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Le concept de la lesbienne Gold Star

Vendredi soir, je dansais à l’acte 3 lorsqu’une fille nous a posé cette question étrange qu’on ne m’avait pas posée depuis cinq ans : «Vous êtes lesbiennes ?». A l’époque, j’aurais répondu le plus naturellement possible « Oui ». Aujourd’hui, avec l’expérience et le recul, cette question me choque.

Ma réponse fut peut-être dure : « C’est quoi cette question ? En quoi ça te regarde ? C’est parce qu’on a les cheveux longs ? ». Je n’ai pas eu les réponses à mes questions, mais cette remarque a renforcé mon envie de vous parler d’un concept connu dans le milieu lesbien : la Gold Star.

Pour celles qui ne connaissent pas l’expression, la lesbienne Gold Star est une lesbienne qui n’a jamais couché avec un homme. La lesbienne Gold Star a souvent été synonyme de “pure” lesbienne dans la bouche de certain-e-s…

Apparemment, il faudrait ne jamais avoir couché avec un homme pour s’auto-définir lesbienne. Avant ça, il faudrait arriver à définir ce que veut dire coucher et ce que signifie être un homme. Chose qui n’est pas forcément évidente quand on [ vous ] pose la question.

Quand je suis arrivée dans le milieu lesbien, j’entendais des filles dire – sur le ton de l’humour- qu’il fallait absolument décrocher l’étoile d’or, cf : une lesbienne qui n’avait jamais couché avec un homme. Je trouvais cette idée absurde mais je dois avouer que cette sacralisation de la lesbienne qui n’avait couché qu’avec des femmes avait quelque chose de rassurant pour la jeune femme que j’étais à l’époque. J’avais peur que la fille avec qui j’étais parte avec un homme. Aujourd’hui, je trouve cela stupide. Pourquoi serait-il plus grave d’être trompée avec un homme plutôt qu’avec une femme ? Est-ce que la présence d’une bite aggrave l’acte ?

N’est-ce pas une vision totalement binaire du genre et de la sexualité ? Comme le dit si bien la bloggueuse de Gender Offender : si j’ai une relation sexuelle avec une personne trans, comment dois-je alors me définir ? Si je couche avec une trans M to F, cela fait-il de moi une lesbienne non Gold Star ? Ou alors, faut-il coucher avec un homme cis genre* pour ne plus être une lesbienne Gold Star ? Est-on bie si on couche avec un trans F to M ? Est-on lesbienne ? Est-on Queer ?

J’aime penser que chacun-e se définit comme il/ elle l’entend : qu’on se définisse comme lesbienne, hétéro, bie, ou pansexuelle, cela ne devrait pas importer dans nos relations aux autres et surtout dans nos jugements. Ce qui devait sans doute me rendre méfiante au début de ma vie amoureuse lesbienne à l’égard des filles bies, c’était l’idée d’être abandonnée, trahie. Mais cela est arrivé quand bien même les filles se définissaient lesbiennes. C’est parce qu’il y régnait une atmosphère de méfiance vis à vis des filles bies ou pansexuelles dans le milieu lesbien que cela m’avait rendue moi-même méfiante sans le savoir. Les lesbiennes ne sont pas exemptes de préjugés et de clichés.

Aujourd’hui, même s’il est plus facile de s’assumer lesbienne socialement, ça n’a pas toujours été facile. Il a fallu du temps pour que les lesbiennes s’affirment dans l’espace social, tandis que l’espace médiatique est encore à gagner en termes de qualité et de quantité. Notre espace est constamment menacé. La peur d’une orientation sexuelle qui ne soit pas exclusivement lesbienne a peut-être prit racine dans cette menace constante.

Ce qui est intéressant, c’est que ces préjugés sur les lesbiennes qui ont couché / couchent avec des hommes/ ont des relations sexuelles ou amoureuses avec des hommes rejoignent aussi la stigmatisation des lesbiennes Gold Star.

