne vont pas pour autant décréter que toute la gent féminine doit être étiquetée sous ce label au premier petit tracas prémenstruel. Bien sûr, il y aura toujours des médecins pour prescrire “un petit quelque chose pour vous requinquer” comme une mamie donne un bonbon à son petiot dès qu’il vient lui compter un chagrin… Mais Xanax ici, Sarafem là, le TDPM n’est qu’une entité de plus. Si celle-ci concerne de facto les femmes, ce n’est pas une généralité, alors inutile d’y voir une question de genre.

    A côté de cela, je me souviens d’une de mes profs, au caractère bien trempé, qui s’était emporté contre un garçon qui faisait cette classique blague qu’on connait tous une fille de mauvais poil… La prof s’emportait que c’était n’importe quoi cette histoire de mauvaise humeur, qu’il fallait casser cette légende urbaine, que elle, jââââmais au grand jamais son utérus ne lui avait jamais joué le moindre tour, et de me prendre à témoin… Mauvaise stratégie, puisque je n’avais pour ma part (et n’ai toujours pas) fini de digérer le sentiment d’être anxio-dépressive à quart temps… Eh, les filles, et si on arrêtait 2 minutes de le nier quand on a, comme tout un chacun, un point faible ?

    Je reprends donc la question :
    Qu’est-ce qui est naturel chez les femmes et qu’est-ce qui est créé par la société ? La question, vraiment, est intéressante, mais… Je ne vois pas le rapport. Je crois savoir que si l’on me pose la question à un autre moment du mois (alors, Lisouille, il en dit quoi, ton utérus ? C’est la nature ou la société qui lui fait cracher des salves d’anxiété fébriles ? Hein ? T’en penses quoi ?) je regarderais mon interlocuteur d’un air de hargneuse désabusée (façon “mauvais poil fatigué”)… Je serais trop lasse pour l’ouvrir, sans doute, mais penserais très fort une amabilité du genre “J’m'en fous, connard, pourquoi choisir ? Si j’étais d’humeur à quoi que ce soit, je serais partante pour haïr la nature ET la société”
    Et finalement, pour faible qu’est l’argumentation de cette réplique, n’y a-t-il pas un fond de vérité dans le fait de rappeler que, peu importe la cause, le fait est là. Alors pourquoi le nier ? Et surtout, le nier, n’est-ce pas un peu nier la personne qui le vit ?

    Là, je vais faire une conclusion mégalo qui ne parle que de moi, mais je me permets cette fantaisie parce que je crois être représentative de pas mal de monde : J’ai la chance de ne pas être handicapée par mes “petits tracas de fille” (j’envisage de breveter le concept sous l’appellation PTDF) au point de devoir mettre ma vie une ou deux semaines par mois entre parenthèses… Non, je la mets juste entre guillemets. Autant que possible, je “fais comme si”… Et mon souhait le plus cher, ce ne serait pas une petite pilule magique, mais juste qu’on ne me regarde pas comme une alien quand mes guillemets se fendillent…
    Un peu de reconnaissance de ce que je suis, avec mes défauts, en somme… Et de ce point de vue là, même s’il le fait pour de mauvaises raisons, le DSM va plus loin que celles qui persistent à chantonner que “tout va très bien Madame la Marquise”

  3. Yaourt aux fruits says:

    Chère Léa,

    C’est peut-être qui me fait des films, mais tu ne suivrais pas le cours de Tobie Nathan à Sciences-Po le lundi soir?

  4. caerbannog says:

    Voilà une discussion elle est bonne!

