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Journée internationale contre les violences faites aux femmes

Le 25 novembre 1960, trois sœurs, Patria, Minerva et María Tereza Mirabal, étaient assassinées à coups de machette en République dominicaine. Un triple meurtre commandité par Rafael Trujillo lui-même, le président de la République. Depuis l’année 1981, le 25 novembre a été choisi par les militants des droits des femmes pour célébrer la mémoire des sœurs Mirabal, comme le rappelle le Huff Post.

L’occasion de faire chaque année le bilan de ce phénomène qui concerne toutes les couches de la société et reste encore un tabou majeur. Plus d’une femme sur cinq victime de violences conjugales n’en parlerait à personne, pas même à des amis et des proches. Quand la violence commise par le conjoint ou ex-conjoint est de nature sexuelle, plus d’une femme sur trois cette fois garderait le silence.

En 2013, le viol et la violence conjugale représentent un risque plus grand pour une femme âgée de 15 à 44 ans, que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis. C’est ce que révèlent des données réunies par la Banque mondiale. Chaque année en France, 150 femmes meurent sous les coups de leur conjoint, soit une tous les 2,5 jours.

En prévision de cette journée, l’Insee a publié vendredi une étude sur le cadre de vie et la sécurité en 2012. Il en ressort que les femmes sont trois fois plus souvent victimes de violences sexuelles que les hommes et représentent plus de la moitié des personnes atteintes par toute autre attaque physique.

Entre 2010 et 2011, 2,2 millions de personnes âgées de 18 à 75 ans ont subi des violences physiques ou sexuelles, révèle l’enquête. Plus de la moitié (soit 1,22 million de personnes) étaient des femmes et elles représentaient les trois quarts (287 000 au total) des personnes ayant subi des viols, tentatives de viol ou attouchements sexuels.

L’étude montre également que pour la période 2006-2011, les trois quarts des femmes connaissaient leur agresseur, alors que pour un homme sur deux l’auteur des violences est un inconnu. Dans 35% des cas, l’auteur des violences sexuelles subies par les femmes peut être le conjoint ou ex-conjoint, et dans 21% des cas, une personne connue, comme un collègue de travail ou un ami. Enfin, l’agresseur peut être une personne connue de vue (16 % des cas) ou encore un membre de la famille (11 %).

Le lieu de résidence se révèle également déterminant, puisque, toujours entre 2006 et 2011, 8,6 % des femmes vivant en zone urbaine sensible ont connu des violences physiques ou sexuelles, contre 5,7 % pour les autres. Par ailleurs, 8,2 % des femmes les plus modestes subissent des violences, contre 4,1 % pour la frange la plus aisée de la population.

Alors que les violences conjugales ont fait précisément 148 victimes l’année dernière, le gouvernement a lancé vendredi un plan de 66 millions d’euros pour les combattre. Najat-Vallaud Belkacem, ministre des Droits des femmes, a ainsi annoncé la création de 1650 nouvelles places d’hébergement d’urgence d’ici 2017.

La ministre prévoit également la mise en place de formations, pour les étudiants comme les professionnels, de toutes les personnes susceptibles d’agir comme des détecteurs de violence. Le 3919, service d’écoute téléphonique, sera également renforcé et fonctionnera 7 jours sur 7. Enfin, pour simplifier les procédures de dépôts de plainte notamment, 350 intervenants sociaux seront déployés dans les commissariats afin d’accompagner les femmes victimes de violences dans leurs démarches.

Charlie

Photo : En Italie, tous les 25 novembre, les victimes de violences conjugales sont symbolisées par des paires de chaussures rouges, exposées dans les principales villes du pays.

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One Comment

  1. Cham says:

    Merci, super article. Le film est super, bien centré sur une femme, on voit bien ce qu’elle ressent, très sensibilisant :-)

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