Le concept de la lesbienne Gold Star me fait penser au mythe de la virginité. Si être vierge signifie ne jamais avoir eu de relations coïtales (pénis/vagin), être une lesbienne Gold Star implique la même chose.

Il m’est arrivé que l’on me pose cette question à laquelle je n’ai jamais eu envie de répondre. L’idée que c’est la pénétration sexuelle d’un vagin par un pénis qui définit le rapport comme sexuel reste ancré dans mon inconscient, il est très difficile de se détacher de ça malgré toutes les lectures et déconstructions possibles. C’est très puissant et très vicieux.

Toujours est-il que je répondais « non » à cette question : « Non, je ne suis pas une Gold Star, j’ai été avec des hommes » comme si la bite était l’instrument de mesure universelle de la catégorisation des femmes. : vierge, pas vierge, lesbienne Gold Star, bie…etc. Qu’est-ce qui a pu faire de la bite un instrument de mesure ou de valeur ? Pourquoi même dans le milieu lesbien définissons-nous les lesbiennes en fonction des rapports qu’elles ont eu ou non avec les hommes ?

Il y aurait donc deux types de lesbiennes : les “pures” et les “autres”. Ce concept de la lesbienne Gold Star est non seulement très phallocentré et hétérocentré mais aussi totalement binaire. Il n’inclut pas les personnes trans, ni celles qui ne souhaitent pas définir leur genre, les gender fluid ou même les personnes pansexuelles.

Le milieu lesbien reproduit, peut-être malgré lui, des clichés issus de la société hétéropartiarcale. C’est parce que ces clichés là sont tellement ancrés en nous qu’il est difficile de s’en débarrasser. Mais il serait quand même bien -une bonne fois pour toutes – si nous souhaitons que le milieu lesbien soit safe pour toutes, d’arrêter de stigmatiser celles qui ont “osé” coucher avec des hommes.

Sarah

 

Sarah

Sarah parle de cul et d'amour mais aussi de bouffe vegan, de genre et de féminisme. Passion vélo et gingembre addict. Nouvellement vidéaste, elle espère flooder la toile de sa vision du porno. Twitter : @sarahdevicomte

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24 Comments

  1. Mopina says:

    Je pense que la Gold Star est sacralisée également car elle ne s’est pas construite par élimination: “je couche avec un homme, j’aime pas, je dois aimer les filles” (idée ô combien stupide). La Gold star a su tout de suite qu’elle aimait les meufs et c’est pour ça qu’elle est sacralisée par les autres meufs. Enfin pour ça et parce qu’elle n’a jamais été “salie” par une bite.
    C’est vraiment un concept à faire disparaître, à enterrer et à oublier. A cause de cette idée absurde selon laquelle la sexualité pourrait avoir des degrés de pureté, on crée des complexes là où il ne devrait pas y en avoir. Pour les filles qui ont eu des relations avec d’autres personnes que des filles cis, et pour les gold star qui ont des envies d’autre chose. On en arrive à un truc vraiment, mais vraiment absurde, le coming out inversé: papa, maman, les potes, je suis plus lesbienne, et toutes les angoisses qui vont avec. WTF?

  2. Badaboum says:

    Je pense aussi qu’un certain nombre de lesbiennes sont sexuellement dégoûtées par les hommes. Et en plus de ça dans le monde hétéropatriacal dans lequel on vit, baiser une femme pour un homme est souvent synonyme de conquete, d’appartenance. Je pense que goldstar ça marque plus un rejet des hommes “ils n’ont jamais eu accés à toi”. Au moins une qui a réussi à rester hors de leur giron quoi. Ce ne sont pas les lesbiennes qui ont eu des histoires avec des hommes qui sont visées. C’est un rejet de la sexualité masculine patriarcale, qui colonise le corps des femmes.