    Merci Léa de l’avoir lancée.
    A priori, je serais bien d’accord avec toi : “déconstruisons nos corps et nos affects !” et ” surtout ne les laissons pas aux mains du grand capital allié à la psychiatrie.” La nouvelle entrée du DSM-IV est sans doute dangereuse du point de vue de l’usage qui peut en être fait et c’est peut-être une porte ouverte au grand n’importe quoi. Moi, je ne fais pas confiance à touTES les médecins et médecines pour en faire un usage féministe et je ne suis sans doute pas la seule, sinon je vois pas pourquoi on recherche et qu’on s’échange entre copines des listes de gynéco et médecins pas transphobes, pas sexistes, pas homophobes. De fait, le simple fait que le SPM soit inscrit officiellement dans ce dico pose problème parce qu’il orientera les discours, les perceptions, les pratiques et aussi la manière de se percevoir et d’être perçue. On a toutes sans doute haï de nous voir renvoyer à nos règles ou à nos utérus ou à nos hormones pour être disqualifiées par des abrutis quand on essayait de faire valoir un point de vue légitime et pertinent.
    Mais de là à moquer nos perceptions et notre connaissance de soi quand on a effectivement durablement et de manière récurrente et caractérisée ces symptômes combinés, je ne suis pas d’accord, parce que là, il s’agit effectivement de nier ce qui peut-être une réalité douloureuse pour certainES.
    Grâce à des expérimentations et des groupes de soutiens féministes anglo-saxons qui essaient de proposer des conseils et des aides et des traitements alternatifs, i.e. ni psychiatriques, ni médicamentaux, aux 2 ou 4% des femmes qui combinent ces symptômes décrits, je suis à peu près arrivée à gérer les violentes et profondes périodes de “down”, par ailleurs inexpliquables, qui font que bien que je sois en temps “normal” une personne plutôt positive, qui relationne plutôt bien, qui aime les autres, qui aime s’investir dans ce qu’elle fait, et qui 4 ou 5 jours par mois est capable d’être happée par une extrême vulnérabilité et irritabilité qui me fait m’embrouiller avec mon entourage ou mes collègues à la moindre remarque ou contrariété devenue ingérable, que rien n’est digérable au sens propre comme au sens figuré, que je ne suis pas foutue de marcher 1km alors que je peux en courir facilement 15, qui me fait prendre mon ordi pour régler mes comptes avec quelqu’unE – alors que j’aurais à m’excuser 4 jours plus tard – qui me fera m’enfiler 4 ou 5 nuits d’insomnie carabinée, fera descendre ma libido à – 9 sur l’échelle de Richter, me fera voir la vie comme une vaste catastrophe, me donnera envie de rester au fond de mon lit – à regarder des séries ou lire des livres qui me font pleurer même si ils sont drôles – et me fera vouloir tout oublier. Ces jours là, je voudrais pouvoir être en congé maladie, rester seule et pouvoir dire aux autres et à moi-même : “c’est pas grave, ça va passer, c’est la faute à personne, pas de culpabilisation en plus.”
    Donc, la question – comme souvent, voire toujours – est celle de l’usage de ce descriptif, pas de sa réalité pour certaines – qu’il ne faut justement ni moquer ni surtout considérer comme ontologiquement pathologiques ou dans l’erreur pour autant. Le fait d’avoir cerné ces symptômes et les avoir compris comme tels, me permet au moins d’avoir une empathie vis à vis des autres et de la maladie mentale en général et d’être particulièrement attentive aux discours et à la manière dont certainEs la considère et y réagisse.

  5. Léa says:

    Wow, pour un premier article je suis surprise du nombre (et de la longueur) des commentaires.
    Alors, je vais répondre au plus simple en premier : hélas non, je n’ai pas le temps d’aller suivre des cours de Science Po.
    Elise, je suis d’accord qu’il ne faut en aucun cas nier l’existence de PTDF chez certaines. Ce qui me dérange c’est la manière dont c’est fait, les motivations de chacuns…
    Il y a une réalité et je pense qu’en effet il ne faut pas minimiser les ressentis des femmes, et on a parfois nos propres “faiblesses” ok, seulement elles sont inscrites bien pratiquement dans le panel des raisons de notre supposée infériorité.
    Je ne sais pas si je réponds à tout le monde, je trouve que c’est une discussion très intéressante à mener en tout cas.

