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Telepathe : « On a besoin d’un public queer »

Telepathe revient au printemps prochain avec un deuxième album. Rappelez-vous, So Fine, tension musicale à la fois profonde et pétillante, sortait il y a quatre ans ; rappelez-vous de Melissa et Busy, ces deux filles venues de Brooklyn, ouvertement queers aux visages angéliques.

Et pourtant, en échangeant avec elles, on apprend que Mélissa serait « une grosse tapette dont l’obsession est de piquer les petites amies des mecs hétéros ». Entre légèreté, rire et sincérité, Melissa nous explique à quel point Telepathe est un groupe queer et nous parle même de « musique genrée ». Interview.

Vous étiez passées où depuis Dance Mother, votre premier album de 2009 ?

Melissa : On a beaucoup tourné, dans le monde entier, on a sorti quelques singles sur un nouveau label, Federal Prism (Oh Land, TV On The Radio, CSS). Puis on a enregistré un nouvel album, il devrait sortir au printemps prochain ! On a aussi remixé le nouveau single de Scarlet Johansson qui ne devrait pas tarder à sortir et quelques titres de Oh Land et TV On The Radio. On aime être débordées !

Et ce nouvel album, il est dans quelle veine ?

Le nouvel album est très cohérent. Pour nous, il représente un véritable bond vers la maturité, on a tenté de pousser notre habilité à écrire des chansons à son maximum. On a établi des espèces de paramètres d’écriture et on a tenté de s’y tenir. Par exemple, le début de chaque chanson est composé d’une ligne de basse, et à partir de là on construit un morceau ! On a établi environ 10 directives à suivre pour faire l’album, et celle-ci était la première. Pour ce qui est de l’ambiance je dirais qu’il est très pop mais en même temps très dark, toutes les chansons ont une certaine couleur, une grande profondeur.

Mais au fait, votre groupe, il vient d’où ?

On s’est rencontrées grâce à notre ancien groupe, Wikkid. Les deux autres membres voulaient se diriger vers d’autres carrières, alors que pour Busy et moi il était clair que la musique était notre avenir, alors on a continué, et on a lancé Telepathe !

Vous vivez à New York, c’est une scène musicale très exigeante non ?

Busy est de Los Angeles, moi je viens de la Nouvelle Orléans, mais c’est à Brooklyn qu’on s’est trouvées, musicalement. La scène de New York est peut-être difficile, mais je ne me rends pas compte, car c’est la seule qu’on connaisse. La scène newyorkaise est notre scène et elle nous a apporté beaucoup, elle supporte notre étrangeté comme aucune autre je crois ! On est un peu barges (rires), on évolue dans notre bulle, on a toujours rejeté l’idée de tendances, de modes. New York nous a permis de faire partie de quelque chose tout en gardant notre propre identité d’artistes.

Et le fait d’être queer, vous pensez que ça joue ?

Ce n’est que très récemment que le fait d’être queer est devenu important dans notre vie d’artistes. On a toujours fait tout notre possible pour mettre en avant notre musique en elle-même plus que le fait qu’on soit identifiées comme queers. Mais au final on se rend compte que c’est un aspect très important de notre musique et j’aimerais que dans le futur Telepathe soit reconnu en tant qu’artistes queer qui essaient de faire la meilleure musique genrée possible, hashtag #queerpioneers ! (rires)

Et pour vous, il y a une différence entre jouer devant un public queer et un public ouvertement hétérosexuel ?

Avant on s’attachait à ne discuter de ça qu’avec des journalistes ou des fans eux aussi proprement queers. Mais les choses changent alors aujourd’hui si je devais discuter avec quelqu’un de non-queer, je lui expliquerais à quel point je suis gay et complètement dingue. Et je tient à ce qu’on sache qui je suis, c’est à dire, une grosse tapette dont l’obsession est de piquer les petites amies des mecs hétéros.

Et le fait d’être queer t’a déjà causé des problèmes ?

Dans le passé, je ne parlais pas ouvertement de mes préférences sexuelles et du coup oui, j’ai rencontré des difficultés dans le sens où on m’attribuait des choses avec lesquelles je n’étais pas d’accord. Tu vois ce que je veux dire ? À un moment, le fait que notre public ne soit pas vraiment queer, m’a fait me poser un tas de questions. On a envie, besoin, d’un public queer.

Pour en revenir à votre musique, c’est quoi qui vous inspire le plus ?

Ça a toujours été, et ça le restera, les compos de John Carpenter. Écoute, et tu comprendras mieux notre prochain album.

Bon, et quand vous ne faites pas de musique, vous faites quoi à New York ?

On sort beaucoup ! Enfin, j’essaie de ne pas sortir tous les soirs quand même. Busy, elle, danse beaucoup, à la base elle est danseuse, puis elle est complètement obsédée par le Butoh (technique de danse inspirée par le danseur Ankoku-Butoh, ndlr). Récemment j’ai commencé à mixer un peu plus sérieusement et je travaille sur un nouveau projet musical qui s’appelle Libra Rising avec lequel je sortirai des morceaux plus clubbing.

 

Adeline

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One Comment

  1. timide says:

    lol les meufs ! WFM for her please.

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