  3. Cham says:

    Perso je ne tire aucune fierté à être une vieille fille, j’en ai toujours eu honte et mes idoles sont bi ou hétéros. Je pense qu’on a tendence à sacraliser ce qu’on ne peut pas être.
    Sinon je pense qu’être une “gold star” est un gros handicap dans la vie, enfin moi je l’ai vécu comme ça, anormal, je pensais que l’étiquette était juste une petite revanche, mais si c’est pour encore cataloguer les choses, vous avez raison, c’est à bannir.

  4. Brunette Localicious says:

    Ça revient à dire qu’il y aurait des lesbiennes “plus lesbiennes” que les autres. C’est tout à fait absurde.

  5. Floriane says:

    Je ne suis pas du genre à laisser des commentaires, même si j’adore les lire mais pour une fois, j’ai envie de m’exprimer. Je veux absolument éviter, le “thèse, anti-thèse, synthèse” des cours de philo mais il y a des notions dans vos discours qui ne sont pas abordés et qui pour moi sont primordiales.
    La “Gold Star” n’est pas forcément admirée des lesbiennes parce qu’elle est “pure”. Pour moi et pour beaucoup, la “Gold Star” est fascinante parce qu’elle a toujours assumé ses choix, parce qu’elle a su dès le départ qu’elle était lesbienne et qu’elle ne s’est posé aucune question. Pour moi, la notion de “Gold Star” c’est ça : avoir toujours été en accord avec soi-même.
    Nous sommes nombreuses à avoir connu ce mal-être, cette période de doutes et je pense que les “Gold Star” servent à nous rassurer.

  6. Sarah says:

    Je trouve ça hyper important que les lesbiennes qui n’ont jamais couché avec un homme (mais il faut définir coucher et là c’est le problème numéro 1) soient médiatisées et visibles parce que c’est un enjeu politique fort d’être lesbienne et de ne pas se construire en fonction de notre rapport aux hommes. Je suis d’accord avec cette idée du patriarcat qui n’a pas atteint notre corps, cette idée de colonisation etc du corps des femmes, je la comprends tout à fait et la partage.
    Moi même, j’ai envie de constamment échapper au male gaze par exemple, même si je sais que ce n’est pas possible et je mets en place des systèmes qui font que je crois y échapper et ça me va, pour le moment, je me sens plus puissante en faisant ça, même si c’est intérieur. ne jamais avoir couché avec un homme, je suppose aussi que c’est la même chose. Moi-même, si on considère que coucher c’est un rapport coïtale, j’appartiendrais à cette “catégorie”, mais ça me gêne pour deux raisons:

    La première c’est que du coté des lesbiennes comme du côté des hétéros, je sens une oppression constante, inconsciente au fait de ne jamais avoir couché (coïtalement) avec un homme. Souvent j’ai dans la tête cette idée que la virginité c’est ça (malgré toutes les déconstructions intellectuelles et culturelles qu’on fait) c’est vrmt difficile personnellement de me détacher de ça, c’est un travail continu de me dire “mais non Sarah t’as couché avec des hommes même si c’est pas la définition qu’on a l’habitude d’entendre et si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave, on est pas obligées de coucher avec un homme”. dc de ce pt de vue, florianne je te rejoins, il y a quelque chose qui est fort et puissant quand on résiste à cette oppression là, quand on a assumé d’être lesbienne rapidement etc. en même temps, je trouve que ça sacralise ce type de parcours hyper linéaire au détriment d’autres parcours et ces catégories là me gênent parce que ça crée des sores de clivages au sein des lesbiennes, ça crée une échelle qui part de a vraie lesbienne à la bie qui n’est pas vraie etc.

    Je le répète, je trouve ça important d’en parler (d’où l’article) et je en dirais pas non plus qu’on est à une époque où on peut dépasser toutes ces notions qui catégorisent pour faire tout exploser car ces catégories font ressortir des problématiques intéressantes. Mais ça reste hyper binaire, hyper hétérocentré et aussi dangereux et oppressant. peu importe ce que l’on sacralise, la sacralisation a quelque chose de oppressant car ça renvoie, par son opposition à quelque chose qui en face n’est pas sacralisé dc rejetéet y’a une espèce d’échelle de valeur mise en place malgré tout.