  6. Mégane says:

    Bonjour,

    Je suis totalement d’accord avec cet article. Et cette “Bible” de la psychiatrie n’en est pas à sa première absurdité. Dans le cadre d’un épreuve du bac, j’ai choisi de travailler sur l’identité sexuelle et j’ai du évoquer, dans ma partie sur la psychologie, les symptômes qui caractérisaient la transsexualité en tant que maladie ( ce que j’ai déjà du mal à accepter ) psychologique.
    Mes amies et moi avons eu la grande joie de découvrir que nous étions toutes les trois transsexuelles. La liste des symptômes du DSM-IV étant la suivante :
    “Identification intense et persistante à l’autre sexe (ne concernant pas exclusivement le désir d’obtenir les bénéfices culturels dévolus à l’autre sexe). Chez les enfants, la perturbation se manifeste par 4 (ou plus) des critères suivants :
    (1) exprime de façon répétée le désir d’appartenir à l’autre sexe ou affirme qu’il (ou elle) en fait partie;
    (2) Chez les garçons, préférence pour les vêtements féminins ou un attirail d’objets permettant de mimer la féminité; chez les filles, insistance pour porter des vêtements typiquement masculins;
    (3) Préférence marquée et persistante pour les rôles dévolus à l’autre sexe au cours des jeux de “faire semblant” ou fantaisies imaginatives persistantes d’appartenir à l’autre sexe;
    (4) Désir intense de participer aux jeux et aux passe-temps typiquement de l’autre sexe;
    (5) Préférence marquée pour les compagnons de jeu appartenant à l’autre sexe.
    Chez les adolescents et les adultes, la perturbation se manifeste par des symptômes tels que l’expression d’un désir d’appartenir à l’autre sexe, l’adoption fréquente des conduites où on se fait passer pour l’autre sexe, un désir de vivre et d’être traité comme l’autre sexe, ou la conviction qu’il (ou elle) possède les sentiments et réactions typiques de l’autre sexe.
    Sentiment persistant d’inconfort par rapport à son sexe ou sentiment d’inadéquation par rapport à l’identité de rôle correspondante.
    Chez les enfants la perturbation se manifeste par l’un ou l’autre des éléments suivants : chez le garçon, assertion que son pénis ou ses testicules sont dégoûtants ou vont disparaître, ou qu’il vaudrait mieux ne pas avoir de pénis, ou aversion envers les jeux brutaux et rejet des jouets, jeux et activités typiques d’un garçon; chez la fille, refus d’uriner en position assise, assertion qu’elle a un pénis ou que celui-ci va pousser, qu’elle ne veut pas avoir de seins ni de règles, ou aversion marquée envers les vêtements conventionnellement féminins.
    Chez les adolescents et les adultes, l’affection se manifeste par des symptômes tels que : vouloir se débarrasser de ses caractères sexuels primaires et secondaires (p. ex. demande de traitement hormonal, demande d’intervention chirurgicale ou d’autres procèdes afin de ressembler à l’autre sexe par une modification de ses caractères sexuels apparents), ou penser que son sexe de naissance n’est pas le bon.””

  7. Sei says:

    Et la violence que génère la testostérone, c’est un trouble psychiatrique aussi ou pas?
    Parce que pour ça aussi il existe des médicaments. Pas certaine qu’on invite ces messieurs à prendre des médocs pour être moins virils.
    Mais des médicaments pour soigner la féminité des femmes, ça oui. C’est beau.

  8. Camille says:

    Bonjour,

    Article très intéressant.

    J’ai toujours eu des règles très douloureuses, j’étais pliée en deux au lit, la douleur était à son paroxysme le premier jour des règles. Le médecin généraliste, le gynéco, m’ont prescrit les médicaments habituels, Spasfon, Antadys, Ponstyl et autres anti-inflammatoires qui ne me soulageaient pas. J’ai pris la pilule et mes règles étaient légèrement moins douloureuses mais j’ai eu d’autres problèmes à cause de ces hormones.

    Dernièrement, j’ai eu du Xanax ponctuellement pour l’anxiété des partiels de fin d’année. J’ai remarqué qu’en prenant cet anxyolitique pendant mes règles, je n’ai ressenti quasiment aucune douleur.
    Pour les anti-dépresseurs qui soulageraient les règles douloureuses, je ne sais pas car je n’en ai jamais pris.
    Je trouve que le lien entre les douleurs des règles et un aspect psychologique est vraisemblable.

  9. Camille says:

    anxiolytique (et non pas anxyolitique)

  10. Merelle says:

    Je suis handicapée très lourdement par mes règles avec un syndrome prémenstruel très lourd qui se manifeste chaque mois par des idées noires une prise de 2 à 3 kilos et une fatigue telle que j’ai de la peine à aller travailler je suis soulagée par un antidépresseur depuis des années et je connais des femmes qui vivent le même enfer alors oui ce n’est pas un mythe et oui le fait que ce soit reconnu est un appartement pourquoi critiquer si rapidement ce que vous ne comprenez pas ??

