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Les salons d’esthétique mettent les grosses à l’amende

Désormais, dans certains salons d’esthétique de la capitale anglaise, il faudra s’acquitter d’une taxe « grosse » si on ne correspond pas aux « standards ».

C’est ce qu’a révélé le journal anglais The Sun cette semaine. L’article rapporte que MM Bubbles, un salon d’esthétique dans le South Kensington impose un supplément de 6 euros à toutes les clientes qui font du 40… Le prix à payer pour se débarrasser de ses poils (aux jambes) moyennant une séance de torture d’épilation de 45 minutes.

The Sun rapporte également que ces taxes sont progressives. En d’autres termes, MM Bubbles a le chic de différencier les grosses des très grosses. Résultat : à partir de la taille 46, ce n’est plus 6 euros mais 12 euros supplémentaires…Visiblement, chez MM Bubbles, faire la peau aux poils nuit sensiblement aux bourses.

Le hic, c’est que l’équivalent d’un 40 en Grande-Bretagne est plus petit que la taille moyenne des femmes anglaises qui, elle, est de 44. Ce qui veut dire que plus de 50 % des femmes (au moins)  sont passibles de payer cette taxe. Le journal The Sun a envoyé une femme (taille 52-54) se faire épiler dans le salon en question. Au moment de payer la séance, la propriétaire lui aurait lancé : « Je sais que ce n’est pas très gentil pour vous, mais j’ai utilisé plus de produit ».

Cette grossophobie ordinaire n’est pas le propre des salons d’esthétique. Cela fait un moment déjà que certaines compagnies aériennes pensent à faire payer plus cher les passagers « plus lourds ». Comme la propriétaire de MM Bubbles, les compagnies arguent qu’un appareil plus chargé consomme plus de kérosène et pollue plus, en émettant plus de CO2. A ce sujet, un économiste américain a confié à CNN : « Imposer un prix en fonction du poids et de l’espace est un principe universellement accepté, pas seulement dans les transports, mais aussi dans d’autres services »

Oui, il est sans doute « normal » de payer plus pour une grosse valise. Encore que  les magouilles politiques de certaines compagnies low cost en la matière sont scandaleuses. Mais mettre dans le même sac un humain et une valise, ça paraît un peu –beaucoup- gros. Ces nouvelles législations ne font que nous ancrer chaque jour un peu plus dans l’amère réalité de nos sociétés capitalistes : l’humain est à l’extrême périphérie des sphères de décision.

Rania

Rag

D.A et programmatrice des soirées Wet For Me et Barbi(e)turix, Rag manie les platines aussi bien que les mots. Twitter : @Raagg

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4 Comments

  1. Louise Labia says:

    Allez les filles, un pas de plus en faveur de l’abandon de l’epilation.

  2. Julie Mazens says:

    Le salon d’esthétique près de chez moi (dans le 92) fait trois tarifs différents selon la corpulence.

    Pourquoi y voir une taxe ou de la grossophobie ? Corpulence plus importante nécessite plus de temps et plus de produits.

    Bises.

  3. oiseaudelin says:

    Et donc ça se passe comment Julie Mazens, c’est quoi les critères de corpulence? on te pèse à l’entrée? “dommage à 200 grammes près pour payiez moins cher”. Ou on fait ça au nombre de bande ou au nombre de poils?

    A ce moment là on peut aussi envisager de mesurer la surface totale des ongles de chaque cliente se faisant manucurer, pour que celles qui utilisent le plus de vernis et usent le plus la lime payent un peu plus cher que les autres? L’un comme l’autre me paraissent absolument ridicule…

    Je m’imagine vivre la situation citée dans l’article et j’ai du mal à comprendre comment il est possible de ne pas trouver cela effarant? Sans parler de la dépense supplémentaire qu’on peut juger juste ou non, c’est affreusement humiliant!!

  4. timide says:

    article drôle-drôle d’article.

    eggs, eggs, eggs !
    edith massey, je me demande combien de supplément pour cette pink flamingos !?!

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