    Tout ce système de valeur mis en place par un seul truc: si oui ou non on a couché avec un homme cis genre.

    C’est tellement hétérocentré !

  7. Marion says:

    Juste un petite réponse à Florianne, je ne suis pas tout àa fait d’accord quand tu dis” la “Gold Star” est fascinante parce qu’elle a toujours assumé ses choix, parce qu’elle a su dès le départ qu’elle était lesbienne et qu’elle ne s’est posé aucune question. Pour moi, la notion de “Gold Star” c’est ça : avoir toujours été en accord avec soi-même.” Car tu peux ne pas être un “Gold Star”, j’entends avoir ou avoir eu des relation sexuelles avec des hommes, tout en étant en accord avec soi même, et ne s’être jamais vraiment posé de question.

  8. Blueberry says:

    Salut,

    je trouve ce débat intéressant. Ce qui me semble étrange c’est de lire souvent le terme “sacralisée” pour parler de la fameuse Gold Star: j’appartiens a priori à cette catégorie (qui, je suis assez d’accord, n’a pas de sens réel de toutes façons) et j’en aurais plutôt honte. Pour moi ne jamais avoir “couché” avec un homme (dans mon inconscient, quelque part ancré en moi, comment me défaire de cette idée je n’en sais rien), c’est ne pas être une femme à part entière. Et si on me pose la question (quelle que soit la personne qui me la pose, hétéro homo etc etc), je vais clairement avoir envie de mentir dans ma réponse, car je vis cette expérience manquante justement comme un “manque”.

  9. Sarah says:

    Blueberry:

    totalement, je ressens la même chose que toi même si j’essaie de m’en défaire parce que je sais que c’est absurde mais c’est tellement ancré que ce n’est pas facile..

    Marion: je te rejoins totalement.

  10. claudine says:

    Salut,
    bonjour,
    tiens je ne connaissais la notion de Goldstar –
    Pourquoi rajouter des étiquettes ?
    Je crois que nous, du moins moi, avons tout fait pour y échapper et voilà qu’il en arrive encore !
    La pure lesbienne, la Vestale de la cause, existe-t-elle ? N’avoir jamais couché avec un homme + être en harmonie avec soi-même , ça me semble louche.
    J’ai couché avec des mecs juste pour savoir à quoi ça ressemble… ça ne m’a pas expédiée au 7° ciel – mais pas du tout. Raisonnablement, je peux dire que j’aime les femmes –
    et comme je ne suis pas très ambitieuse, ça me suffit.
    Etre une femme à part entière parce qu’on a couché avec “le mâle” …. me semble excessif.
    Une lesbienne désirant les femmes, aimant les femmes est une femme à part entière… si, si, je vous assure — la société vous envoie des signaux perturbants voire culpabilisants mais ce
    ne sont que des illusions…d’optique.
    Est-ce que cela ne viendrait pas du peu de visibilité des lesbiennes ? Comparées aux gays, parfois nous passons inaperçues. Surtout les filles qui “tombent dans la catégorie des Lipsticks” – BING, encore une étiquette qui divise l’identité lesbienne.
    Pourquoi toutes ces prises de tête ? pourquoi toutes définitions réductrices ?
    Parce que nos liaisons ne durent pas toute une vie ? parce que nous sommes encore fragiles ? mais nous créons notre fragilité avec ces cloisonnements — – enfin, ce n’est que mon opinion.
    Bonne continuation.