  11. Cr says:

    Bon alors, voilà ce que certaines femmes, dont moi, vivent mensuellement.
    A partir de 8 jours avant les règles, voire 15 pour d’autres, je me transforme littéralement physiquement et psychiquement.
    Nausées, migraines, vertiges, diarrhée, muscles raidis et douloureux, douleurs articulaires, fringales, insomnie avant les règles puis hypersomnie pendant, vision trouble.
    Envies de pleurer sans raison, découragement, idées noires et autodevalorisation, agressivité, défaut de mémoire et de concentration, erreurs fréquentes de réflexion.
    Puis règles douloureuses et symptômes encore pire pendant 8 j.
    Je suis tranquille de j7 à j20 en général, ce qui semble être bien par rapport à d’autres. Et pendant cette période, je redeviens active, optimiste, et normale à tous points de vue.
    Cette situation engendre un coût individuellement lourd à supporter, et socialement pas anodin non plus (plusieurs jours d’arrêts de travail par mois pour certaines).
    Il se trouve qu’à ce jour, on n’a pas encore déterminé vraiment ce qui génère ces symptômes, insufisance en progestérone ou excès en oestrogènes, excès de protaglandines, dérèglement des neurotransmetteurs sous l’influence des hormones, les causes possibles sont variées et peut être multifactorielles.
    On se penche de plus en plus sur cette approche multifactorielle justement, à savoir que psychisme et métabolisme étant liés, la régulation des neurotransmetteurs pourrait favoriser une régulation hormonale.
    Les grands labos américains ne sont pas les seuls à étudier cette approche, on retrouve la même en sophrologie, naturopathie, acupuncture, même si les moyens utilisés diffèrent.
    Excusez donc certaines de vouloir échapper à cet enfer et à sa liste de symptômes délicieux dressée plus haut dans laquelle nous sommes pas mal à nous reconnaître totalement, et excusez les professionnels, quelles que soient leurs motivations, de chercher à nous en délivrer un peu. Personnellement, je ne me sens aucunement dévalorisée dans cette démarche, ni ma féminité. Bien au contraire.

  12. Une des 20% says:

    Bonjour,
    Je suis totalement d’accord avec Ce et Merelle, on m’a diagnostiqué également ce trouble, et avant même qu’un médecin en accord avec mon gynécologue m’est diagnostiqué, j’avais déjà remarqué une accumulation de beaucoup de ces critères de manière cyclique, jusqu’à avoir tous les mois quelques jours avant mes règles des idées suicidaires, du genre tout serait meilleur sans moi, énormément de symptômes supplémentaires…
    Ces symptômes vous paraissent peut être “normaux”, ils le sont dans une certaine mesure… Le Syndrome prémenstruel (SPM) est bien connu, mais le TDPM est bien plus violent, le jour même de l’ovulation, je fond en larme, pour des raisons vraiment idiotes , et cela tous les mois sans exception, de même tous les mois, toujours ce même jour je commence à avoir les seins qui gonflent et sont très doulereux à tel point qu’il m’arrive d’avoir mal en marchant… Sans oublier presque tous les symptômes cités dans l’article.
    Je me suis aussi posé la question s’il ne s’agissait pas d’un autre trouble mais est il normal, dans ce cas que tous ces symptômes apparaissent le jour de mon ovulation, empirent pendant 14 jours et disparaissent avec l’apparition de mes règles ? Les idées de suicide, disparaissent en une journée… Et cela fait maintenant un an que ces symptômes reviennent de manière cyclique.

    D’après certaines études (oui je suis consciente qu’elles n’interrogent pas toute la population, les chiffres varient , mais 3-5 voir même 8 % des femmes souffrent de ce trouble.
    Et si je puis me permettre, ce n’est pas parce que vous n’experiencez pas ces symptômes ou que vous pensez d’avoir de quoi il s’agit parce que vous commencez avec avoir une petite sensibilité à la poitrine tous les mois qu’il n’y a pas des cas plus graves .

    J’ai vécu la transition de la vie “normale” à cette vie ” par intermittence”, ou du moins d’un état où les symptômes étaient beaucoup moins forts et ne me gênaient pas dans ma vie quotidienne. Aujourd’hui, je sais que je vais devoir vivre le restant de ma vie à vivre deux semaines sur un mois …

    Je sais que vous avez vos opinions, et je m’excuse si mon commentaire a pu paraître un peu agressif mais j’espère que vous comprendrez que je souhaiterais que cette maladie soit reconnue publiquement, ou en tout cas que ces symptômes soient reconnus et qu’une recherche plus importante aie lieu pour que l’on puisse déterminer s’il s’agit réellement d’une maladie ou de plusieurs facteurs combinés … Je souhaiterais savoir ce qui me pourrit la vie. Et comment est ce que je peux changer tout cela.

    Je tiens à préciser que je n’ai jamais pris de contraceptifs (pour d’autres raisons de santés )

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