ORPHAN BLACKEPISODE 101/102 D7

Orphan Black, série B comme bijou

Avis aux amatrices de science-fiction rocambolesque et de nanar d’émancipation, Orphan Black est la série de série B que vous cherchiez !

Le pitch est déjà un peu complexe, alors accrochez-vous : Un soir, alors qu’elle prend le train pour rentrer à New-York, l’héroïne, Sarah, une jeune paumée au look de “pute punk-rock”, assiste au suicide d’une jeune femme sur les voies. Alors qu’elle s’apprête à sauter, leurs regards se croisent. Stupeur : l’inconnue lui ressemble comme deux gouttes d’eau ! Un peu sonnée, mais ne perdant rien de ses habitudes de malfrat, Sarah la dépouille de son sac, laissé sur les voies.

La suicidée a l’air d’avoir une jolie petite vie : une belle voiture, un appartement cossu et de l’argent sur un compte en banque. Sarah, qui vit de combines et de trafic, décide de lui voler son identité pour lui soutirer ses économies.

Evidemment, rien ne va se passer comme prévu. Notamment parce que, contrairement à ce que croit Sarah, rien n’est du au hasard dans la vie tristement pénible qu’elle mène depuis 30 ans.

Elle découvre quelques semaines après avoir usurpé l’identité de la suicidée que d’autres femmes lui ressemblent un peu trop. Sarah réalise qu’elle a fait partie d’un programme de clonage et que quelqu’un tente de les décimer, elle et ses clones. Elle entraine alors Felix (son frère adoptif, jeune gay décomplexé absolument irrésistible), Vic (son ex, qui mérite des poings dans le g*****), et Mme S, sa mère adoptive qui a la garde de sa fille, Kira dans une aventure abracadabrante.

Entre expériences génétiques à la Dark Angel, intrigue policière façon Dexter et jeu de rôles schizophrénique à la United States of Tara, la série, créée par Graeme Manson et John Fawcett, mélange les genres, quitte à flirter avec le n’importe quoi. Mais l’inventivité des scénaristes et la prestation de l’actrice principale, Tatiana Maslany, qui incarne pas moins de cinq rôles, nous fait oublier les énormités du scénario.

Le point fort de la série c’est que tous les rôles féminins sont à la fois complexes et “actifs”. Les femmes portent littéralement la série. Sarah est une punkette débrouillarde mais ces doubles ne sont pas en reste : l’une est une femme au foyer mais à poigne fan de football, l’autre une scientifique surdouée (et lesbienne). Les hommes, en revanche, sont menteurs, violents ou manipulateurs…

La virtuosité d’Orphan Black, c’est que la série ne résiste à aucun ressort scénaristique. Twists improbables, suspens insoutenable et intrigues sinueuses sont au rendez-vous, menant le spectateur dans une spirale de rebondissements et de faux-semblant où récit d’anticipation, mélodrame et thriller se confondent, jusqu’à un stade d’ingéniosité quasi grotesque. Le récit, construit en tiroirs, révèle à chaque épisode son lot de surprises. On rit, on sursaute, on est accro.

Lubna

 

Lubna

Grande rêveuse devant l'éternel, Lubna aime les livres, les jeux de mots et les nichoirs en forme de ponts. Elle écrit sur l'art, avec un petit a : bd, illustration, photo, peinture sur soie. Twitter : @Lubna_Lubitsch

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One Comment

  1. Cham says:

    C’est du Whedonverse ;-) cool

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