  11. Caroline de Nice says:

    Bizarres toutes ces étiquettes. On se croirait au supermarché à se demander si le steak haché 5% de mat. grasses serait mieux que le 15% pour la bolognaise de ce soir.
    Je suis une femme trans, pas complètement opérée, pas besoin d’un vagin.
    J’ai bientôt 50 piges, une fille adorable et une chatte pleine de tendresse.
    J’ai couché avec 3 mecs “pour voir”, par curiosité, il y a des années.
    Toute ma vie je n’ai eu des relations, amoureuses ou pas, qu’avec des femmes.
    J’étais donc un mec hétéro, et je suis devenue une nana lesbienne.
    Ce qui entre nous ne veut strictement rien dire, c’est juste une histoire de goût, pas de code barre sur mon front.
    Les lesbiennes sont ma communauté, j’y suis acceptée, invitée et appréciée, vu les sympathies et amitiés qui se sont créées au fil du temps. On m’a déjà parlé de cette histoire de Gold Star, et un soir, alors qu’on était tout un groupe de filles à papoter de ça, on a constaté qu’il n’y avait pas une seule “pure” dans le lot (conséquent) et au final après avoir parlé de nos expériences, je suis la plus pure de toutes ! Morte de rire la Caro !
    Et oui, j’étais celle qui a eu le moins de rapports avec des mecs…
    Donc je suis d’accord avec l’article pour dire que l’étiquetage doit rester un truc hors des rapports humains :)

  12. Floriane says:

    Ce que je trouve intéressant dans ce débat, c’est qu’au final, on réalise qu’on a toutes une vision différente de la “Gold Star”. Et je dois dire que je trouve ça amusant !
    En lisant cet article et vos commentaires, on remarque que cette étiquette soulève plus de questions, qu’autre chose.

  13. Artemisia.g says:

    Excellent, merci pour cet article!
    J’aime bien le post de The Gender Offender aussi, parce qu’ille met le doigt sur quelque chose de capital: le capital économique et culturel, l’origine géographique, en gros d’où tu viens. Je suis d’accord le concept de Gold Star Lesbian a quelque chose de foncièrement classiste en plus de son côté phallocentriste bien tradi. Qui peut être une Gold Star? Savoir que l’on est lesbienne dès le plus jeune âge ou l’expérimenter c’est savoir, déjà, que ça existe (pas si évident, et encore aujourd’hui!!!! surtout si tu habites à St-Trou-la-Forêt), avoir la force de se rebeller contre le système hétéropatriarcal (et là l’origine sociale et le capital culturel, ça joue beaucoup), etc. Personnellement, je n’ai pas rencontré de meuf lesbienne de mon âge avant la Terminale… Je vivais à Straight Land et franchement, vu la violence sexiste quotidienne qu’on subissait en tant que meufs, le Slut Shaming notamment, je n’avais même pas le temps de relever la tête de toute cette merde, de réfléchir à mes désirs et à ma sexualité, je fonçais tête baissée en parant les coups. Alors ouais ce concept de Gold Star est puant. Chacune son parcours de vie, pas un ne vaut mieux qu’un autre.

  14. Tao says:

    Tiens, pourquoi pas un article “typologie” sur le sujet ?

  15. Jeanne-Emilie says:

    Moi je suis née intersexuée, et petite je disais à ma Maman, que j’étais une princesse qui attendait sa princesse. Je suis en attente l’an prochain d’être assignée définitivement comme une fille et je n’ai jamais couché avec un homme. L’idée n’a jamais germée dans mon esprit et ce ne sont pas les propositions qui ont manquées pourtant !
    J’ai un peu envie de pleurer en lisant tout ceci.
    Pourquoi une étiquette ??? Moi, je me définis comme une fille qui aime les filles point. Je vais pas chercher plus loin et honnêtement la seule chose qui m’intéresse c’est d’être reconnue en tant qu’Humaine. Et que la fille qui me plait, je lui plaise aussi comme je suis.
    Pas plus tard que hier soir dans un bar, la patronne me disait : “il va falloir que je te présente à …., je suis certaine que tu vas lui plaire” et j’ai demandé pourquoi, ce à quoi elle m’a répondu :”parce que tu es son genre de fille”
    Mon bonheur parfois est tout simple…et l’essentiel selon moi c’est de respecter l’autre autant qu’elle vous respectera.

  16. RIzla says:

    Juste en passant, j’ai adoré (vraiment) cette phrase :
    “Qu’est-ce qui a pu faire de la bite un instrument de mesure ou de valeur ?”
    Je me suis bien taper un fou rire de 10min avec ça !

  17. GOLD STAR?! says:

    Gold star je n’avais jamais entendu parler de cette expression qui est censée me qualifier?!Je n’ai jamais entendu mettre en avant la “gold star”; chez les gays aussi t’as des mecs qui n’ont jamais couché avec des filles et alors peu importe c’est juste un choix chacun e son vécu.En général t’évites de le dire de peur d’être stigmatisée!Juste il faut bien l’avouer quand t’es ado on te pose toujours la question si t’es une fille t’as un petit copain? et si de surcroît on sait que t’es lesbienne t’as déjà essayé avec un garçon?même si t’en as pas envie!Maintenant adulte quand j’ai rompu avec mon ex on m’a demandé si mes parents n’allaient pas s’imaginer que j’allais devenir hétéro?!
    On est tous différent c’est ce qui fait la richesse LGBT.
    Généralement, et/ou malheureusement on te définit alors que c’est bien loin de ce que tu ressens…

  18. Antiope says:

    Je suis complètement d’accord avec Badaboum.
    Je suis moi-même une Gold Star, je sais depuis mes 14 ans que je suis lesbienne, et même avec le recul j’ai réalisé qu’à 8 ans j’étais amoureuse d’une fille. Je n’ai absolument pas honte de n’avoir jamais couché avec un mec, je ne considère pas cela comme un manque, une expérience à vivre ou encore moins une étape nécessaire pour être une femme à part entière. J’ai de très bons potes hommes, mais je n’ai pas envie de coucher avec eux ni d’autres hommes. J’aime les chats, c’est pas pour autant que je vais devenir zoophile. Oui je ressens du dégoût à l’idée de coucher avec un homme.
    Je vois beaucoup de commentaires pour désacraliser les Gold Stars, mais chacune fait ce qu’elle veut non ? Y’a pas assez de sexisme, de préjugés, de clichés sur tout et tout le monde, il fallait encore un article pour nous taper dessus ? Comme si on entendait déjà pas assez souvent que si on n’a pas essayé avec un homme on ne peut pas savoir si l’on aime les femmes ! Comme si les lesbiennes n’étaient déjà pas totalement sous-représentées ! Y’a tellement de lesbiennes, dans les films, séries, etc, qui finissent pas coucher avec un mec, comment je fais pour me reconnaître là-dedans moi ?
    Cela me fait penser à ce fameux article de Barbieturix, prétendument biphobe… De manière générale cela m’écoeure de voir autant de préjugés au sein même de la communauté LGBT. Les bis se plaignent de biphobie, mais avez-vous pensé à toutes ces lesbiennes qui, comme moi, sont bien avec les femmes, n’ont pas envie “d’essayer” les hommes, et ne se reconnaissent nulle part, se prennent en permanence dans les dents l’idée que coucher avec des femmes, c’est cool, mais que pour être une vraie femme il faut coucher avec des hommes, qu’il n’y a que ça de vrai… ?
    Vouloir désacraliser une catégorie de personnes qui ont déjà tellement de mal à prouver qu’elles existent et à défendre ce qu’elles sont, je trouve cela dommage. Y’a plus important, comme combats…

  19. Jeanne-Emilie says:

    tes mots sont justes…. Gold Star ?!

    ;)

  20. Sarah says:

    Antiope:

    Je ne sais pas si tu as vraiment lu l’article mais je ne suis absolument pas en train de dire que c’est un problème de ne jamais avoir couché avec un homme, au contraire, je dis bien que c’est aussi hyper stigmatisé, comme on stigamise les biEs.

    Je trouve ça super que tu arrives, dans notre société hétéropatriarcale à ne pas avoir cédé à cette oppression du “il faut coucher avec un homme pour savoir/ être une femme / ne pas mourir con” etc et j’en passe.

    Je le dis bien également dans les commentaires, et d’autres filles le disent aussi: on n’est pas du tout en train de dire que c’est mal d’être une gold star. ce que je remets en question c’est la notion de catégorie: celles qui ont couché avec des hommes et celles qui n’ont pas couché avec des hommes; comme si finalement, c’était le fait de coucher avec un homme qui nous catégoriser ou nous rendrait plus ou moins lesbienne.

    Si on part du principe que coucher= une bite dans une chatte, alors je suis une gold star. Mais je n’aime pas cette appellation pour la simple raison que c’est encore une catégorie comme s’il n’y en avait pas déjà assez et comme s’il fallait une échelle de lesbienitude. C’est ce que cet article dit noir sur blanc.

    Il dénonce aussi justement cette stigmatisation peu importe ou l’on se place.

    Et je me répète, c’est vraiment bien d’avoir réussi à s’échapper de l’oppression hétéropartiarcale, mais ce n’est pas le cas de tout le monde, ce n’est pas une chose facile tellement c’est ancré et ce que je dis justement c’est qu’à trop vouloir catégoriser les lesbiennes en deux: Gold Star vs les autres, on fait du mal à toutes, on oublie que les parcours sont différents, qu’il y a autant de parcours que de filles lesbiennes/ bies.

    Vraiment, je ne sais pas quel article tu as lu, mais dans tout les cas, ton commentaire dénonce exactement ce que je dénonce dans l’article (entre autres).

    Pour la visibilité lesbienne, on en a déjà bcp parlé, et on a encore besoin d’en parler, surtout quand on sait que les trucs lesbiens qui sortent ne dont pas forcément bons, déjà qu’il y en a peu.

    Donc oui je partage ton pt de vue concernant le fait qu’on stigmatise les femmes qui n’ont jamais couché avec des hommes et quand bien même les gays aussi ont leurs gold star, ça n’a pas du tout la même portée dans une société sexiste. Les femmes sont toujorus définies en fionction de leur rapport aux hommes (cf artile sur la virgnité) et c’est véritablement un gros problème.

    On devrait pouvoir avoir la sexualité ou les relations amoueuses que l’on veut sans être stigmatisée de part et d’autres.

  21. Laura says:

    Bonjour à toutes,

    Je crois que dans cette notion de Gold Star, qui définit une femme qui n’a jamais couché avec un homme, c’est avant tout l’authenticité que l’on admire. Même si l’on peut être Gold Star et avoir eu des doutes, avoir cherché à comprendre ses désirs, au moment de passer à l’acte, on a quand même réussi à se dire “non, je n’en ai pas envie, je ne le ferai pas, même pour essayer”.
    Cette affirmation est très puissante, c’est vraiment dire “il n’y a que mon désir qui compte, et là, il est absent”. En fait les Gold Star impressionnent et parfois mettent mal à l’aise dans la mesure où ça nous renvoie, nous autres non Gold Stars, à notre aliénation dans un système hétéropatriarcal. À un moment où, même parce que l’on se dit “ouverte” ou “libre” ou “libertine”, ou que sais-je, on s’est en quelque sorte imposé un rapport sexuel “pour voir”. Ce n’est pas la présence ou l’absence de bite qui a fait pression sur nous à ce moment-là, c’est plutôt le non-contrôle de nos corps, le système qui nous dit que nous sommes libres de tout essayer, même avec les hommes (et surtout avec des hommes). Et ça nous fait peur de s’être effacées au point d’accepter tel ou tel rapport au nom de telle ou telle liberté des corps. Les Gold Stars, elles, ont su dire “Ok, je pourrais essayer, mais vraiment je n’en ai pas envie, et c’est ce qui compte pour moi”.

    Bien entendu je ne parle pas des bies, ou des lesbiennes (ou des hétéros d’ailleurs – mais ce n’est pas le sujet) qui ont véritablement désiré un mec au moment où elles ont couché avec un mec, mais des lesbiennes qui ont eu un ou plusieurs rapports avec des mecs, soit dans un jeune passé en Straight Land (donc sous l’influence de l’hétéro-patriarcat), soit un jour “pour essayer”.

    Tout cela ne fait pas des Gold Stars de “vraies” ou de “pures” lesbiennes pour moi, mais plutôt des féministes instinctives, qui ont eu et appliqué l’intuition du fameux “mon corps m’appartient” et “peu importe si “mon désir fait désordre”. Elles ne sont à mon sens pas plus lesbiennes que les autres, elles sont juste plus intuitivement maîtresses de leur corps. Or le féminisme n’est pas qu’intuitif, il est aussi discursif et politique. Les autres lesbiennes non Gold Stars, ne doivent pas se sentir coupables d’avoir été emportées par les solides rouages d’un système hétéropatriarcal, juste comprendre que le parcours n’a pas été plus tortueux, sinueux que celui des Gold Stars, c’est juste que la résistance à ce système s’est manifestée autrement que par la résistance du corps.

  22. Blueberry says:

    Très intéressant commentaire de Laura; le plus intéressant depuis le début de ces échanges à mon sens… J’aime bien cette idée d’une intuition essentielle selon laquelle oui, je peux être maîtresse de mon corps envers et contre tout -sans que cette intuition ne se manifeste forcément ensuite à travers un discours politique, ou même un positionnement “conscient” en tant que féministe. Qq’un peut me passer le mail de Laura, à part ça? :)

  23. Sarah says:

    @Laura

    Oui, c’est quelque chose avec lequel je suis plutôt d’accord, cependant, je pense pas qu’on puisse parler de “féministes instinctives” dans l’acte oui ça me rapelle Monique Wittig mais justement, ce n’est pas forcément pensé.
    Je ne suis pas particulièrement admirative des personnes qui ont réussi à ne pas agir sous la pression de la société. Je trouve ça bien, pour elles. Pour ma part (car je ne me considère absolument pas gold star si tant est j’aurais besoin de me le dire ou pas), je suis admirative de toutes les personnes qui ont fait les choix qu’elles ont fait. J’ai fait des trucs avec des mecs, je me suis fait chier, ‘jai dit non. Oui j’ai cédé à la pression mais en soit, c’est pas grave d’y avoir cédé. Je trouve que justement, si on admire les lesbiennes gold star, alors les autres, elle culpabilisent?

    Au delà de ça, cette catégorie me fait hurler simplement parce qu’il s’agit d’une catégorie qui se base sur “oui ou on on a couché avec un homme”…pour moi, ça c’est encore plus anti féministe.

    Echapper à cette catégorisation, ne pas vouloir s’y référer est pour moi bcp plus féministe.(même si j’ai pas envie de mettre d’échelle de valeur etc.)

    c’est vraiment ce terme et tout ce que ça implique en catégorisations liées à ce qu’on a fait de nos sexes qui me gêne.

  24. Iannetti sarah says:

    Voilà en parlant de personne transgenre.je suis une fille cisgenre et lesbienne .je suis en couple avec une fille transgenre et peut importe ce quelle a entre les jambes ce nes pas un homme jai toujours vu une femme jai toujours ressenti une femme..il y a une différence entre un homme cis et une fille mtf car un homme cis est un homme et une fille transgenre que elle soit operer ou non peut importe son sexe cest une fille.je ne sais pas vous mais moi avant de me mettre avec ma copine je n’aurai pas pu me mettre avec une fillle trans et en réfléchissant et en mattachant a ma copine jai compris que jetai bien avec une fille et non un homme et je suis lesbienne je ne suis ni bi ni hetero ni pansexuel

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